Ensemble, c’est tout

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Mardi dernier, 18 avril, Saint Parfait, il est arrivé.

4ème mois de l’année.

4ème enfant.

Nous l’attendions avec impatience et le coeur déjà rempli d’amour.

Découvrir sa tête, son odeur. Découvrir que c’est un garçon, un 3ème garçon, un 3ème chevalier à veiller sur sa mère, son père et sa soeur.

Pleurer de joie.

Se souvenir aussi, car il faut bien le dire, que mettre au monde est à la fois merveilleux, douloureux, entrainant, fatigant.

Etre fière. De lui, de soi, de son mari, de sa famille. Se dire que cette fois ce chiffre de 4 enfants dont on rêvait depuis toujours en se demandant si c’était bien raisonnable, était une évidence.

Retrouver les joies des nuits blanches et de l’amour inconditionnel.

Savourer ses petites mains minuscules.

L’embrasser sans cesse.

Lui dire des mots d’amour.

Le présenter à sa fratrie, à sa famille, à nos amis.

Le regarder se blottir dans les bras de ses frères et de sa soeur.

Se dire que oui ça va passer vite car on le sait, on en a déjà eu 3, et le temps a filé si vite, trop vite. En profiter alors grandement.

Mettre au monde, naitre au monde, être au monde.

Max est là !

 

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Slime time

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Depuis quelques jours ma fille est obsédée par le slime.

Elle veut en fabriquer, elle veut y mettre des paillettes, elle veut le malaxer, elle veut en répandre partout.

Et moi je trouve ça…comment dire….immonde.

Je lui demande “pourquoi” d’un air désemparé, elle me répond “parce que c’est trop génial” d’un air satisfait.

Sur les réseaux sociaux je me rassure en constatant que les enfants des copines font de même.

Ainsi donc l’ère du slime est de retour.

Quand j’étais petite, il y a 12354 ans, j’achetais le slime tout fait en boite chez le marchand de journaux (qui était aussi marchand de colle à l’amande Cléopâtre et qui était aussi marchand de bonbons qui piquent). Je m’en collais plein les doigts et les cheveux et il fallait environ 3 shampoings à ma mère pour ôter la substance quasi illicite.

Par un coup du sort il en restait toujours sous les ongles, dans les cuticules et en travers des lignes de la main.

Mais on s’en fichait parce que pour nous le slime ça nous faisait croire qu’on était des combattants, comme dans Ghostbusters (ceux qui savent sauront).

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Who you’re gonna call ? GHOSTBUSTERS !!!

Alors pourquoi diable cette mode revient alors qu’il n’y aucun fantômes à l’horizon ? Je ne sais pas.

Pourquoi nous autres parents sommes contraints de passer derrière nos gamins pour essuyer cette gelée immonde et colorée qui se colle partout et traine par gouttes comme les bouts de pain du Petit Poucet ?

Je vous salue bien, je vais plonger mes mains dans le slime pour essayer de retrouver un peu de mon enfance.(car oui j’avoue, en vrai, j’aime bien ça)

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Ces jours à t’attendre

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Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles, je te rencontrerai, toi mon enfant, mon fils ou ma fille.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles, tes yeux plongeront dans les miens, ta tête se blottira dans mon cou, tes petits doigts attraperont mon index.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles, tu rentreras dans la famille, tu feras le bonheur de ton père, la joie de tes frères et soeurs.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles,nous te donneront un prénom, une identité pour la vie, une appartenance.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles, nous ferons des projets avec toi.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles, nous t’aimerons comme si tu avais toujours été là. Comme une évidence, comme une rencontre programmée depuis toujours.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles,tu viendras rejoindre la tribu et être des nôtres.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles, tes pleurs nous réjouirons. Et tes pieds encore si petits nous adorerons.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles, nous te prendrons dans nos bras, nous te prendrons en photo, nous te prendrons dans nos coeurs.

Dans quelques heures, quelques minutes, quelques secondes, quelques souffles, nous t’adorerons et te chérirons pour la vie.

Et nos destins seront liés, scellés pour toujours.

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L’interview de la serialmother : Alix Leduc, journaliste et auteure du livre “Élever un garçon, mission (im)possible !”

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Alix Leduc et journaliste et auteure de nombreux livres sur les enfants, la maternité et la parentalité.

A chaque fois qu’elle dit qu’elle a trois fils, les gens la regardent d’un air dépité avant d’ajouter “oh ma pauvre, vous n’avez pas de fille”. Alors Alix a eu envie de se pencher sur la question épineuse (ou pas) de savoir si il est plus difficile d’élever un garçon qu’une fille.

Autour de divers témoignages de mamans (dont le mien hihi), de psy, de pédiatres, Alix Leduc a dressé dans son livre un état des lieux touchant, drôle et vrai sur les clichés et les réalités d’avoir des fils.

Elle a répondu à mes questions avec joie et bonne humeur !

SERIACV

Nom Leduc

Prénom Alix

Age 41 ans

Situation de famille ? En couple

Métier ? Journaliste

Prénom et âge de vos enfants? Antoine, 6 ans et demi (demi, très important), Simon, 4 ans et demi (crucial), Joseph, 19 mois… 20 ? Quand on aime, on ne compte plus !

Surnoms que vous leur donnez? Je pars dans des grandes déclarations : mon amour, mon trésor, idole de mon cœur… Je me fais plaisir ! Les grands commencent à se marrer, mais au fond ils ne peuvent pas s’en passer.

Surnoms qu’ils vous donnent ? Ils m’imitent… et j’adore ! Quand Simon me dit « Maman, tu es la plus belle maman de la galaxie », je fonds !

