L’interview de la serialmother, Camille Anseaume, écrivain

 

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Camille Anseaume m’avait déjà beaucoup touchée avec son premier roman “Un tout petit rien”. J’attendais le deuxième, le prochain, comme une gosse avec toutefois l’appréhension qu’il me plaise moins parce que souvent, les 2ème fois, c’est moins bien (pas pour tout hein).

Je l’ai pris entre mes mains ce deuxième roman, Ta Façon d’être au monde, et j’ai déjà aimé sa couverture. C’est important les couvertures, c’est comme une bande-annonce de ce qu’un livre te promet. La promesse a été tenue. Ce roman est un bijou, chaque phrase est jolie, chaque mot est bien pensé, c’est fin, c’est délicat, c’est de la dentelle.

L’histoire de 2 amies d’enfance qui n’ont pas la même façon d’être au monde et d’appréhender la vie. Le temps passe, l’amitié croît, elles rencontrent d’autres amies, une bande bientôt jaillit de tout cela. Jusqu’au drame qui fera tout vaciller.

Lisez le et régalez-vous !

En attendant découvrez Camille Anseaume dans ses réponses remplies d’humour. Ah bah oui parce qu’en plus la dame est drôle !

SERIALCV

Nom Anseaume

Prénom Camille

Age 32 (nique sa mère la trentaine)

Situation de famille ? Plutôt heureuse. (en concubinage avec un homme qui présente les particularités de passer le balai trois fois par jour mais de ne jamais ramasser les tas de poussière et d’avoir trois autres enfants, en plus de la nôtre)

Métier ? Chroniqueuse – rédactrice – auteur

Prénom et âge de ton enfant Ninon, 6 ans et demi

Surnoms que tu lui donnes ? Crapaud (elle est si jolie, je veille à ce qu’elle ne le sache pas trop)

Age de la 1ere nuit ? 3mois pile poil, le jour où j’ai arrêté de l’allaiter.

A1

 

SERIALQUESTIONS

Dernier câlin ? Ce matin, avant de partir à l’école.

Dernier(s) caprice(s)? Je risque de me faire lyncher mais aucun souvenir de caprice. Elle a des phases chiantes mais n’est pas du tout capricieuse. Moi qui était persuadée qu’être mère = gérer un enfant qui hurle au supermarché, j’attends encore. Ca arrivera peut être à ses 15 ans, devant le rayon strings de chez Jenyfer.

Dernière (s) punition(s)? Pas de punition, pour la raison évoquée précédemment. Comme ça, on a l’impression que tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté, mais non en fait, je vous rassure. Ca gueule (moi surtout), ça tire la tronche, ça prend une voix d’ado à 6 ans et demi, ça s’énerve le matin (moi surtout) et ça fait mal au ventre quand j’y repense dans la journée. Ca demande des réajustements permanents, mais elle n’a pas de comportement qui « mériterait » une punition, elle ne franchit pas de limites. Pas encore.

Une anecdote (presque) inavouable de ta vie de mère ? Carrément inavouable, la fois où je l’ai mise debout sur un banc chez mes parents pour l’habiller, elle devait avoir trois ans. C’était le matin, on était à la bourre, j’ai fermé son manteau et j’ai dit « A 3 tu sautes ! ». J’ai commencé à compter, et je me suis rappelé quej’avais oublié de prendre mon bonnet. A « 3 » je suis partie le chercher, mais comme elle est obéissante, à « 3 » elle a sauté. Elle s’est explosé le front par terre, j’ai cru mourir. De honte aussi, quand il a fallu expliquer la chute au médecin.

Quelle est selon toi la période la plus difficile dans ‘l’élevage” d’enfants ? Mes périodes de règle, sans hésitation.

