Le monde d’après ?

Vers avril (le 12 à 10H05 précises), l’expression “monde d’après” a fait son apparition ici et là. A qui doit-on cette expression ? Qui a eu cette idée hasardeuse que comme dans un film américain avec Bruce Willis, il y aurait un monde d’après ?

Comme si ce terrible épisode Covid (qui est loin d’être fini), on allait tous être gentils, bienveillants, drôles, sympas.

Comme si le monde entier allait se tenir la main pour former une ronde de l’amitié.

Comme si la racisme, la violence, la pauvreté allaient s’envoler.

Comme si plus jamais personne ne serait en danger.

Comme si tout allait redevenir, non pas avant, mais comme après avec l’idée que Après serait forcément mieux qu’Avant.

Bah mon coco, oui toi qui a inventé cette expression, tu t’es planté. Pas grave, on t’en veut pas, on ne sait jamais comment sera l’après (enfin pour Jésus ça a été cool mais ceci n’est pas le sujet).

Le monde est pareil, pire encore je crois bien. La haine est à son comble, tu te prends une droite si tu oses demander à quelqu’un de mettre un masque, tu te prends une droite si tu as un maillot du PSG à Marseille, tu te prends une droite si tu oses demander comment va se passer la rentrée de tes kids.

J’ai vaguement le sentiment que ce monde là ne va pas aller de “mieux en mieux”. On ne va jamais mieux si on ne soigne pas le mal initial.

Pas de chance, le “monde d’après” fera un bon titre de livre ou de chanson. Au mieux.

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L’interview de la maman déconfinée, Caroline Caen alias Miss Bêtises

Caroline est une de mes meilleures amies. On s’est connues dans un open space il y a 14 ans alors que je n’avais encore qu’un seul enfant et elle aucun. Lorsqu’on s’est mises à chanter du Brel, du Barbara, du Reggiani et du Cloclo on a su qu’on deviendraient amies.

Depuis nous ne sommes plus dans un open space, elle a une fille, moi 3 autres enfants et on se retrouve régulièrement pour un week-end entre filles ou une soirée à chanter.

A côté de son boulot, elle a créé le compte de chansons parodiques Miss Bêtises sur Instagram. Je vous conseille d’aller y faire un tour et même de vous abonner !

Comment a t-elle vécu ce confinement ? Elle me dit tout.

Nom  CAEN

Prénom Caroline

Age 40 ans

Situation de famille ? En couple, une fille

Age de ta fille ? 6 ans

Métier ? DirCom dans une agence media 

Lieu de confinement ? Un endroit qui ne figure même pas sur Google Earth / Gadancourt – Dans le Val D’oise

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? J’avoue que ça m’a serré le cœur lorsque le président a fait l’annonce. J’ai pensé que la situation était grave. La fermeture des écoles m’a particulièrement choquée. Que notre système éducatif soit ainsi impacté, j’ai pensé qu’on traversait quelque chose de vraiment sérieux. Que nos enfants ne puissent plus (pour un temps indéterminé) apprendre, rire et s’amuser avec leurs camarades, c’est frapper au cœur même de ce qui construit notre société.

Ensuite, tout est allé très vite, on a préparé les sacs pour se confiner à la campagne. On a eu cette immense chance d’avoir cette alternative. Le départ ressemblait à une fuite précipitée. J’ai vidé tous nos tiroirs directement dans nos valises sans même faire le tri. J’ai tout pris, de peur d’oublier quelque chose. On a évidemment embarqué avec nous nos deux tortues et notre poisson rouge. Impossible qu’ils ne traversent pas cette aventure avec nous.

Elisa a préparé son petit sac à dos avec ses peluches préférées. Nous avons essayé de ne pas l’affoler. Pour Elisa, ça sonnait plus comme une aventure et la fin de l’école, une sorte de miracle inespéré.

Très étrange, en claquant la porte de l’appartement, presque vide, j’avais le sentiment qu’on ne reviendrait jamais. J’ai voyagé dans notre voiture débordante de sacs et de provisions, avec l’aquarium des tortues sur les genoux. Epique, surtout pour elles. 

Déconfinée maintenant ?Après le 11 mai, nous sommes restés à la campagne. Donc je ne me sentais pas vraiment déconfinée. Rien de ma vie quotidienne n’avait à ce moment réellement changé si ce n’est une après midi « parenthèse bucolique » où j’ai pu revoir de très proches amies. On n’a pas pensé au Corona ce jour là. C’était une journée normale, de discussions, de rires  et de chansons , à la distanciation sociale prêt.

Je suis à Paris maintenant depuis près d’une semaine. J’étais très contente de rentrer. Mes premières sorties m’ont semblées normales au port du masque près dans les lieux fermés. J’ai pu revoir des amis. J’essaye de vivre le plus normalement possible en faisant attention.

Déconfite ? J’ai des jours avec et des jours sans. Parfois emprunte d’un optimisme à toute épreuve et le lendemain … vous devinez ! Mais pas déconfite, car je je me dis que les choses ne peuvent que s’arranger.

Le truc le plus inattendu que tu as fait pendant le confinement ? Me laver tous les jours (ahahaa) Non ! Une vidéo avec Elie Semoun dans le cadre de mes activités parallèles. Totalement incongru !

Ecole ou pas école ? Et l’école à la maison ça a été (ou c’est)…comment ?Elisa a repris ce matin. Elle est contente et nous sommes confiants.

Nous pensons que c’est important qu’elle retrouve un peu de lien social en retrouvant ses camarades même si nous l’avons bien prévenu que ce serait légèrement diffèrent.

Quant à l’école à la maison, nous avons manqué de régularité et Elisa de concentration, ce qui n’a pas fait bon ménage. Mais j’ai aimé lui consacrer ce temps et qu’elle soit fière quand elle arrivait enfin à déchiffrer un mot. J’ai pour ma part bien révisé mon alphabet, donc bénéfices partagés.

Tu tiens la page MISS_BETISES sur laquelle tu fais des chansons parodiques. Tu as continué de travailler durant cette période ? Oui énormément. Enfin travaillé… Je m’amuse tellement avec cela que ça ne me semble pas du tout du travail.

L’avantage d’une telle situation si inédite et au cœur de l’actualité, c’est que c’est très inspirant. Presque chaque jour, de nouvelles idées de parodies naissaient. Ça m’a probablement beaucoup aidé à vivre la situation avec plus de recul. L’humour a ce pouvoir de dédramatisation. Je m’y emploie chaque jour du mieux que je peux pour voir la vie du bon côté. Je pense que certains de mes abonnés étaient contents aussi de voir ce sujet traité avec un peu de second degré. Si j’ai pu les aider à sourire et à leur changer les idées, alors je suis heureuse.

Les chansons qui ont accompagné ton confinement ?