SERIALQUESTIONS

Dernière punition ? Collective : mes enfants adorent faire de la musique, c’est normal, leur père est musicien, mais quand ils s’y mettent tous les trois… bref, j’ai planqué les maracas, l’harmonica et la flûte tout en haut du placard.

Dernier câlin ? Les bisous baveux express de ce matin avant l’école : « Viiiiiteonesenretardjevousaimeallez !!! »

Dernier moment de doute/ras le bol de maman ? J’avoue que j’ai failli laisser Joseph l’autre jour au Monop quand il a fait sa crise au rayon gâteaux… Il est trop mignon, quelqu’un l’aurait pris tout de suite !

Une anecdote (presque) inavouable de votre vie de mère ? A la fin des vacances de février, j’étais vraiment contente que la crèche et l’école reprennent.

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 Vous êtes journaliste, auteure de plusieurs ouvrages autour des enfants et de la maternité. Vous venez de publier «Elever un garçon mission (im) possible ». Comment est née cette idée ? C’était d’abord en réaction à tout ce que j’ai pu entendre sur le fait que je n’ai pas de filles. Ça a commencé dès ma première grossesse, autour de moi, on me glissait à quel point ce serait génial d’avoir une fille. C’était un garçon. « Il faut vite lui faire une petite sœur, le choix du roi ! ». Deuxième grossesse, « ENCORE » un garçon… comme si on m’avait jeté un mauvais sort. Déjà, je sentais qu’on me plaignait, il fallait absolument continuer pour… me démarabouter, peut-être ? Le bouquet, ça a été quand j’étais enceinte du troisième, une fleuriste m’a lancé, compatissante : « Un autre garçon ? Comme je vous plains… ».

J’aurais été heureuse d’avoir une fille, mais je suis comblée avec mes trois garçons. Les réactions des uns et des autres (aussi bien des proches que de parfaits inconnus) m’ont interpelée. A l’école, ça a continué, une institutrice ( !) qui se plaignait du comportement des petits mâles : trop agités, tiennent moins bien leur stylo, perturbent la classe. Je suis féministe, mais qu’est qu’on a contre les garçons, en ce moment ? Je m’interroge sur la vision qu’on a des hommes d’aujourd’hui et de demain !

Quel est le message du livre ? Je ne sais pas si il y a un message, mais comme je me posais des questions, je me suis dit que d’autres mères pouvaient aussi se les poser. On les aime, nos garçons ! J’ai interrogé des experts mais aussi des mères pour parler, sans tabous, et s’échanger des expériences, des solutions, des coups de gueules et des coups de cœur. Je ne vous apprends rien, une des grandes joies de la maternité c’est de partager ses expériences !

Alors c’est plus dur d’élever un mec ? Plus dur, je ne sais pas, mais PASSIONNANT, c’est certain ! Les garçons, pour une mère, c’est un peu l’inconnu. Pourtant j’avais deux frères…

Souvent, les gens plaignent vraiment les mères qui n’ont que des garçons avec des phrases comme « oh ma pauvre, vous ne connaissez pas la joie d’avoir une fille » ? Pourquoi ? Il faut leur demander ! Ou pas ! Je dirais que c’est un manque d’imagination. Chaque enfant est différent, chaque fratrie est différente.

Qu’avez vous appris en écrivant ce livre, vous la maman de 3 petits mecs ?A dédramatiser et à sourire de certains moments de solitude. Cette enquête m’a surtout permis de découvrir à quel point le lien mère-fils est rempli de pudeur et de tendresse, de fascination aussi… Et qu’un sujet comme le décalottage déclenche de vraies polémiques !

Vos enfants comprennent votre métier ? Je vous laisse juge : celui de six ans s’imagine que j’ai le même métier que Tintin et réclame un chien. Celui de 5 ans, bientôt, est d’accord pour le chien. Et Joseph écrit les articles avec moi, sur mes genoux.

Difficile de concilier vie pro et vie de maman ? Oui et non, comme pour toutes. Si ils sont malades, je peux les garder avec moi, ce n’est pas un souci. Et en même temps, il n’y a jamais assez d’heures dans la journée…

Qu’est ce qui vous rend vous rend le plus fière de vos fils ? Leur sens de l’humour et leur hyper sensibilité. Ils sont très différents, mais les trois ont ce point commun. Ça me touche.

Que voulez-vous leur transmettre ? La curiosité et l’envie d’avoir envie. Et la gentillesse, c’est un mot qui a mauvaise presse, je ne sais pas pourquoi, c’est bien d’être gentil ! Ah oui, j’allais oublier ça, alors que c’est tellement crucial pour moi : le sens de la fratrie. Mon plus grand bonheur est de les voir (malgré les bagarres !) si proches, si complices.

Votre journée idéale en famille ? Un pique-nique à l’Océan, dans le Sud- Ouest !

Un mot que vous leur glissez avant le dodo ? Je t’aime, je t’aime, je t’aime. Et ils me répondent (enfin, pas encore le plus petit !) : et moi je t’aime plus loin que la galaxie.

 

 

 

 

 

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Le bulletin

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Le bulletin météo, le bulletin de santé, le bulletin de notes.

Tous ces bulletins sont forcément importants (quoi que la météo comme y’a plus de saisons ma bonne dame…) mais celui dont il s’agit ici c’est ldu bulletin de notes !

Qui n’a pas tremblé enfant en attendant, la gorge sèche et les poings serrés, ce bout de papier ? Qui n’a pas espéré avoir les Félicitations, l’appréciation de ouf de la maitresse ? Qui n’a pas tenté de planquer son mauvais bulletin en l’interceptant avant l’arrivée des parents ? Qui n’a pas essayé de transformer un 10 en 18 en rajoutant un rond au dessus du zéro ?