Tu es journaliste, blogueuse, auteure, tu viens de publier ton 2ème

roman, Ta Façon d’être au Monde. Dis nous en plus ? C’est une histoire d’amitié entre deux petits filles qui ont une « façon d’être au monde » très différente. La première a un rapport compliqué au temps. Elle est dans une forme d’inconfort, coincée entre l’idée que c’était mieux hier et que ce sera mieux demain. L’autre petite fille, le « tu » du livre, est lumineuse, pleine de légèreté, elle vit dans l’instant, comme elle respire, sans s’en apercevoir. Elles grandissent, se constituent un groupe de potes, boivent des coups en terrasse comme on fait quand on a 26 ans. Jusqu’à ce coup de fil qu’on ne devrait jamais recevoir à 26 ans. Un coup de fil qui va bouleverser leur rapport au temps et leur façon d’être au monde.

Cette histoire de 2 amies, c’est du vécu ? En grande partie.

A quel moment écris-tu ? En combien de temps as tu rédigé ce roman ? Il s’est passé un an et demi entre le premier et le dernier mot de ce roman. Il y a deux moments que j’adore pour écrire : le matin, en terrasse, avec un café. Le soir, en terrasse, avec un verre de vin.

On ferme ce livre non sans une forte émotion, on revient sur certains passages, on est émus (le ON, c’est moi ;)), as tu conscience du pouvoir de tes mots sur les lecteurs ? Quel sentiment cela ta procure t-il ? On te remercie ! C’est la récompense ultime, pour une raison simple : que ça soit un sourire, une gêne, une larme, un éclat de rire, un malaise, quelle que soit la forme que prend l’émotion, si c’en est une, c’est que ce que j’ai écrit a « résonné » chez le lecteur. Et cet écho-là , c’est celui que je cherche quand je lis, et celui que j’espère procurer quand j’écris.

Tu écris aussi des livres plus légers, vous êtes combien de Camille Anseaume en vrai ? J’ai longtemps été schizophrène, mais on va beaucoup mieux.

As tu déjà un nouveau projet de roman en tête ? Oui, j’y pensais encore juste avant de répondre à tes questions. J’en suis au stade où je le regarde, je l’observe sous toutes les coutures, je l’épie, je l’apprivoise, je le retourne, je le contourne, je le détaille. En fait, la première étape, c’est de regarder ce sujet dont j’ai envie de parler, et de comprendre pourquoi j’ai tellement envie d’en parler. En quoi il résonne autant, forme autant d’écho (encore lui) en moi.

Difficile de concilier vie pro et vie perso ? Non, trop fastoche. (Je plaisante)

Qu’est ce qui te rend le plus fier de ton enfant ? Son naturel, désarmant, et sa joie de vivre. Elle irradie, en toute objectivité.

Que veux tu lui transmettre ? En ce moment, plus que jamais, la tolérance, l’empathie. Je n’ai aucune tolérance (hum…) pour les préjugés, la méchanceté, l’étroitesse d’esprit. Et il y a un truc sur lequel je suis super attentive avec elle, c’est delui donner du vocabulaire. Le vocabulaire des émotions, pour qu’elle soit capable de dire ce qu’elle ressent et de comprendre ce que ressentent les autres. Il me semble que tant qu’on n’a pas les mots pour ça, on n’a pas grand chose…

Dernière sortie en famille ? Un restaurant chinois à volonté près de chez nous mercredi dernier. On peut croire que c’est naze, mais seulement quand on n’a jamais vu ma fille se diriger vers le riz cantonnais en disant que c’est le plus beau jour de sa vie.

Une journée idéale chez vous, ça se passe comment ? Grasse matinée de ouf. Petit déjeuner avec du pain perdu. Sortie à la bibliothèque toutes les deux. Celle de Montreuil, où on vit, est dingue. Petit verre en terrasse tous les trois. Déjeuner au resto chinois. Ballade au parc floral de Vincennes. Apéro avec des potes et du saumon mariné. Dodo pas tard, parce que je suis une psychopathe du sommeil, et que rien ne m’apaise plus que de me coucher en me disant « encore tout ça d’heures à dormir ».

Dernier mot avant le dodo ? « Bonne nuit mon amour. Je t’aime. » Et une fois qu’elle dort, quand je vais me coucher, je lui murmure à l’oreille la même phrase depuis sa première nuit. Je la garde secrète, je pense qu’elle ne saurait même pas me la répéter. Mais à chaque fois, dans son sommeil, elle sourit.

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