J’ai brassé large dans le répertoire Français et fais de nombreuses parodies (goguettes pour les adeptes ;)). De la mythique chanson de JJ Goldman des restaus du cœur, à Belinda de Cloclo en passant par Gainsbourg et le poinçonneur des Lilas, Sheila et l’école est finie, Edith Piaf et la Vie en rose, Niagara et l’amour à plage, Michel Legrand (que j’adule) en duo avec Elie Semoun sur la chanson de Maxence, Aznavour et je m’voyais déjà…  et j’en passe. Ça a été une période très faste en terme de créativité. Je me suis énormément amusée.  

Cette période t’a inspirée ?Oui, très inspirante et sur de nombreux thèmes. L’objectif c’était de parler de sujets transverses sur fond de corona. J’ai donné en chanson mes conseils pour ne pas s’ennuyer, évoqué toutes les choses que je détestais faire avant et rêvais de faire maintenant et puis j’ai surfé sur l’actu. Les discours d’Edouard Philippe, le port du masque etc… Et puis plus globalement, certains thèmes m’ont amusé :  Hidalgo et l’ouverture de Paris Plage, Giscard D’Estaing accusé d’agression sexuelle etc… Les crises ont donc du bon sur le plan de l’imagination. 

Tes  projets ? Je poursuis évidemment mon compte instagram avec le même objectif, traiter de l’actualité en chanson et de façon décalée et toujours avec second degré. Et je prépare une audition pour une comédie musicale. C’est fou et totalement surprenant. Miss Bêtises m’entraine sur d’autres terrains de jeu et me fait sortir de ma zone de confort. C’est ce que j’aime dans ce projet.

Ton rêve à tout de suite ? D’abord, que le corona virus fasse vraiment parti du passé pour pouvoir serrer les gens que j’aime dans mes bras. Que peut être cette expérience puisse faire ressortir et faire naitre des initiatives positives agrémentées d’un sens plus fort de la solidarité et du civisme (j’en doute malheureusement).

Que nous puissions tous reprendre nos vies normalement et savourer de nouveau toutes ces libertés dont nous n’appréciions peut-être pas assez la saveur.

Je vais savourer et croquer la vie à pleine dents et toujours en chanson.

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Qui ira aux obsèques de Philip ?

Ceux qui me connaissent le savent : j’ai une affection pour la famille royale d’Angleterre. Je ne saurais pas situer le point de départ de cet amour (Mon enfance passée à tartiner mon pain de Marmite ? Mon voyage en Angleterre en 5eme dans une famille mangeant des sandwich à l’oeuf et de la jelly en dessert ? La mort de Diana la nuit où je devenais la petite amie officielle de celui qui deviendrait mon mari ? Mon programme Erasmus à Londres en 2001 où j’ai cru apercevoir un jour William dans un supermarché ?).

Quoi qu’il en soit, bien que n’étant pas du tout royaliste, je les aime.

J’ai même les mugs de tous les membres de la famille royale… même un mug de 1950 !

Quand Philip est mort la semaine dernière, je l’ai appris par mon fils ainé qui a pris un ton grave, le ton des mauvaises nouvelles “mamaaaaaaaaan, sois forte. Philip est mort.”

J’avoue que j’ai d’abord pensé à Filip Nikolic des 2B3 puis je me suis souvenue que le pauvre …passons, je ne m’en remets pas.

Mon fils, constatant mon étonnement, ajouta “ça va être dur pour la reine.Je pense pas qu’elle résiste longtemps” (mon fils est d’un soutien immense pour Elizabeth qu’il enterre déjà).

Ainsi donc Philip, l’homme de l’ombre éclairée, était mort à quelques mois de ses 100 ans.

Je trouvai alors une chaise pour déposer mon corps et mon émotion. Je reçus (et ce ci est véridique) environ 20 messages d’amies me présentant leurs condoléances. (je l’aime bien Philip mais on n’était pas non plus intimes hein).

Depuis quelques jours, ça nous change du Covid, je lis plein de trucs et surtout, parce que je ne renie pas mon esprit commère, je me demande comment ça va se passer avec Harry. Car Harry vient ! Mais sans Meghan. Aïe.

Aux funérailles la reine ne peut convier que 30 personnes. C’est vite fait.

Je m’imagine Harry à qui personne ne parle, seul dans sa peine, seul reniflant dans son masque, seul face à la familia. Je m’imagine William et Harry qui ne se disent même pas bonjour depuis que Harry a quitté le pays. Je m’imagine Charles ne sachant pas trop si il faut saluer son fils. Je m’imagine la reine abattue, noyée dans son chagrin d’avoir à dire adieu à l’homme de sa vie et qui en plus doit se farcir le scandale à la Dallas que toutes les caméras filmeront “Are Harry and William going to shake hands ? Will Charles give a hug to Harry ? Will Meghan manifest herself ?”

Et moi au milieu de tout ça ? Oui car je suis la 30ème invitée. EVIDEMMENT.

Farewell Philip !

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L’interview de la serialmother : Pétronille Rostagnat, écrivaine

Pétronille est écrivaine mais elle n’a pas toujours fait ça. Pétronille écrit des romans policiers et elle est douée d’un immense talent. Elle a l’art de faire frissonner, de nousfaire plonger dans un univers policier, de nous étonner, de nous faire peur, de nous emmener sur des chemins où se promènent des meurtriers. Et pourtant, Pétronille est d’une gaieté rare. A l’occasion de la sortie de son 5ème roman “Je pensais t’épargner”, cette maman de 3 enfants nous révèle tout…ou presque.

SERIALCV

Nom : Rostagnat

Prénom : Pétronille

Age : 40 ans

Situation de famille ? Mariée

Métier ? Écrivain

Prénom des enfants ? Côme (11 ans), Augustin (9 ans) et Alexane (5 ans)

Surnoms que tu leur donnes ? Comichounet (il déteste !), Auguste et Choupette !

SERIALQUESTIONS

Tu es écrivaine mais tu n’as pas toujours fait ça, raconte-nous ton parcours.Si j’ai toujours aimé lire et, ce depuis l’adolescence, l’envie d’écrire n’est arrivée que tardivement. Je n’ai pas suivi de cursus littéraire. Après un bac ES, j’ai intégré une école de commerce pour travailler ensuite en tant que Responsable Marketing dans différents groupes internationaux. A la naissance de mon deuxième enfant, et après une première expatriation de 4 ans à Shanghai, j’ai ressenti le besoin de me réaliser dans un projet plus personnel, que je puisse concrétiser n’importe où, même à l’étranger. Le désir d’écrire est alors apparu. Je suis arrivée à Dubaï, notre deuxième destination en tant qu’expatriés, avec les 70 premières pages de mon premier roman. J’ai écrit les 200 restantes au Starbuck de mon quartier. J’y allais tous les matins, assise à la même table, dégustant pendant mes 4 heures d’écriture un Mocha Frappuchino.

