La magie de Noël

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Un jour de décembre, à quelques heures de Noël. A quelques heures du réveillon, du repas de famille. A quelques heures de la joie des enfants de découvrir leurs cadeaux.A quelques heures de déguiser Tonton Robert en Père Noël.

Un jour de décembre à se laisser happer par un froid saisissant, à souffler entre ses mains placées de parts et d’autres de la bouche pour se réchauffer.

Un jour de décembre à recroqueviller ses orteils dans des chaussures en toile, à hésiter à acheter des marrons chauds devants le grand magasin.

La foule devant les vitrines illuminées. Le brouhaha. La joie dans les yeux des gamins. Les Pères Noël à chaque coin de rue. La fumée qui se fabrique lorsque on ouvre la bouche pour parler.

Un regard sur sa montre : une heure pour finaliser les achats de Noël.

Avoir en main la liste des personnes à qui on doit offrir des cadeaux. Cocher au fur et à mesure qu’on a trouvé et emballé les cadeaux. Sourire.Etre satisfaite. Etre libérée de cette rude tâche.

Quitter la foule, le monde, les étalages. Se sentir comme une héroïne.

Soudain se souvenir qu’on a oublié le cadeau de la cousine. Celle qui offre de si beaux présents chaque année. Elle ne nous le pardonnera pas. Aucun membre de la famille ne pourra nous pardonner d’avoir oublié la cousine. Le Seigneur lui-même nous tirera la tronche.

Y retourner. Entrer à nouveau par la porte battante du grand magasin, l’antichambre de la consommation. Sentir sa carte bleue avoir chaud. Suer. Se dire qu’on a peu de temps car notre patron a collé une réunion à 14H.

13H52. 8 minutes pour trouver, faire la queue, emballer, payer.

Hésiter 2 minutes. Aimera t-elle cette machine à faire des oeufs durs la cousine ? C’est idiot comme cadeau. Oui mais c’est drôle. Et pas cher.

Avoir chaud. Sentir ses mains lourdes et ses doigts rougir sous le poids des sacs qu’on sert fort.

Refaire la queue.

13H56.

La queue est longue.

13H59. C’est enfin à nous.

Payer la machine à faire des oeufs durs. La caissière rit. Elle trouve ça idiot elle aussi cette machine. Une casserole ferait bien l’affaire. Mais payer tout de même.

Soudain ce SMS de notre mère “la cousine ne vient pas cette année. N’achète rien pour elle.”

La magie de Noël.

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