Chez nous les bulletins des deux grands sont arrivés hier. En fait celui de serialfiston était arrivé  la veille par Internet. Impossible donc pour lui de la planquer.(#finduneépoque)

Pour serialprincesse elle devait nous le remettre en mains propres (ou sales mais là n’est pas la question).

Hésitant, suspendant leur souffle à notre regard, l’air hagard comme des condamnés, c’est le regard fuyant qu’ils attendaient que nous lisions le bout de papier, comme si leur vie en dépendait, comme si notre amour envers eux pouvait en dépendre aussi.

J’ai beau expliquer à mes enfants que je le aime quoi qu’il en soit et que les résultats doivent en premier lieu les satisfaire eux, avant nous, ils n’y peuvent rien, ils ont besoin, tels de chevaliers, de notre adoubement.

Les bulletins sont excellents (je vous sentais stressés ;)).

En route pour la fin de l’année chevaliers !

ps : je n’ose dire à mes enfants qu’ils sont bien meilleurs élèves que je ne l’étais. Ils ont une haute opinion de leurs parents, ce serait dommage de tout casser hein. HEIN ?

 

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L’interview de la serialmother : Valérie Tong Cuong, écrivain

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Valérie Tong Cuong est une écrivain (sur)douée  dont le onzième roman vient de paraitre. Magnifique, Par Amour est un ouvrage dont le titre est déjà une jolie promesse.

Dans ce roman, elle raconte le destin de deux soeurs, Muguette et Emline, prises dans la tourmente de la seconde guerre mondiale, au Havre. Comment vivre, survivre, sauver ses enfants ? Comment accepter l’inacceptable, la maladie, la peur ? Comment garder espoir quand il faut faire face à l’insoutenable ?

Valérie Ton Cuong décrit à merveille le Havre anéanti des années 40 ainsi que les sentiments que ressentent chacun des personnages.

On vibre, on tremble, on aime, on retient son souffle. Divin.

Elle a accepté de m’en dire plus sur sa vie d’écrivain et de maman de 4 enfants .

SERIALCV

Nom TONG CUONG

Prénom :   Valérie

Age : 52 ans

Situation de famille :  Mariée

Métier : Ecrivain

Prénom et âge de vos enfants : Jade, 28 ans, Justine, 21 ans, Solal, 18 ans, Siouxsie, 12 ans

SERIALQUESTIONS

 Vous êtes écrivain à succès et venez de publier un très beau roman, Par Amour (Lattès) qui raconte la vie d’une famille du Havre pendant la 2ème guerre mondiale. Comment est né ce roman ?

Ma famille maternelle est havraise. J’ai grandi avec la conscience que la guerre au Havre avait été une tragédie à la fois immense et méconnue. L’empreinte de leur douleur était presque tangible. J’ai voulu comprendre ce qu’avaient traversé les gens ordinaires, hommes, femmes, adultes, enfants. Très vite, la nécessité d’écrire un roman s’est imposée.

Comment avez vous réuni tous les faits historiques, parfois méconnus, de votre roman ?

C’était compliqué. Beaucoup d’archives avaient été détruites lors de l’anéantissement de la ville en septembre 1944.  Il fallait retrouver des témoignages, et si possible des témoins, sachant que, plus de 70 ans après les faits, beaucoup ont disparu. J’ai effectué de nombreuses recherches via internet et les bibliothèques, les sites spécialisés mais j’ai surtout eu la chance de rencontrer un érudit passionné de livres et d’histoire qui avait repris le fond du dernier bouquiniste du Havre, et la réalisatrice d’un formidable documentaire « Loin des bombes » qui avait longuement travaillé sur les évacuations d’enfants. Ces deux personnes m’ont généreusement offert leurs dossiers, recherches, documents, contacts. Et j’ai finalement rencontré des hommes et des femmes qui avaient été aux premières loges de ces événements inouïs. J’ai aussi, bien entendu, fait appel aux récits et témoignages de ma propre famille.
Qu’avez vous appris que vous ignoriez sur cette période de la 2ème mondiale en écrivant ce livre ?

Je savais que le Havre avait été pris en étau entre l’Occupation allemande et les bombardements anglais, mais j’ignorais à quel point la ville et ses habitants avaient souffert durant quatre ans, luttant à chaque instant pour survivre, se nourrir, se protéger jusqu’à l’anéantissement final, lorsqu’en septembre 44, en deux fois deux heures, les bombardiers ont rasé 85% du Havre, laissant un immense champ de poussière et de désolation, et faisant des milliers de victimes.

Par ailleurs, si je savais que les enfants avaient été évacués de la ville pour les protéger des bombes, j’ignorais que des centaines d’entre eux avaient été envoyés en Algérie. Et que beaucoup, partis pour quelques mois, se sont trouvés contraints de rester sur place après que les Alliés ont débarqué en Afrique du Nord, en 42, bouleversant la configuration de la guerre.

Vos personnages sont très attachants. Pour vous, l’auteure, ça a été difficile de vous en séparer ? De poser le point final ? Sont ils inspirés de vrais personnes ?

Ils sont tous des composites de diverses personnes qui ont réellement existé, dont j’ai lu ou entendu le témoignage – à commencer par des membres de ma propre famille. J’y suis indiciblement attachée, et je vis encore aujourd’hui parmi eux, ils me frôlent, m’accompagnent (à moins que ce soit l’inverse), me parlent, morts comme vivants. Je pense sans cesse à ce qu’ils ont traversé, le combat de ces pères, ces mères, les regards effarés puis grandis des enfants, ces décisions qui leur ont parfois, à tous, arraché le coeur, et leurs joies immenses aussi, lors des retrouvailles. Toutes ces émotions continuent à vivre en moi, d’autant que je les retrouve dans les retours, le partage de mes lecteurs.