Longtemps tu as vécu à Dubai, c’est comment la vie là bas avec des enfants ? Le retour en France a été vécu comment par eux ? Dubaï bénéficie d’une image un peu surfaite. On l’associe à Disneyland car tout est sorti de terre il y a une cinquantaine d’années. Pour ma famille, ce fut 5 ans de vie au Paradis. Je vous laisse imaginer : 365 jours de soleil et la plage à 100 mètres. Ma petite dernière est née là-bas. Les enfants ont adoré : école internationale où 120 nationalités différentes se côtoyaient sans discrimination. Je vous laisse imaginer l’ouverture d’esprit ! Et tout était facile sur place avec un grand sentiment de sécurité. Même en tant que femme, ce fut une période agréable. Une liberté totale… rien à voir avec les clichés qui peuvent circuler ! Le retour en France s’est bien passé car ce fut un choix de notre part de rentrer, et non une obligation. Une envie de changement et de construction professionnelle différente ! Pour les enfants, tout s’est bien passé aussi. Ils nous voyaient heureux, ils ont retrouvé leurs grands-parents et les cousins alors… Tout roule J

Tu écris des romans policiers. Comment t’es tu intéressée à cet univers ? Vous ne trouverez sur ma table de nuit que des thrillers psychologiques de Pierre Lemaitre, des romans noirs de Jean-Christophe Grangé ou bien des polars de Franck Thilliez et d’Olivier Norek… En tant que lectrice, je ne vibre que pour les intrigues policières. Écrire un roman policier a donc été une évidence. Mon style est peut-être un mélange de toutes mes lectures. Mon écriture me ressemble. Je vais à l’essentiel, je privilégie l’action et la psychologie de mes personnages et chaque chapitre se termine par une révélation qui donne envie au lecteur de tourner la page.

Comment on invente une histoire policière ? Tu pars de faits réels ? Tu inventes ? Pour moi, il est important que mes romans soient crédibles et réalistes. N’appartenant pas aux forces de l’ordre et n’exerçant pas dans le milieu judiciaire, je ne peux puiser mon inspiration dans ma vie professionnelle. Je nourris alors mon imaginaire en allant chercher l’information là où elle se trouve. Je suis abonnée à des podcasts, je lis la presse et je rencontre de nombreux policiers. Mi-mars, j’ai passé 48h en immersion à l’école de police de Nîmes où entre deux cours de tirs au 9mm,  j’échangeais avec un négociateur du RAID, et des policiers de la Brigade des mineurs… Je m’inspire de faits réels et de témoignages, mais mes romans sont à 95 % de la fiction ! Ensuite, je mentirais si je disais qu’il n’y avait pas de ma vie personnelle dans mes romans. Non, je ne suis pas une « serial killeuse », mais de nombreux clins d’œil sont présents dans mes histoires : Des bars que j’ai fréquentés, des quartiers où j’ai vécu. Par exemple, Raphaël, le fils ainé d’Alexane, mon héroïne, est étudiant à l’ESSCA qui fut mon école de commerce… Mon premier roman se passe essentiellement dans le premier arrondissement de Paris, entre le parc des Tuileries, la place Vendôme… Mon quartier au moment où j’ai écrit la Fée noire… J’ai donné le prénom de mon héroïne Alexane à ma fille. Pour mon entourage, c’est parfois déroutant !

Bon et la question que tout le monde se pose : as tu déjà eu des envies de meurtres ? ;) Entre deux et trois fois par jour… comme vous, non ?

Comment fait-on pour écrire des choses assez sombres pour retourner ensuite à sa vie de famille ? Quand j’écris, je ne suis plus Pétronille, maman de trois enfants, mais je deviens mon héroïne Alexane qui arrive sur une scène de crime ou je me transforme en Pauline en pleine plaidoirie en Cour d’assises ! L’écriture est un vrai exutoire. Parfois, quand je suis en plein travail et que je dois m’arrêter pour aller chercher les enfants à l’école, je mets un peu de temps à décrocher. J’arrive un peu « stone » à l’école, la tête encore dans mon dernier chapitre ! Mais ensuite, je redeviens une maman « gâteau ». Je dissocie très bien les deux. Ensuite, j’avoue que je suis très « mère poule » avec toutes les horreurs que je découvre dans mes recherches !  

Tes enfants comprennent ton métier ? Oui. « Maman écrit des livres ! ». Au départ, les maitresses pensaient que j’écrivais des histoires pour enfants et souhaitaient que je vienne en parler en classe. Je leur ai offert un exemplaire… Depuis je n’ai pas de nouvelles !

As-tu des rituels d’écriture particuliers ? J’adore écrire tôt le matin quand toute la maison dort encore. J’allume une petite lumière, mon ordinateur et mes doigts pianotent sur mon clavier. Seul le bruit des touches m’accompagne. Je n’écoute pas de musique, j’apprécie le silence pour écrire. Je suis très productive au réveil. Je peux écrire trois pages en une heure avant que le réveil de mes enfants ne sonne, et mettre cinq heures pour écrire une page l’après-midi ! Je ne peux écrire sans une tasse de café à côté de moi. C’est une addiction. Je n’arrive pas à éteindre mon téléphone portable, et me laisse souvent distraire par les notifications Facebook ! J’ai toujours avec moi un calepin où j’annote mes idées. Au départ, je m’applique à bien écrire, mais à la fin, tout est rayé, entouré… un vrai cahier de brouillon. 

Parle-nous de ton dernier roman « Je pensais t’épargner ». Il s’agit de mon cinquième roman. Nous y retrouvons mes deux héroïnes de prédilection : Alexane Laroche, commandante à la brigade criminelle de Paris et Pauline Carel, une jeune avocate pénaliste aux dents longues. L’Histoire en quelques mots :
Une petite fille est retrouvée morte dans un coffre de voiture. Tout accuse le père, mais est-ce vraiment lui ? Alexane Laroche et toute son équipe vont donc l’arrêter, mais celle qui va défendre le suspect n’est autre que Pauline Carel qui ne lâche rien. Ces deux femmes vont laisser des plumes dans cette affaire.

C’est un roman qui me tient à cœur, car j’aborde des thèmes que je m’étais toujours interdite d’aborder jusqu’à maintenant. Je pensais t’épargner évoque la violence rencontrée sous toutes ses formes au sein d’une famille, aux apparences « normales ». En tant que maman, je me pensais incapable d’évoquer le meurtre d’un enfant dans un de mes polars. Certaines scènes m’ont été difficiles à écrire, mais elles étaient nécessaires pour donner corps aux souffrances de mes protagonistes. Je n’aime pas la violence gratuite. Mon roman reste avant tout un roman policer où nous suivons l’enquête en priorité. Il n’était pas question d’en faire une succession de chapitres glauques et plus noirs les uns que les autres. Mais on ne sort pas indemne de cette lecture !  

À quand le prochain ? Il est déjà écrit ! Je suis en phase de correction pour l’instant. La sortie est prévue pour mars 2022.

