L’interview du serialfather : Jean-Sébastien Hongre, écrivain

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Lorsque j’ai lu le roman de Jean-Sebastien Hongre, Un amour Au long Cours, qui vient de paraitre (Ed Anne Carière), j’ai immédiatement pensé que tous les couples (naissants ou déjà faits ou en train de se défaire) devraient le lire ! Ce roman c’est une autopsie joyeuse du couple : comment ça marche, comment faire durer le plaisir et l’amour. A travers ses personnages, Anaïs et Franck, Jean-Sébastien Hongre décortique l’homme, la femme, l’union. Au fil des années, ils ont mis au point des astuces, forgé des règles de vie qu’ils ont écrites et affichées sur leur frigidaire. Ainsi est née la « Constitution du couple » qu’ils ont établie pour se guider et se soutenir de jour en jour. Grâce à elles, ils ont pu traverser les grandes étapes de ce voyage qu’est toute vie conjugale.

Après des années de vies à deux, ont-ils réussi leur pari ? L’amour peut-il réellement se décider ? Suffit-il de rester ensemble pour qu’il perdure ?

Une chouette idée de roman que je vous conseille vivement.

J’ai eu envie d’en savoir plus sur l’auteur, l’homme et le père de famille !

JEAN-SEBASTIEN, LE PAPA

Combien d’enfants à ton actif ? Hadrien (en référence aux « Mémoires d’Hadrien » de Marguerite Yourcenar). Puis Héloïse (à cause des  « Lettres d’Héloïse et Abélard », l’une des premières histoires d’amour romancée).

L’Age des enfants ? 8 et 10 ans

Surnoms que tu leur donnes ? Cafougne pour lui, car il aime bien « cafougner ». « Cafougner : Action qui consiste à faire des petites activités dans son coin, en passant du coq à l’âne. » Enfin chaque parent peut avoir sa définition en fait !

Coucou pour elle, car son frère lui répétait tout le temps « coucou » pour la faire réagir les premières semaines.

Surnoms qu’ils te donnent ? Papounet.

Dernier caprice ? Le dernier caprice d’Hadrien : le numéro 84 de one piece, tout de suite, maintenant ! Le dernier caprice d’Héloïse : Newton (un petit chien petit foncé. On en a un autre, c’est Aldo qui accepte depuis deux semaines ce nouveau compagnon à la maison)

Tu écris quand ? En période de création, le samedi et dimanche matin. Et tous les matins pendant les vacances.

Pas trop dur avec les enfants à demeure ? Souvent ça donne : “Papa, tu descends ?”, puis “Papa, Maman demande quand tu descends ?”, puis “Papa, Maman demande que tu viennes aider à mettre la table !”, puis “Papa, A table !” et enfin “Papa, ça va être froid !”

Il faut bien avouer que quand je suis lancé, j’ai du mal à décrocher. Je suis dans une bulle.

Ils savent que tu écris des livres ? Ils en disent quoi ? Oui, mais c’est assez curieux, ils comprennent d’instinct qu’il ne faut pas les lire ; il y a quelques scènes qu’ils ne doivent pas découvrir à leur âge ! Sans doute plus tard les liront-ils et ils me feront subir un sacré interrogatoire…

 

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JEAN-SEBASTIEN, L’ECRIVAIN

Pourquoi écrire l’histoire d’un couple qui veut durer ? Peut-être précisément parce que depuis 30 ans, beaucoup de livres racontent des séparations, des familles recomposées, ou des dérives « strausskaniennes » !

Au fond, je me suis dit que l’histoire d’un couple qui souhaite « durer », malgré la société et ses tentations, malgré l’esprit de dérision, ce pourrait être à contre-courant et correspondre aussi à un mouvement en cours, notamment chez les jeunes qui semblent vouloir construire des histoires d’amour, de tendresse, et de fidélité ! D’ailleurs je cite le groupe Fauve dans mon roman.

Bref, je voulais une histoire positive, sans naïveté pour autant, dans une époque où le cynisme ricane souvent de toute tentative de construction.

Mais pourquoi Franck et Anaïs veulent-ils durer ? Ils écrivent que « leurs parents ont préféré leurs désirs à leurs enfants ». Ce sont des enfants de cette génération qui a voulu « jouir sans entrave ». Lorsque Franck et Anaïs se rencontrent et tombent amoureux, ils désirent l’inverse. Ils veulent la fidélité, la transmission aux enfants, la continuité, l’exigence dans l’éducation.

 Et pour cela, ils écrivent une constitution de couple qu’ils affichent sur le frigidaire !  Absolument. Ils ne veulent pas subir. Les couples se séparent souvent à cause de problèmes non abordés, des choix par défaut en quelque sorte. Franck et Anaïs veulent agir, ils vont créer des articles de vie au fur et à mesure des épreuves de leur vie : l’arrivée des enfants, le temps qui passe, le désir qui s’émousse.

Les « Ne pas tout se dire » ou « Aucun devoir vis à vis de sa belle-famille » ne sont-ils pas contestables ? Sur l’article « ne pas tout se dire », il est possible que vos lectrices se départagent à 50/50. Sur mon mur, ça a provoqué quelques débats. L’article « Quand l’un s’occupe du bébé, l’autre se tait » fait davantage l’unanimité. Ce n’est pas à vous que je vais apprendre que l’arrivée des enfants est un bonheur mais aussi un danger pour le couple. Séparer les taches, ne pas se critiquer pour des broutilles, voilà le but de cet article. Evacuer ce qui pollue le couple pour lui laisser du bon temps.

Tu penses vraiment que 10 articles suffisent pour rester ensemble ? C’est un premier pas. Mais mon roman bien entendu aborde les sujets cachés. Car le désir ne se décrète pas avec une constitution. Franck et Anaïs ont quelques secrets. Et en échangeant, ils vont s’apercevoir qu’ils n’ont pas tout vécu de la même façon…

 

L’amour éternel ça existe alors ? L’homme n’est pas immortel. Donc le sujet ne se pose pas encore J

En revanche, l’amour durable existe, mais il faut se battre pour le construire. La passion des débuts ne suffit pas. Il faut résister dans une société qui pousse à la consommation des biens et …des corps. Anaïs le dit au départ de leur relation.

«Beaucoup de couples sont vulnérables, ils n’ont aucun plan de défense, ils s’imaginent que la passion des débuts suffira à les protéger des tentations. L’idée même d’utiliser leur volonté pour rester ensemble leur semble être une trahison de l’idée qu’ils se font de leur amour»

On peut s’aimer encore, comme au premier jour même avec 1,2,3, 4,5 enfants ? Dans le roman, au début, il y a cette phrase que Franck offre à Anaïs :« Oui, à l’aube de notre relation, dans un songe commun, nous avons rêvé que nous pourrions aller tout au bout d’un voyage s’apparentant à une odyssée et qu’un jour, enfin parvenus à destination, nous serions de vieux guerriers ridés, au-delà de la passion, de la tendresse, et même de ce qu’on appelle communément l’amour. «

Avec le temps, les enfants, l’amour évolue, il ne se perd pas, il s’enrichit de couches successives, si on est vigilant. Cette question m’a évidemment beaucoup travaillé, notamment pour construire la fin de l’histoire de Franck et Anaïs. Comment finir une tel histoire d’amour ?

*********Plus d’infos ici !************

 

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