Quel est le plus beau compliment qu’on puisse vous faire sur Par Amour ? 

Que c’est un livre qui a tellement touché que l’on tient à l’offrir à quelqu’un qu’on aime : ce compliment en contient beaucoup d’autres.

Avez vous un rituel d’écriture ? (écrire tant d’heures par jour ? A quel endroit ? Dans le bruit ou le silence ? En ayant déjà tout en tête ou pas ? délai ?)

J’ai besoin de solitude pour écrire. Fixer un rituel serait illusoire pour une mère de famille nombreuse, car les imprévus surgissent sans cesse. Mais il arrive que j’impose mon « temps d’écriture » aux miens, lorsque je suis happée par les personnages et que la nécessité d’écrire efface tout le reste. Alors je m’isole, pas forcément physiquement, mais en moi. Je peux alors effectuer tous les gestes du quotidien en étant « dans ma bulle ».

Qui sont vos premiers lecteurs ? Vos enfants ont déjà lu vos livres ? Si oui, ils en pensent quoi ?
Mon premier lecteur est mon mari, qui partage ma vie depuis bientôt 23 ans. Il est cash, dit ce qu’il pense, et il a un œil très intéressant sur le texte. Puis c’est mon éditrice. Mes trois enfants les plus âgés ont lu certains de mes livres, pas tous. Ils sont fans, mais peut-être pas très objectifs ?
 Ils comprennent votre métier ? 

Oui. Ils savent que je suis parfois là sans être là, ou encore que je traverse certaines périodes très chargées durant lesquelles je suis souvent loin de la maison, en librairie ou en salon pour défendre mon livre. Ce n’est pas toujours facile pour eux. Mais ils savent aussi qu’ils demeurent ma priorité.

Difficile de concilier vie pro et vie de maman ?

C’est difficile par moments, bien sûr. Il faut faire des choix, renoncer parfois à de belles invitations, ou même à des collaborations ou des projets qu’on sait très chronophages pour continuer à assurer le quotidien et être à l’écoute des questions existentielles… quand parfois on en a soi-même. C’est aussi acrobatique aussi d’essayer de tout anticiper lors des périodes d’absence. Mais ces difficultés sont aussi l’occasion de leur rappeler, non seulement que rien n’est jamais parfait, mais aussi que tout choix à un coût, et surtout qu’une bonne mère, c’est aussi une femme épanouie, qui poursuit ses propres objectifs et ses rêves.

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier de vos enfants ?

Leur solidarité et leur générosité. Ils forment un clan, sont toujours là les uns pour les autres et pour leur famille au sens large, mais sont aussi très attentifs à autrui et à leur environnement. Ils ont en commun l’humour, tout en ayant des tempéraments très différents, et ils savent oser, voire prendre des risques pour défendre leurs convictions. Bref, ils m’épatent, tous les quatre !

Que voulez-vous leur transmettre ?

Une certaine philosophie de la vie, agir en s’interrogeant sur ce qui est juste pour l’autre comme pour soi, toujours accepter la différence d’état et de point de vue, savoir se remettre en question et rire de soi-même, se souvenir que les épreuves et les échecs sont des leçons qui nous font grandir, savoir accepter les compromis mais toujours refuser la compromission et surtout aimer, aimer la vie, en profiter à fond, en se souvenant qu’elle est une dualité, que le bonheur est le chemin et non le bout du chemin ! Un travail quotidien sur soi auquel je m’applique également.

Votre journée idéale en famille ?

La journée idéale, c’est une journée de vacances : découvrir ensemble un endroit inconnu, déjeuner et rire, discuter, jouer, faire des rencontres, en laissant de côté tout ce qui perturbe et soucie. En étant tous ensemble, ce qui n’est pas si simple, car ayant des âges très différents, les enfants sont souvent dispersés.

Un mot que vous leur glissez avant le dodo ?

Je t’aime.

52

 

Situation de famille  Mariée

 

Métier Ecrivain

 

Prénom et âge de vos enfants

Jade, 28 ans, Justine, 21 ans, Solal, 18 ans, Siouxsie, 12 ans

SERIALKIDS

 Vous êtes écrivain à succès et venez de publier un très beau roman, Par Amour (Lattès) qui raconte la vie d’une famille du Havre pendant la 2ème guerre mondiale. Comment est né ce roman ?

Ma famille maternelle est havraise. J’ai grandi avec la conscience que la guerre au Havre avait été une tragédie à la fois immense et méconnue. L’empreinte de leur douleur était presque tangible. J’ai voulu comprendre ce qu’avaient traversé les gens ordinaires, hommes, femmes, adultes, enfants. Très vite, la nécessité d’écrire un roman s’est imposée.

Comment avez vous réuni tous les faits historiques, parfois méconnus, de votre roman ?

C’était compliqué. Beaucoup d’archives avaient été détruites lors de l’anéantissement de la ville en septembre 1944.  Il fallait retrouver des témoignages, et si possible des témoins, sachant que, plus de 70 ans après les faits, beaucoup ont disparu. J’ai effectué de nombreuses recherches via internet et les bibliothèques, les sites spécialisés mais j’ai surtout eu la chance de rencontrer un érudit passionné de livres et d’histoire qui avait repris le fond du dernier bouquiniste du Havre, et la réalisatrice d’un formidable documentaire « Loin des bombes » qui avait longuement travaillé sur les évacuations d’enfants. Ces deux personnes m’ont généreusement offert leurs dossiers, recherches, documents, contacts. Et j’ai finalement rencontré des hommes et des femmes qui avaient été aux premières loges de ces événements inouïs. J’ai aussi, bien entendu, fait appel aux récits et témoignages de ma propre famille.
Qu’avez vous appris que vous ignoriez sur cette période de la 2ème mondiale en écrivant ce livre ?