Revenons à tes enfants, qu’est ce qui te rend le plus fier dans ton rôle de maman ? Quand je les vois bien dans leurs baskets, riants et ayant confiance en eux. Là, je me dis que j’ai bien bossé !

Que veux-tu transmettre à tes enfants ? Je veux qu’ils croient en leurs rêves et qu’ils ne renoncent pas !

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L’interview de la serialmother : Alexandra Rapaport, maman de 3 enfants & qui se bat contre une leucémie

Je connais Alexandra depuis toujours. On a fréquenté le même lycée, on a des amies proches en commun. J’ai suivi ses études, son mariage, ses grossesses, la reprise avec l’une de ses soeurs de l’entreprise de leur grand-mère, La Pelucherie.

En janvier j’ai appris avec tristesse et sidération qu’elle était atteinte d’une leucémie. Nous nous sommes écrit, nous avons échangé depuis et je la suis sur son compte Insta @alex_Rapaport où elle raconte son parcours jour après jour, ses espoirs, sa chimio, ses doutes, ses larmes, ses craintes. Alexandra que je découvre mieux jour après jour est une guerrière qui a la rage de vivre. Elle porte en elle cette volonté qui est propre aux femmes fortes. Ne jamais lâcher. Y croire. Se battre. Vaincre.

Elle se bat comme une lionne et a la chance d’avoir un mari en or, des enfants incroyables, une famille, des amis géniaux, des médecins et des infirmières épatants qui l’entourent.

J’ai voulu qu’elle me/vous raconte son histoire.

Alexandra, tu es Maman de trois enfants. Quels âges ont ils et comment s’appellent ils? Joséphine, 9 ans ; Ruben 7 ans; Charlie 3,5 ans 

Tu a repris l’entreprise familiale de ta grand mère avec ta sœur et vous vendez des peluches. Raconte nous! Il y a 4 ans, j’ai voulu trouvé un sens à ma vie, un vrai job qui m’anime au quotidien ! Du coup j’ai tout lâché pour relancer avec ma soeur la marque de peluches de notre grand-mère, La Pelucherie. L’idée: reproposer des peluches de qualité pour petits et grands ! J’ai bossé 4 ans comme une dingue mais j’ai kiffé chaque jour et chaque étape !

Décembre 2020, tu te sens épuisée. Que te dis tu a ce moment la? 
A quel moment tu te rends compte que ce n’est pas juste un coup de fatigue ?
Tout le mois de décembre, j’ai eu des petits symptômes … des bleus, des boutons sur le corps, de la fatigue … mais perso j’étais à fond dans mon job et je devais enchaîner semaines et week-end pour assurer nos pop up ! Noël est une période clé dans la peluche et donc ce n’est pas du tout le moment de flancher ! Comme chaque année le 25 décembre, dès que la pression retombe, mon corps lâche. D’abord un aphte, puis des ganglions, puis une fatigue de plus en plus forte, puis l’impossibilité d’avaler la moindre chose … 

Comment as tu appris la nouvelle de ton diagnostic ?Le 30 décembre, je rentre de vacances et je fonce chez le docteur ! Je lui explique tout ce qui m’arrive. Il me prescrit une prise de sang. Jusque là, je suis loin de m’imaginer la suite. Je fais la prise de sang le 2 janvier. Je me traîne jusqu’au labo. Le 2 janvier après-midi, je me sens vraiment faible et je souffle terriblement avec mon aphte . Je rappelle le docteur pour lui dire que le Doliprane ne fait aucunement effet … et que plus je me repose, plus je suis fatiguée ! Une fatigue que je n’avais jamais connu jusque là. Heureusement, il avait reçu entre temps les résultats d’analyse. J’avais 70 000 globules blancs, VS 10000 / 15000. Il m’a dit de foncer aux urgences de Cochin.

Quelle a été ta première réaction ?
Des qu’il m’a dit ça, j’ai senti que ce ne serait pas une promenade de santé, et en arrivant aux urgences, ils ont commencé à me parler de cancer ! Dans ma tête, tout s’est accéléré avec la peur de mourir et de laisser mes 3 enfants ! C’est assez terrible pour une mère … 

Comment l’as tu annonce à tes enfants? A ton entourage ?
J’ai tout de suite prévenu mon entourage . J’avais besoin qu’ils soient à mes côtés pour cette épreuve. Mes enfants, par contre j’ai mis un peu plus de temps. Je voulais trouver les mots juste. Avec l’aide de la psy de l’hôpital, je leur ai préparé une vidéo ou je leur ai tout expliqué, sans tabou. Nous nous sommes ensuite parlé par FaceTime puisque j’étais coincé à l’hôpital pour plusieurs semaines … 

Comment a réagi ton mari?
La nouvelle a été très violente pour mon mari. Sur le coup on a tous les 2 paniqués mais on s’est tout de suite qu’on allait être fort pour passer cette nouvelle épreuve de notre vie. Il fallait qu’on reste soudé et combatif, notamment pour les enfants ! 

Raconte nous comment se passent tes journées et ce qui va se passer dans les semaines à venir. Je suis hospitalisée en chambre stérile pour plusieurs semaines avec des pauses à la maison entre les chimiothérapies. Le 1er séjour a duré 5 semaines. Le 2e séjour 3 semaines. A chaque fois, on me fait de fortes chimiothérapies afin de détruire toutes mes cellules, cancéreuses et non cancéreuses. La prochaine étape, la greffe de ma moelle osseuse. C’est une grosse étape, visiblement très difficile, mais à priori la dernière ! 

Tu racontes ton quotidien sur ta page Fb et IG. Pourquoi est ce important pour toi?
Très vite, je me suis rendue compte que ce que je vivais était très fort et unique et je ne voulais pas oublier avec le temps. D’où l’importance de noter chaque jour mes aventures et de les partager. Le partage est aussi une façon de faire en sorte que la maladie ne soit pas un tabou, ce qui aide je pense à l’accepter ! 

Tu as le moral? 
Il y a des hauts et des bas, forcément … mais j’ai décidé d’accepter l’épreuve et de ne pas me laisser abattre par cette sale maladie, qui arrive sans crier gare dans ta vie ! 

De quoi rêves tu là tout de suite?
Une bonne douche chaude car je n’y ai pas le droit dans ma chambre stérile! 

️Un message à faire passer ?
La maladie n’arrive pas qu’aux autres … alors profitons des beaux instants et ne nous prenons pas la tête pour un rien !

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L’interview de la serialmother : Mélissa Da Costa, écrivaine

Il y a quelques semaines j’ai lu un livre qui m’a bouleversée, Tout le Bleu du Ciel. Cela faisait longtemps qu’un roman ne m’avait pas happée de la sorte. Un road trip de 800 pages à travers la France et autour de deux personnages qui vont s’apprivoiser, l’un étant atteint d’un alzheimer précoce, l’autre étant une jeune femme singulière. J’ai offert ce livre autour de moi à mes amies, j’en ai parlé ici et là et j’ai découvert que tous ceux qui avaient lu ce roman avaient adoré ! J’ai alors contacté son auteure, Mélissa Da Costa pour la féliciter.

