L’interview de la serialmother : Nadia Hathroubi-Safsaf, journaliste et écrivain

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Nadia est non seulement rédactrice en chef  du Courrier de l’Atlas (qui traite de l’actualité du Maghreb en Europe) mais elle est aussi auteure de livres. Son dernier roman, Ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants traite d’un sujet assez méconnu et inspiré de faits réels : comment pendant la 2eme guerre mondiale, en France, un groupe de résistants kabyles a sauvé des juifs de la déportation. Si le point de départ de Nadia se place au XXIème siècle, le point culminant de son récit se situe bel et bien dans les années 40. Un roman plein d’humanité, d’amour et ce quelque soit les religions des uns et des autres.

Mais alors entre son job de rédac chef et ses romans, comment fait cette maman de 3 enfants ? Elle nous livre ses recettes du bonheur !

SerialCV

Nom Hathroubi-Safsaf

Prénom Nadia

Age 39 ans

Situation de famille ? Mariée

Métier ? Journaliste. Je dirige la rédaction d’un mensuel distribué en kiosque. Donc souvent sous pression.

Prénom et âge de tes enfants

Nayla, 9 ans

Sara, 8 ans

Younès, 2ans 1/2

Surnoms que tu leur donnes ? Naylou, Sasa et Youyou

Age de la 1ere nuit ? Oulala, je me pose encore la question. Cela s’est aggravé d’enfant en enfant…Le dernier, à peine. Je ne voudrais pas décourager les lectrices ;).

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SERIALQUESTIONS

Dernier câlin ? Ce matin. Avant de partir pour l’école. Elles n’aiment pas que je les embrasse devant leurs camarades.

Dernier(s) caprice(s)? Elles voulaient participer avec moi à une réunion publique où je devais me rendre en tant qu’élue. Elles pensaient que c’était une super soirée. Mais veille d’école, je ne transige pas.

Dernière (s) punition(s)? J’ai demandé à la cadette de recopier 20 fois sa dictée. Elle avait fait une faute par mot alors qu’elle jurait qu’elle venait juste de la relire.

Une anecdote (presque) inavouable de ta vie de mère ? Mais il faudra que je te tue après. Je leur ai déjà proposé sous forme de jeu de vider le lave vaisselle, passer l’aspirateur etc. Et les jours de flemme, il m’est arrivé de leur dire que sortir est exclu car il va pleuvoir.

Quelle est selon toi la période la plus difficile dans ‘l’élevage” d’enfants ? Mon dieu, il paraît que c’est l’adolescence alors que je suis encore traumatisée par la phase opposition vers 3 ans.

Tu es rédactrice en chef du mensuel La courrier de l’Atlas, tu viens d’écrire un roman « Ce sont nos frères et leurs enfants sont nos enfants» (ed Zellige), qui raconte l’histoire méconnue de kabyles musulmans qui ont sauvé des juifs durant le guerre. Pourquoi ce sujet ? C’est un sujet méconnu qui mérite d’être raconté au plus grand nombre. Je pense que cela peut atténuer les tensions entre communautés. Des tensions qui sont liés au traitement médiatique. Je suis pour montrer les choses qui rapprochent plutôt que les choses qui divisent. On vit dans un tel climat de haine en ce moment. Le point de départ du livre c’est l’histoire d’amitié entre Leïla la musulmane et Anne la juive qui ont grandi ensemble mais ne sont pas forcément d’accord sur tout une fois arrivées à l’âge adulte.

Il y a de toi dans Leïla ? J’ai toujours baigné dans un milieu interculturel. J’ai grandi dans le centre de Paris, j’allais au lycée dans le marais, on mangeait des bagels au pastrami casher et des sandwichs falafel. Tout était facile. Mais c’est vrai que quand c’est posé la question de l’engagement politique notamment sur la question de la Palestine. Cela a été difficile de dialoguer avec certains de mes amis. Avec le recul, je me dis que l’on était trop campé sur des posturescaricaturales. Ce sont des sujets qui demandent de la nuance.

Compliqué l’amitié entre deux personnes de religions différentes de nos jours selon toi ? Non. Je ne crois pas. J’ai des amis de toutes confessions. Heureusement, qu’on ne pose pas la question avant ;). « Ah tu es musulmane, non désolée, cela ne va pas être possible ».

Ton grand-père a t-il comme le héros, Salah, sauvé des juifs durant la guerre ? Je ne sais pas, il est mort à la fin de la guerre, emportant ses secrets avec lui. Mais la situation des juifs en Tunisie était différente de celle des juifs en Europe. Ils ont pu se cacher et se « fondre » dans la population. Je sais qu’ils ont été cachés dans desfermes. Il y a eu très peu de déportés.

C’est compliqué tu penses de transmettre cette partie de la 2ème guerre, la Shoah, à la jeunesse d’aujourd’hui ? J’imagine que cela dépend dont le professeur s’y prend. A mon époque, cela m’avait choqué de découvrir au collège « Nuit et brouillard » sans être préparée. J’ai longtemps fait des cauchemars. Sinon, mon amie, Samia Essabaa, emmène quasiment chaque année, ses élèves de Noisy (93) à Auschwitz, elle n’a jamais eu de soucis. Parler de la Shoah fait partie du nécessaire devoir de mémoire. Il n’y a pas à transiger dessus de toute façon.

Qu’as tu appris en menant cette « enquête » ? J’ai beaucoup pleuré ! J’ai découvert par exemple les massacres de soldats indigènes par les allemands. Mais aussi qu’on avait empêché ses mêmes soldats de défiler sur les Champs-Elysées

Tu écris des livres, tu es rédac chef, quel emploi du temps ! Difficile de concilier vie pro et vie perso ? Oui heureusement mon mari, l’homme de l’ombre, m’aide. Mes amis me reprochent de ne pas être disponible en ce moment. Mais je suis aussi élue dans ma ville donc les journées sont bien remplies. Pour ne pas craquer, je me suis mise au sport à l’heure du déj. Le week-end, je refuse la plupart des sollicitations pour être dispo pour ma famille.

D’autres projets en cours ?! D’écritures oui ! Mais j’arrête de multiplier les casquettes !

Qu’est ce qui te rend le plus fier de tes enfants ? Ils ont de l’empathie pour les autres !

Que veux tu leur transmettre ? Les valeurs que mes parents m’ont transmis : le partage, le respect, la bienveillance.

Dernière sortie en famille ? La maison de quartier pour récupérer ma fille élue au conseil des enfants de notre ville.

Une journée idéale chez vous, ça se passe comment ? Faire la grasse mat (dépasser 8h quoi !), des crêpes de papa au petit déj ; le tagine tunisien de maman au déj, et une promenade au bois pour éliminer le tout.

Dernier mot avant le dodo ? Je t’aime

 

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