Je savais que le Havre avait été pris en étau entre l’Occupation allemande et les bombardements anglais, mais j’ignorais à quel point la ville et ses habitants avaient souffert durant quatre ans, luttant à chaque instant pour survivre, se nourrir, se protéger jusqu’à l’anéantissement final, lorsqu’en septembre 44, en deux fois deux heures, les bombardiers ont rasé 85% du Havre, laissant un immense champ de poussière et de désolation, et faisant des milliers de victimes.

Par ailleurs, si je savais que les enfants avaient été évacués de la ville pour les protéger des bombes, j’ignorais que des centaines d’entre eux avaient été envoyés en Algérie. Et que beaucoup, partis pour quelques mois, se sont trouvés contraints de rester sur place après que les Alliés ont débarqué en Afrique du Nord, en 42, bouleversant la configuration de la guerre.

Vos personnages sont très attachants. Pour vous, l’auteure, ça a été difficile de vous en séparer ? De poser le point final ? Sont ils inspirés de vrais personnes ?

Ils sont tous des composites de diverses personnes qui ont réellement existé, dont j’ai lu ou entendu le témoignage – à commencer par des membres de ma propre famille. J’y suis indiciblement attachée, et je vis encore aujourd’hui parmi eux, ils me frôlent, m’accompagnent (à moins que ce soit l’inverse), me parlent, morts comme vivants. Je pense sans cesse à ce qu’ils ont traversé, le combat de ces pères, ces mères, les regards effarés puis grandis des enfants, ces décisions qui leur ont parfois, à tous, arraché le coeur, et leurs joies immenses aussi, lors des retrouvailles. Toutes ces émotions continuent à vivre en moi, d’autant que je les retrouve dans les retours, le partage de mes lecteurs.

Quel est le plus beau compliment qu’on puisse vous faire sur Par Amour ? 

Que c’est un livre qui a tellement touché que l’on tient à l’offrir à quelqu’un qu’on aime : ce compliment en contient beaucoup d’autres.

Avez vous un rituel d’écriture ? (écrire tant d’heures par jour ? A quel endroit ? Dans le bruit ou le silence ? En ayant déjà tout en tête ou pas ? délai ?)

J’ai besoin de solitude pour écrire. Fixer un rituel serait illusoire pour une mère de famille nombreuse, car les imprévus surgissent sans cesse. Mais il arrive que j’impose mon « temps d’écriture » aux miens, lorsque je suis happée par les personnages et que la nécessité d’écrire efface tout le reste. Alors je m’isole, pas forcément physiquement, mais en moi. Je peux alors effectuer tous les gestes du quotidien en étant « dans ma bulle ».

Qui sont vos premiers lecteurs ? Vos enfants ont déjà lu vos livres ? Si oui, ils en pensent quoi ?
Mon premier lecteur est mon mari, qui partage ma vie depuis bientôt 23 ans. Il est cash, dit ce qu’il pense, et il a un œil très intéressant sur le texte. Puis c’est mon éditrice. Mes trois enfants les plus âgés ont lu certains de mes livres, pas tous. Ils sont fans, mais peut-être pas très objectifs ?
 Ils comprennent votre métier ? 

Oui. Ils savent que je suis parfois là sans être là, ou encore que je traverse certaines périodes très chargées durant lesquelles je suis souvent loin de la maison, en librairie ou en salon pour défendre mon livre. Ce n’est pas toujours facile pour eux. Mais ils savent aussi qu’ils demeurent ma priorité.

Difficile de concilier vie pro et vie de maman ?

C’est difficile par moments, bien sûr. Il faut faire des choix, renoncer parfois à de belles invitations, ou même à des collaborations ou des projets qu’on sait très chronophages pour continuer à assurer le quotidien et être à l’écoute des questions existentielles… quand parfois on en a soi-même. C’est aussi acrobatique aussi d’essayer de tout anticiper lors des périodes d’absence. Mais ces difficultés sont aussi l’occasion de leur rappeler, non seulement que rien n’est jamais parfait, mais aussi que tout choix à un coût, et surtout qu’une bonne mère, c’est aussi une femme épanouie, qui poursuit ses propres objectifs et ses rêves.

Qu’est-ce qui vous rend le plus fier de vos enfants ?

Leur solidarité et leur générosité. Ils forment un clan, sont toujours là les uns pour les autres et pour leur famille au sens large, mais sont aussi très attentifs à autrui et à leur environnement. Ils ont en commun l’humour, tout en ayant des tempéraments très différents, et ils savent oser, voire prendre des risques pour défendre leurs convictions. Bref, ils m’épatent, tous les quatre !

Que voulez-vous leur transmettre ?

Une certaine philosophie de la vie, agir en s’interrogeant sur ce qui est juste pour l’autre comme pour soi, toujours accepter la différence d’état et de point de vue, savoir se remettre en question et rire de soi-même, se souvenir que les épreuves et les échecs sont des leçons qui nous font grandir, savoir accepter les compromis mais toujours refuser la compromission et surtout aimer, aimer la vie, en profiter à fond, en se souvenant qu’elle est une dualité, que le bonheur est le chemin et non le bout du chemin ! Un travail quotidien sur soi auquel je m’applique également.

Votre journée idéale en famille ?