Et la magie des réseaux sociaux associée à la gentillesse de Mélissa ont donné lieu à cette interview où elle parle de ses livres mais aussi de son tout jeune bébé, Martin, né en octobre dernier.

Merci Mélissa.

SERIALCV

Nom : Da Costa

Prénom : Mélissa

Age : 30 ans

Situation de famille ? Pacsée, un enfant.

Métier ? Ecrivain

Prénom l’enfant ? Martin.

Surnoms que tu lui donnes ? Il aurait été plus facile de lister les  surnoms que je ne lui donne pas 😉

Martin a un millier de surnoms : mon amour, mon titi, mon lapin, mon poussin, mon bébé, ma beauté, mon canari, ma crevette, ma merveille… je m’arrête là ! lol !

SERIAL QUESTIONS

Ton fils est encore tout alors j’ose LA question qui tue : alors les nuits ? Eh bien figurez-vous qu’il fait ses nuits depuis une semaine ! Depuis que nous lui avons cédé notre chambre et nous sommes installés au salon dans le clic clac ! On dirait bien que nous le gênions dans son sommeil. Maintenant il ne nous reste plus qu’à chercher activement un appartement plus grand ou nous aurons chacun notre chambre ! 🙂

Comment s’est passé l’accouchement ? Je n’ai pas eu la « chance » de connaître un accouchement classique. Ayant un utérus cicatriciel opéré un an et demi plus tôt, on m’a programmé une césarienne. Perturbant car extrêmement rapide. Bébé était sorti à peine une minute après le début de l’intervention. J’ai eu du mal à réaliser que c’était bien mon bébé qui sortait de mon ventre.

Il est du genre dormeur ? Il est du genre dynamique, énergique, très très bavard (il expérimente sa voix à fond en ce moment), c’est un vrai « monsieur sourire » qui est super sociable et fait des risettes à tout le monde. On est même un peu dégoutés que ça ne nous soit pas réservé ! lol. Il a quand même son petit caractère, gare à celui qui le ferait attendre quand il réclame ! 

Et toi tu es du genre maman poule /maman cool/ les deux ? Maman poule-cool, c’est possible comme réponse ? Maman gaga et bisouilleuse à mort, toujours à l’affût du moindre mouvement, toujours à le couvrir de surnoms et de regards mais plutôt relax. Je n’ai aucun souci pour le confier aux membres de nos familles. Pas d’angoisse particulière. Plutôt détendue. 

As tu des angoisses de jeune maman, des trucs qui te tracassent ou es tu du genre zen ? Non je suis plutôt du genre zen.

Le meilleur conseil que tu as reçu depuis que tu es maman ? J’ai eu un allaitement difficile, bébé ne prenait pas le sein correctement, j’ai dû passer à un tire allaitement au bout de deux semaines et c’était lourd, pesant. J’ai tenu 3 mois avec des hauts et des bas. Je voulais tellement lui donner le meilleur. Je me sentais si coupable à l’idée d’arrêter. Le meilleur conseil qu’on m’ait donné a été de lâcher prise et de m’autoriser à arrêter, à passer au biberon car « une maman zen et bien dans sa peau c’est un bébé zen et bien dans sa peau et c’est la seule chose qui importe ».

Et le pire ? « Laisse-le pleurer, c’est bon pour lui, ça lui fait les poumons. » Merci pépé et mémé… 

Comment es tu devenue écrivain ? En prenant un stylo pour « inventer des phrases » à l’âge de 7 ans. Phrases qui sont devenues des poèmes, des contes, puis des romans. Je n’ai jamais décidé en réalité. Ça s’est imposé à moi comme une évidence toute petite.

Comment naissent tes histoires ? Elles peuvent naître d’un tout petit détail : les paroles d’une chanson, une citation que je trouve parlante, une scène à laquelle j’assiste, un récit d’une personne, un décor ou un lieu qui me charment… partout dans la vie autour de moi, en fait.

As tu des rituels particuliers ? Non, pas particulièrement. Tantôt musique, tantôt silence. Tantôt improvisation totale, tantôt je note quelques idées de scènes à venir (que je ne respecte pas forcément d’ailleurs, je finis souvent par revenir à l’impro).

A quand le prochain roman ? Mon prochain roman à paraître est prêt depuis 6 ans puisqu’il s’agit de mon véritable premier roman, écrit à la sortie de mes études.

Dans mes tiroirs, j’ai 2 autres romans prêts et un 3ème en cours d’écriture.

Comment écrit-on avec un bébé ? On met très vite en place un rituel du coucher de bébé afin d’avoir ses soirées entières pour écrire. Parce qu’honnêtement, ce sont les seuls moments où je peux réellement me mettre dans ma bulle et me lancer sans craindre d’être dérangée. Les siestes sont trop aléatoires.

Qu’est ce qui te rend le plus fier dans ton rôle de maman? Parvenir à apaiser bébé. C’est tellement dingue de se dire qu’on représente pour ces petits êtres la sécurité, la protection, le refuge dans la tempête. Tellement fou d’avoir le pouvoir d’apaiser avec sa voix, avec ses mains.  Et de se dire  qu’ils placent toute leur confiance en nous, aveuglément… C’est puissant !

Que veux-tu  transmettre à tes enfants ? Je veux juste leur laisser la liberté totale d’être eux même. Je ferai en sorte de ne les influencer en rien, les laisser bruts, entiers, parés pour se construire tels qu’ils le souhaitent.

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Les gens qui jugent sur les réseaux sociaux.

Qui dit réseau social, dit social.

Le bon côté de FB, Insta, Twitter et autres Tik Tok c’est le lien. Créer du lien avec l’autre, l’inconnu que je n’aurais jamais rencontré dans la “vraie” vie. Je trouve cela formidable et me concernant, c’est notamment grâce à ces réseaux sociaux que j’ai construit mon identité de Serialmother.

Mais car il y a un MAIS…je fais attention à tout ce que j’écris, j’essaie de faire rire puisque c’est ce positionnement que j’ai adopté et je veille scrupuleusement à ne pas froisser les uns et les autres.

MAIS car il ya encore un MAIS…cela est impossible. Car, quoi que l’on dise, quoi que l’on montre, même parfois la simple fleur qui éclôt en hiver dans la neige, me vaut des insultes. Et Dieu sait que je ne crois pas créer de polémique quand je le fais.

Planqués derrière leurs écrans certains se croient permis de s’adresser à moi en m’insultant, en me traitant des pires noms.

Jamais dans la vraie vie on n’agresse une femme (enfin j’espère…) parce qu’elle dit qu’elle allaite ou qu’elle donne encore la tétine à 4 ans. Jamais dans la vraie vie on ne dit à une blogueuse qu’elle aurait du se faire couper les trompes pour éviter d’enfanter car son humour est pris au premier degré (je le sais, on m’a plusieurs fois demandé pourquoi j’avais enfanté si c’était pour me plaindre et une fois on m’a suggéré d’arrêter de faire des enfants…pas de bol j’en ai fait 2 de plus que j’aime plus que n’importe mère aime ses enfants).

Jamais dans la vraie vie personne ne se permettrait de me juger sans me connaitre (quoi que) et personne ne me dirait “d’aller bruler en enfer” pour la simple raison que je poste une photo de Blanche Neige qui a pris du poids. Ainsi je serais une femme mauvaise, méchante, grossophobe et je ne sais quoi encore ?

Ceux qui me connaissent dans la vraie vie savent que je n’ai jamais de mauvaises intentions. J’ai des défauts certes (ohhhh si peu;)).

C’est le jeu des réseaux sociaux me dit-on  MAIS non ce n’est pas le mien. Moi j’ai juste un blog qui a pour but d’amuser. Je ne suis pas une femme politique, je n’ai rien promis et j’ai le sens du respect.

Rassure-toi, toi qui viens régulièrement m’insulter : dans la vraie vie, la seule valable à mon sens, je suis entourée d’amour et de bienveillance et c’est sans doute ce dont tu manques derrière ton écran.

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L’interview de la serialmother : Solveig Foucher, auteure et chargée de prod

J’ai connu Solveig sur ma page Serialmother. Un message par ci, un message par là, on est devenues des copines 2.0.

Solveig est maman de 3 ans enfants, a un humour formidable et une pêche folle. Elle est chargée de prod mais elle écrit aussi et vient de faire paraitre un essai génial sur la parentalité, “Mères vaillantes, rien d’impossible”. Alors qu’elle prépare un roman, un livre pour enfant, elle a pris le temps de répondre à mes questions !

SERIAL CV

Nom                 Foucher

Prénom           Solveig

Age                     39 ans

Situation de famille ?   Mariée

Métier ?    Chargée de prod et auteure

Noms et prénoms des enfants ? Eléanor 8 ans, Lancelot 5 ans et demi, Mahaut 3 ans. Oui les prénoms originaux, c’est  notre passion !

Surnoms que tu leur donnes ? Elé (car Eléanor c’est long !😊, Lance ou Lancelounet (ah bah mince c’est super long du coup), Mahaut (ou ma Bibi, ma Mimi, toute syllabe mimi fait l’affaire).

SERIAL QUESTIONS

Tu viens de publier un livre qui parle d’éducation, un essai global et pédagogique sur la parentalité. Dirais tu que les enfants d’aujourd’hui sont des enfants rois ou on t-on dépassé cela ? Je ne vais pas me faire d’amis, mais je trouve que notre génération actuelle tend vers une extrême indulgence éducative qui me fait un peu peur, et qui fait parfois penser à l’enfant roi oui. La bienveillance pour nos enfants, oui évidemment, mais le cadre et le rappel des règles me semblent primordiaux pour que l’enfant puisse vivre en communauté de manière sereine et adaptée. Je pense qu’il est important aussi de ne pas oublier les parents dans l’histoire et d’être indulgent aussi avec eux.

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C’est quoi être un bon parent selon toi ? Un bon parent, déjà, c’est être soi, c’est ne pas se mettre une quelconque pression, ne pas se comparer aux autres. Votre instinct, vous l’avez sans doute déjà, vous faites comme vous pouvez. Je ne suis personne pour dire ce qu’est un bon parent. C’est la mère “suffisamment bonne” décrite par Winnicott, ni trop, ni pas assez. Et si vous êtes “trop”, je vous renvoie à la citation de Boris Cyrulnik que j’adore “On ne négocie pas avec le désir d’une mère”.

Bref, vous êtes le bon parent pour votre enfant. Ne laissez personne vous dire le contraire ! Le plus important est sans doute de lui donner tout votre amour, malgré les difficultés, secret d’un attachement “sécure”. Et si parfois vous n’y arrivez pas, soyez indulgent avec vous-même. Il n’y a rien de plus difficile que d’être parent.

Et par temps de covid, confinement on père tous les plombs et nos enfants avec, qu’en dis tu ? Perso, je trouve le Covid et le confinement super pénibles car je ne suis pas du tout casanière, j’adore sortir, voir mes amis, je suis du genre hyperactive. L’entre soi, rester exclusivement avec mon mari et mes enfants, ça m’angoisse ! C’est mon côté indépendant et égoïste, même si je les adore !

Je pense surtout à ceux qui morflent plus que nous, confinés dans des espaces petits, qui ont perdu leur travail… Je n’ai donc plus qu’à me taire et faire des gâteaux avec les enfants, ça passera !

Tu as écrit d’autres livres, raconte ! J’ai un second livre qui va sortir aux Editions Fauves, beaucoup plus personnel, mais qui parle toujours de maternité. Cette fois-ci, j’y parle de ma propre histoire, et de ma maman surtout. Je t’en dirai plus quand il sortira 😊

J’ai écrit aussi des livres jeunesse en attente de publication.

J’ai aussi un compte Instagram Peaceandfamily_ où je parle de bonheur et de parentalité.

Et entre le travail et ton « rôle » de maman, ça se passe comment ? Très bien, car j’ai la chance d’avoir un boulot assez flexible et de faire beaucoup de télétravail, très pratique quand il faut aller chercher les chouchoux malades à l’école !

C’est quoi tes projets? Publier mon deuxième livre et mes livres jeunesse. Je commence à écrire un livre aussi sur la charge mentale.

Qu’est ce qui te rend le plus fier de ton/tes enfants ? Leur joie, leur enthousiasme, leur capacité à exprimer leurs émotions, bonnes comme mauvaises.

Que veux-tu leur transmettre ? Mon éternel optimisme. Je veux leur donner les clefs du bonheur et de la confiance en soi.

Un rituel du soir ? C’est beaucoup papa qui s’occupe des enfants le soir et de leur coucher. (Car je gère beaucoup le matin). Alors son rituel à lui, c’est jouer, car il adore jouer avec ses enfants, jouer au foot dans le couloir par exemple ! (comme ça ils transpirent bien après leurs douches ! Haha) puis leur lire des histoires. C’est un papa au top ! Par contre, j’avoue, tout ce qui est couches, crèmes et petits soins avant le coucher, il vaut mieux que je repasse par là pour checker !:)

Bon et un moment où tu as envie de larguer tes enfants pour fuir loin avec mojito ? Heuu , sans doute le soir entre 18H et 20H, “pendant le tunnel de l’enfer” (expression empruntée à une copine Instagrammeuse haha), quand je suis seule avec les 3 aussi le matin, et que ça part en cacahuètes ! Que j’ai mon fils en slip qui danse, mon aînée qui négocie ses habits, et ma dernière qui se roule par terre ?

Mais pas bien grave, je suis hyper forte pour me servir un apéro le soir pour décompresser !