La journée idéale, c’est une journée de vacances : découvrir ensemble un endroit inconnu, déjeuner et rire, discuter, jouer, faire des rencontres, en laissant de côté tout ce qui perturbe et soucie. En étant tous ensemble, ce qui n’est pas si simple, car ayant des âges très différents, les enfants sont souvent dispersés.

Un mot que vous leur glissez avant le dodo ?

Je t’aime.

 

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Ces grands-mères là

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Aujourd’hui on a célébré les grands-mères, les mamies, les Mamounes, les Maminou, les Grandma, les Mamies Denise, les Poupi, les Yaya, les Mimi.

Une mamie c’est doux, c’est rassurant, c’est un être avec qui les enfants passent du temps, mangent des gâteaux, partent à la campagne. C’est une personne chez qui ils dorment le samedi soir, à qui ils peuvent confier leurs misères, se plaindre de leurs parents, boire un chocolat chaud avec de la chantilly en dégustant des bonbecs ou boire un thé.

Une mamie c’est une sorte de maman “en plus vieille” (quoi que les grands-mères sont de plus en jeunes) et en plus cool.

Une mamie de l’an 2000 c’est aussi une femme mariée, divorcée, veuve, remariée qui bosse encore, qui prend des cours de tangos, qui rit devant Kev Adams, qui adore Beyoncé, qui a pas trop de rides, qui twitte, qui n’a pas connu les dinosaures, qui drague des mecs plus jeunes, qui fait du yoga avec ses meilleures copines le mardi soir et de la guitare électrique le samedi.

Une mamie c’est une chouette personne (oh pas toujours, mais souvent) qui est drôlement fière de ses petits-enfants, qui dit à qui veut l’entendre qu’elle en a 5 ou 6 (nananère), qui a toujours une boite à sucettes planquée dans son placard à chaussures (à talons).

Une mamie c’est précieux.

Bonne fête à elles.

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L’interview de la serialmother : Betty, maman de trois enfants

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A l’occasion de la journée Internationale des maladies rares (ce 28 février), j’ai choisi d’interviewer Betty, une maman qui suit ce blog et dont une des filles est atteinte du syndrome Phelan McDermid.

Qu’est ce que cette maladie ? Comment vit-on avec ? Comment se débrouille t-on quand on est maman solo pour gérer le quotidien et la maladie en plus ?

Betty nous dit tout de sa vie avec beaucoup d’amour.

SERIALCV

Nom :Sepré

Prénom : Betty

Age : 39 ans

Métier : AVS auprès des personnes âgées et handicapées

Enfants : Camille de son surnom Cam 15 ans, Kilian de son surnom kiki (le pauvre) 13 ans et Karla de son surnom nénette ou karlinounette, 9 ans.

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SERIALQUESTIONS

Karla est atteinte d’une maladie rare, laquelle ? Karla est atteinte du syndrome Phelan McDermid. Elle a été diagnostiquée à l âge de 4 ans passés. Elle était souvent malade à la petite enfance, hospitalisée de nombreuses fois pour assistance respiratoire associés à des troubles du sommeil. Elle a marché à 25 mois. La recherche génétique a été effectuée pour retard global du développement et troubles autistiques atypiques.

Comment se manifeste cette maladie ?

Ce syndrome microdélétionnel associe:

– Une hypotonie néonatale

– Un retard de développement généralisé

– Une absence ou retard sévère de langage

Il y a aussi comme manifestation, des troubles du spectre autistique,des régressions et perte d’acquis à l âge ado et adulte et de nombreux problèmes médicaux.

Ce sont des enfants qui ont une grande tolérance à la douleur et n’ont pas conscience du danger d’où l importance de la présence humaine non stop dans les gestes du quotidien.

Qu’en est –il de Karla ?

Karla a un retard sévère de langage, une bicuspidie aortique, une anteversion des cols fémoraux, une malocclusion dentaire

Elle va en ime depuis 3 ans avec scolarisation en milieu ordinaire deux fois par semaine. Elle a gagné en autonomie,progresse bien, s’exprime par le biais de gestes avec la méthode makaton dont j’ai suivi la formation.

Chaque enfant étant différent, chacun réagira à sa façon aux différentes méthodes et celle la convient à Karla.

Elle est aussi beaucoup stimulée par sa fratrie et par le jeu.

Comment réagissent son frère et sa sœur ?

Ce n est pas toujours évident pour les ados qui ont besoin de leur intimité et avec Karla, cela est compliqué. Elle demande beaucoup d attention. On essaye de s accorder des moments sans elle mais cela reste trop rare.

Mes ados ont grandi trop vite avec ce quotidien qu’il leur a fallu surmonter.

Toi comment tu te débrouilles ?

Je travaille en fonction des horaires de Karla à temps partie. Ca nous permet des petits extras car au niveau des aides,on ne peut pas dire que les familles soient aidées à hauteur des frais réels et du temps passé en tant qu’aidant familial, Je gère aussi tous les rdv médicaux et les dossiers administratifs tels mdph qui ne nous facilite pas la tâche…la durée des traitements de dossier a aussi tendance à te mettre les nerfs à vifs ! Parfois jusqu’à 6 mois avant d’obtenir une décision qui peut être ne correspondra pas aux attentes ou handicap…Dans ce cas tu pars sur des batailles qui usent mais tu te bats pour ton enfant !

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Quid de ta vie de femme ?

Ma vie de femme existe oui ! Je suis bien entourée, j’ai de bons amis. Je peux donc m’évader, souffler un peu. J’ai un chéri, on ne vit pas ensemble. Il est super avec les enfants et ce mode de vie convient à tous. J’ aime aussi faire des photos,karla est un modèle plutôt sympa !

Comment gères-tu tout ça ?