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L’interview de la serialmother : Solveig Foucher, auteure et chargée de prod

J’ai connu Solveig sur ma page Serialmother. Un message par ci, un message par là, on est devenues des copines 2.0.

Solveig est maman de 3 ans enfants, a un humour formidable et une pêche folle. Elle est chargée de prod mais elle écrit aussi et vient de faire paraitre un essai génial sur la parentalité “Mères vaillantes, rien d’impossible” .Alors qu’elle prépare un roman, un livre pour enfant, elle a pris le temps de répondre à mes questions !

SERIAL CV

Nom                 Foucher

Prénom           Solveig

Age                     39 ans

Situation de famille ?   Mariée

Métier ?    Chargée de prod et auteure

Noms et prénoms des enfants ? Eléanor 8 ans, Lancelot 5 ans et demi, Mahaut 3 ans. Oui les prénoms originaux, c’est  notre passion !

Surnoms que tu leur donnes ? Elé (car Eléanor c’est long !😊, Lance ou Lancelounet (ah bah mince c’est super long du coup), Mahaut (ou ma Bibi, ma Mimi, toute syllabe mimi fait l’affaire).

SERIAL QUESTIONS

Tu viens de publier un livre qui parle d’éducation, un essai global et pédagogique sur la parentalité. Dirais tu que les enfants d’aujourd’hui sont des enfants rois ou on t-on dépassé cela ? Je ne vais pas me faire d’amis, mais je trouve que notre génération actuelle tend vers une extrême indulgence éducative qui me fait un peu peur, et qui fait parfois penser à l’enfant roi oui. La bienveillance pour nos enfants, oui évidemment, mais le cadre et le rappel des règles me semblent primordiaux pour que l’enfant puisse vivre en communauté de manière sereine et adaptée. Je pense qu’il est important aussi de ne pas oublier les parents dans l’histoire et d’être indulgent aussi avec eux.

C’est quoi être un bon parent selon toi ? Un bon parent, déjà, c’est être soi, c’est ne pas se mettre une quelconque pression, ne pas se comparer aux autres. Votre instinct, vous l’avez sans doute déjà, vous faites comme vous pouvez. Je ne suis personne pour dire ce qu’est un bon parent. C’est la mère “suffisamment bonne” décrite par Winnicott, ni trop, ni pas assez. Et si vous êtes “trop”, je vous renvoie à la citation de Boris Cyrulnik que j’adore “On ne négocie pas avec le désir d’une mère”.

Bref, vous êtes le bon parent pour votre enfant. Ne laissez personne vous dire le contraire ! Le plus important est sans doute de lui donner tout votre amour, malgré les difficultés, secret d’un attachement “sécure”. Et si parfois vous n’y arrivez pas, soyez indulgent avec vous-même. Il n’y a rien de plus difficile que d’être parent.

Et par temps de covid, confinement on père tous les plombs et nos enfants avec, qu’en dis tu ? Perso, je trouve le Covid et le confinement super pénibles car je ne suis pas du tout casanière, j’adore sortir, voir mes amis, je suis du genre hyperactive. L’entre soi, rester exclusivement avec mon mari et mes enfants, ça m’angoisse ! C’est mon côté indépendant et égoïste, même si je les adore !

Je pense surtout à ceux qui morflent plus que nous, confinés dans des espaces petits, qui ont perdu leur travail… Je n’ai donc plus qu’à me taire et faire des gäteaux avec les enfants, ça passera !

Tu as écrit d’autres livres, raconte ! J’ai un second livre qui va sortir aux Editions Fauves, beaucoup plus personnel, mais qui parle toujours de maternité. Cette fois-ci, j’y parle de ma propre histoire, et de ma maman surtout. Je t’en dirai plus quand il sortira 😊

J’ai écrit aussi des livres jeunesse en attente de publication.

J’ai aussi un compte Instagram Peaceandfamily_ où je parle de bonheur et de parentalité.

Et entre le travail et ton « rôle » de maman, ça se passe comment ? Très bien, car j’ai la chance d’avoir un boulot assez flexible et de faire beaucoup de télétravail, très pratique quand il faut aller chercher les chouchoux malades à l’école !

C’est quoi tes projets? Publier mon deuxième livre et mes livres jeunesse. Je commence à écrire un livre aussi sur la charge mentale.

Qu’est ce qui te rend le plus fier de ton/tes enfants ? Leur joie, leur enthousiasme, leur capacité à exprimer leurs émotions, bonnes comme mauvaises.

Que veux-tu leur transmettre ? Mon éternel optimisme. Je veux leur donner les clefs du bonheur et de la confiance en soi.

Un rituel du soir ? C’est beaucoup papa qui s’occupe des enfants le soir et de leur coucher. (Car je gère beaucoup le matin). Alors son rituel à lui, c’est jouer, car il adore jouer avec ses enfants, jouer au foot dans le couloir par exemple ! (comme ça ils transpirent bien après leurs douches ! Haha) puis leur lire des histoires. C’est un papa au top ! Par contre, j’avoue, tout ce qui est couches, crèmes et petits soins avant le coucher, il vaut mieux que je repasse par là pour checker !:)

Bon et un moment où tu as envie de larguer tes enfants pour fuir loin avec mojito ? Heuu , sans doute le soir entre 18H et 20H, “pendant le tunnel de l’enfer” (expression empruntée à une copine Instagrammeuse haha), quand je suis seule avec les 3 aussi le matin, et que ça part en cacahuètes ! Que j’ai mon fils en slip qui danse, mon aînée qui négocie ses habits, et ma dernière qui se roule par terre ?

Mais pas bien grave, je suis hyper forte pour me servir un apéro le soir pour décompresser !

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On s’adapte

Hier soir passait le film “Le sens de la fête” avec une armée d’acteurs divins dont le déjà regretté Jean-Pierre Bacri.

J’avais déjà vu ce film 3 fois mais c’est hier soir, à la quatrième fois, que j’ai remarqué la phrase que brandit sans cesse Bacri (organisateur d’évènements dans le film) : “On s’adapte.”

Je me suis dit alors que ce “on s’adapte” c’est nous. Depuis quasiment un an on s’adapte.

Mets ton masque. Enlève ton masque.Mets en un en tissu. Fabrique le. Non pas les masques en tissu.

On s’adapte.

Va à l’école. N’y va pas. Va étudier. Ouvre ta boutique. Ferme la. Fais du click &collect. Lis des livres mais ne va pas sur Amazon. Va à la librairie mais elle est fermée.

On s’adapte.

Bosse. Fais l’école à tes gosses. Fais les lire. Joue avec eux. Rassure les. Non et puis dis leur que rien n’est grave. Tout va s’arranger. Ah non pas tout de suite.

On s’adapte.

Partez cet été. Allez au resto. Fermons les restos. 22H ce sera assez. Non 20H. Et puis non, 18H. On confine. On déconfine.On reconfine. Ce commerce est essentiel. Pas ce lui ci. Bâchons les rayons livres de la FNAC. Mais allez donc à la chasse.