Depuis l’annonce du handicap et déjà avant car maman solo peu de temps après la naissance de karla, j’ai appris à être patiente, à ne jamais baisser les bras, à rester positive malgré les embûches. Je suis quelqu’un de très ouverte d’esprit, élevée par deux papas, respectueuse, à l’écoute et ce sont des valeurs que j essaye de transmettre à mes enfants : respect, écoute, entraide, générosité.

Je suis fière d eux car ils auraient pu dévier. Ce sont de bons gamins qui assurent !

Ils ont une sacrée force de caractère ! Parfois on craque des mais c’est pour mieux repartir.

Comment vois-tu l’avenir ?

J’espère être debout encore très longtemps pour pouvoir les accompagner dans leur vie d adultes. Je serai une grand mère un peu chiante je pense ! Trop gaga.

Pour Karla j’ai cette inquiétude du qui s’en occupera quand je ne serai plus là. Il faut prévoir cet avenir sans savoir à quoi il ressemblera. On vit au jour le jour ici mais je pense forcément à ces choses là.

J’espère qu’elle sera heureuse épanouie comme elle l’est aujourd’hui et que la France aura rattrapé son retard en matière de prise en charge et d accompagnement au quotidien des aidants.

Vous avez la positive attitude !

Oui, nous sommes tous les 4 assez positifs. On a de bons moments de délires, de fou rires, surtout quand je danse avec eux…je dois vraiment mal danser 😉 Mes grands ont pas mal d’humour et Karla est un petit clown…Ca permet aussi d’avancer positivement.

Dernier mot avec le dodo ?

J’ ai envie de leur dire que je les aime et que je serai toujours présente pour eux. Ils sont ma vie.betty3

 

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L’interview de la serialbelle-mère : Fiona Schmidt, journaliste

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Etre mère c’est cool mais être belle-mère au fait c’est comment ?

Grandir et faire grandir des enfants qui sont ceux d’un amoureux, d’un amant, d’un mari, c’est être une maman bis ou juste une bonne copine ?

Fiona Schmidt, journaliste et blogueuse mode la plus DROLE du MONDE (je le pense vraiment), s’est retrouvée belle-mère de trois jeunes filles en rencontrant le père de celles-ci.

Elle nous dit tout de sa vie de belle-mère avec humour mais aussi beaucoup d’amour !

SERIALCV

Nom Schmidt

Prénom Fiona

Age 35 ans

Situation de famille ? En couple, pas mariée, mais j’y travaille.

Métier ? Journaliste

Prénom et âge de tes belles filles? Salomé, 26 ans, Hannah, 21 ans, Milla, 13 ans.

Surnoms que tu leur donnes? Je ne leur donne pas de surnoms, cette famille n’est pas du tout surnoms, ce qui me frustre beaucoup d’ailleurs. Donc j’appelle les deux grandes par leur prénom. Il n’y a qu’à la benjamine que je donne des petits noms d’amour, comme « Millanouche », « ma chérie » ou « ma croquette », ça dépend de mon inspiration.

Surnom qu’elles te donnent ? « Belle-doche », « marâtre » (j’ai même un bol breton estampillé, qu’Hannah m’a offert pour mon anniversaire), et Milla m’appelle « Fino », je ne sais pas très bien pourquoi mais n’ai jamais creusé la question.

SERIALQUESTIONS

Tu es devenue belle-mère à quel âge ? Elles avaient quel âge elles ? J’avais pas tout à fait 30 ans… Et elles avaient respectivement 21 ans, 15 et 7 ans. Le Koh Lanta de la famille recomposée, quoi.

Etre belle-mère, en 3 mots c’est comment ? Je peux donner trois mots d’ordre, plutôt que trois adjectifs ? « Diplomatie », « Patience », « Empathie ».

Comment tu as fait pour trouver ta place ? Et l’as tu trouvée ? Yep, je l’ai trouvée, depuis un moment déjà. Ca a été très facile avec la petite dernière, qui m’a adoptée tout de suite, et avec l’aînée, qui ne vivait plus à la maison et était hyper indépendante, mais ça a été nettement plus compliqué avec Hannah. Elle était ado quand j’ai rencontré son père, et avec elle le courant ne passait pas DU TOUT. Ni dans un sens ni dans l’autre. On a mis du temps à s’apprivoiser mutuellement, mais depuis deux ans, on s’entend à merveille, son père est même jaloux de notre relation ! Pour répondre à la question : je n’ai rien fait de spécial, je suis restée moi-même, comme on dit dans Top Chef, droite dans mes bottes, comme on dit chez Juppé : je pense qu’on ne peut pas créer une relation sur des bases artificielles.

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En tant que belle-mère on a le droit/le devoir de :

  • Punir : Non, trop d’emmerdes avec le daron, et puis c’est pas mon rôle, et puis les deux aînées étaient déjà un peu grandes pour que je les punisse (ou que je les envoie en pension en Suisse, rhaaaaaahahahaha !)
  • Dire ce qu’on pense. Oui. J’ai jamais trop su faire autrement de toute façon, j’ai le cerveau incontinent.
  • Faire des câlins. EVIDEMMENT !!!
  • Etre saoulée par ses beaux-enfants. EVIDEMMENT !!!
  • Etre fière d’elles. EVIDEMMENT !!! Salomé a passé l’examen du barreau de New York, je me sentais plus, j’étais Elle Woods par procuration !
  • Avoir des conversations intimes/girly. Oui. J’en ai toujours eu avec Milla, j’en ai beaucoup depuis deux ans avec Hannah. On parle de tout, sauf de cul – enfin, elle m’en parle, mais moi non, rapport que je couche avec son père, qui à ses yeux est toujours vierge…

Une anecdote (presque) inavouable de ta vie de belle-mère ? J’achète leurs culottes à mes trois belles-filles, qui ont des dessous à glacer le sang. Je devrais m’en foutre, puisque c’est pas moi qui les lave (sauf ceux de Milla une semaine sur deux), et surtout, c’est pas moi qui les porte, mais l’idée même de bruncher avec elles et leurs sales culottes délavées aux élastiques détendus me coupe l’appétit. J’achète les soutifs de Milla aussi, qui a plus de poitrine que moi depuis ses 11 ans (là aussi, j’ai des seins par procuration)

Tu as déjà entendu dire « laisse moi, t’es pas ma mère » ? Non, jamais. Mais je me mêle aussi peu que possible de ce qui ne regarde que leurs parents.

Tu es journaliste et blogueuse (https://www.fiona-schmidt.fr/) à l’humour décapant. Comment expliques tu ton job à tes belles filles ? Elles n’ont toujours pas compris ce que je faisais dans la vie. L’autre jour, Milla m’a demandé : « Mais c’est quoi, en fait, ton métier ? » J’ai répondu « Youtubeuse, mais pour les vieux » pour qu’elle me lâche.

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Pour leur père, ton homme, ça a été facile de te présenter, de « t’ imposer » ? Oui, plutôt. Il a une relation très cool avec son ex, ça a sans doute aidé.

Des enfants, toi tu en veux ? Non. Je n’en ai jamais voulu, je n’ai toujours pas changé d’avis, il ne doit pas y avoir de pile dans mon horloge biologique.

Tu dirais que c’est facile ou pas d’être belle-mère ? Ca doit dépendre des beaux-enfants. J’ai beaucoup de chance d’avoir trois belles-filles vraiment cools, respectueuses de notre relation de couple à leur père et moi. Et leur mère a toujours été super avec moi. On s’entend très bien, on se voit assez souvent, elle m’appelle même pour qu’on fasse les gâteaux d’anniversaire de la petite dernière ensemble, chez elle !

Qu’est ce qui te rend le plus fier d’elles ? Elles sont très ouvertes d’esprit, très tournées vers les autres, ce qui est fondamental pour moi. Et puis c’est les plus belles, les plus intelligentes et les plus drôles, bien sûr.

Que veux tu leur transmettre ? J’adorerais qu’elles soient un peu plus badasses, comme leur belle-doche. Et féministes : elles ne le sont pas toujours assez, à mon sens.

Votre journée idéale en famille ?

Quand elles sont chez leur mère?!!AHAHAHAHAHAHAHAHAHA, je plaisante, bien sûr. On adore bruncher dans un nouvel endroit (on adore la bouffe tous les cinq), avant d’aller voir une comédie au cinéma tous ensemble. La dernière, c’était alibi.com.

Un mot que tu leur glisses avant le dodo ? Je pensais qu’elle finirait par me jeter des cailloux, mais Milla me demande toujours un câlin avant de dormir, comme lorsqu’elle avait sept ans. Depuis six ans, c’est notre rituel du soir : je lui papouille les cheveux en lui racontant les bêtises que je faisais quand j’avais son âge. Comme j’étais une vraie peste, j’ai de quoi lui faire des câlins jusqu’à ses cinquante ans.

 

 

 

 

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La mémoire qui flanche

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Cette fois j’en suis sûre, je suis vieille. Enfin pas le genre à avoir une canne et des fausses dents mais le genre qui n’a plus 17 ans non plus.

J’avais déjà des soupçons de mon vieillissement quand je livrais  l’année de ma venue au monde à mes gamins.  1979.

1979.1979.1979.

Pour eux 1979 c’est comme quand ma mère me dit qu’elle est née un peu avant 1950 (désolée de trahir ici ton âge maman). Un peu comme quand ma grand-mère me disait qu’elle n’avait pas connu le télévision.

Pour mes enfants je suis née au siècle d’avant, il ya cent ans donc, il y a mille ans donc. Il y a une éternité.

De ça je m’accommode : on croit toujours que nos parents ont claqué la bise à 2, 3 diplodocus.

Mais je m’accommode moins de me rendre compte que je vieillis. Que je n’arrive plus à retenir le poème niveau CM1 de ma fille qui contient 18 lignes. Que je ne sais plus si bien que ça mes tables de multiplication, que je ne retiens pas depuis 3 mois le nouveau code de l’immeuble,  que je ne sais plus aucun mot de passe de mes comptes gmail, Twitter, Facebook ou Insta, que je sais à peine lequel de mes enfants est né le 13 juillet et lequel est né le 14, que je ne sais jamais où sont rangées mes clés, que je ne retiens plus les titres des livres que je lis, que je ne sais plus bien si l’été dernier on était en Corse ou si c’était celui d’avant, que je parfois je donne le prénom du chien à mes gamins, que j’hésite lorsqu’on me demande en quelle classe ils sont, que je ne sais plus si ça fait 19 ou 20 ans que je suis avec mon homme, que je crois dur comme fer avoir eu ma 3ème étoile alors que c’est faux, que je finis par m’inventer des souvenirs, que je raconte avoir vu ce film alors que vraisemblablement je ne l’ai pas vu, que je me demande si ma mamie est morte en 1997 ou 1999, que je ne sais plus lequel de mes enfants a marché à 14 mois et lequel a marché à 16 mois, que j’oublie une semaine sur deux l’horaire du cours de danse de ma fille, que je ne sais pas trop si je suis dans le 7ème ou le 8ème mois de grossesse et que parfois mon visage revêt des airs nostalgique en écoutant Barbara.

Voilà, j’ai la mémoire qui flanche. Je suppose comme vous, non ?

NON?????

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