On s’adapte.

N’allez pas rendre visite à vos aînés. Mais sauvons les. N’allez SURTOUT pas les voir avant qu’ils soient vaccinés. On n’a pas de vaccins. Si on en a. Vaccine toi. Pas tout de suite. Attendons de voir. Prends plus d’advil. Tu connais la chloroquine.

On s’adapte.

Partez au ski. On ferme les stations. Faites marcher le commerce. Non on ferme. Prenez le métro. Ne vous parlez plus dans les transports. Ca va pas durer. Ah finalement fin 2021 éventuellement on verra le bout du tunnel.

On s’adapte.

Pauvres étudiants. Pas a plus de 6. Fêtez Noël. Mais pas dans la même pièce. Faites des zoom. Oublie pas ton autorisation de sortie. Ne la charge pas t’es dingue on te flique. Cultive toi. N’ouvrons pas les théâtres.

On s’adapte.

Ne vous inquiétez pas. On va tous mourir. On maitrise la situation. On est dans la merde. On a moins de morts que nos voisins. Les Chinois nous mentent. Suivons l’exemple anglais. Ah non l’allemand. Ah non le suisse. Ah non aucun exemple.

On s’adapte.

Les enfants ne craignent rien. Pas de masques avant 6 ans. Il FAUT un masque aux gamins. L’école à mi temps c’est LA solution. Arrêtons la fac. Prenez soin des vôtres. Ne voyez personne.

On s’adapte.

On est du côté de la vie. On va tous mourir. Ayez confiance. N’écoutez que vous.

On s’adapte.

On s’adapte.

On s’adapte.

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L’interview de la serialmother : Amélie Challéat, maman d’une grande prématurée

Parfois on se promène sur les réseaux sociaux et on s’arrête devant une page qu’on aime bien. Alors on regarde chaque photo, on se dit que la personne qui est derrière a l’air sympa, drôle, vive. Ca m’est arrivé avec le compte IG @verygoodmother. Je trouvais la page fun et décomplexante.

Puis j’ai découvert que la very good mother tenait une autre page, la sienne @Ameliechalleat. Une fille belle, si belle. Solaire, si solaire. Drôle, si drôle. Rayonnante, si rayonnante. Souriante, si souriante.

Bref une bombe.

Il ya quelques semaines Amélie a accouché à 26 semaines de grossesse de son deuxième enfant, une petite fille, Shéérazade. 26 semaines c’est trop tôt alors depuis la petite se bat aux côtés de ses parents, pour vivre. Moi je suis suspendue aux stories d’Amélie, je guette toutes les bonnes nouvelles et je prie pour que cette petite Shéérazade aille mieux ! Amélie rend compte avec beaucoup de délicatesse de ce qu’elle et son compagnon Hamza vivent depuis presque 60 jours.

Alors j’ai décidé d’écrire à Amélie pour lui proposer une interview et, malgré ce qu’elle traverse en ce moment, malgré le temps suspendu et la peur, elle a répondu.

Merci Amélie et longue et heureuse vie à la princesse Shéérazade.

Nom Challéat

Prénom Amélie

Age36 ans

Situation de famille ? J’ai l’immense bonheur d’avoir fondé une famille recomposée. J’ai eu un enfant, Léonard, d’une précédente relation, il y a 11 ans.J’ai vécu des années de mère célibataire.Je suis en couple depuis 1 an et demi avec mon amoureux Hamza, le papa de Shéérazade qui vient de naitre.

Prénom et âge des enfants ?

Léonard qui a 11 ans et Shéérazade née à 26 semaines de grossesse, qui a aujourd’hui 54 jours.

Métier ?

Directrice de la Communication de la marque Kérastase à l’International

Tu viens d’accoucher d’une petite fille née prématurée. Raconte-nous.

Mon dieu… Je pourrais écrire un roman, tellement nous sommes en train de vivre une aventure extra-ordinaire. Pardon ma réponse va certainement être trop longue.

Shéérazade est arrivée dans nos vies lorsque je suis tombée enceinte en plein confinement en avril 2020. La grossesse se passait plutôt bien. Les contrôles ne montraient aucune anomalie. Je me sentais bien physiquement, mais je sentais une angoisse qui ne me lâchait pas. Je n’arrêtais pas de dire à mon mec, sans vraie raison que nous n’étions « pas assez prêts ». Avec le recul j’y vois un signe. J’étais à 4 mois de grossesse, il n’y avait rien à préparer de spécial à ce terme. Je faisais les examens nécessaires en temps et en heure. Rien à signaler.

A part cette angoisse qui ne me lâchait pas… Je n’arrivais par exemple pas à me décider : je voulais accoucher de manière plus naturelle et moins médicalisée que la première fois. Je me renseignais sur les maisons de naissance par exemple, j‘étais fascinée par les accouchement à la maison dans des piscines… Mais j’avais cette petite voie intérieure qui me disait qu’il fallait accoucher dans un hôpital de niveau 3… Je mettais ces angoisses sur le compte de ces fameuses hormones de grossesse. Sentiment étrange d’autant plus que j’ai déjà un fils de 11 ans et qu’on ne peut pas dire que je sois une mère de nature stressée… Mon conjoint hyper investi, présent et heureux d’être papa ne cessait de me répéter « tout va bien se passer ».

Tout a basculé le weekend du 13 septembre 2020.

Je suis à 22 semaines de grossesse. Nous faisons la deuxième échographie de contrôle, le Vendredi 10 septembre en fin d’après-midi, dans un cabinet à Paris. C’est une fille ! C’est génial on a déjà le prénom : Shéérazade. Tout est normal. Tout va bien. Le bébé est bien placé, le cœur bat. Les mesures sont normales. Mon utérus est nickel. Nous demandons à l’échographe si nous pouvons bien prendre la route le soir même, pour nous rendre au baptême de mon filleul à Lyon. Elle nous dit qu’il n’y a pas de problème. Nous prenons la route.

Pendant le weekend, je suis contrariée en permanence sans aucune raison… Le Dimanche, nous allons au baptême, et juste avant le déjeuner de famille : le cauchemar. Je vais au toilette car je sens que je suis humide. Et là je découvre ma culotte est remplie de sang. Beaucoup de sang. Une vision d’horreur pour n’importe qu’elle femme enceinte. Je sais immédiatement que je suis en train de perdre mon bébé.

Ensuite ça s’enchaine. On appelle le Samu, je suis en larmes, j’essaie de respirer calmement sans y arriver, je suis transférée à l’hôpital. Je perds de plus en plus de sang, les contractions se rapprochent et font de plus en plus mal. Je suis en train de faire une fausse couche tardive. Le placenta est sur le col, j’ai un hématome de 13 cm dans l’utérus. On ne comprend pas ce qu’il se passe. Tout bascule. Pourquoi ? Comment cet hématome est apparu ? L’échographie était nickel Vendredi… Pas de réponse…

Je suis hospitalisée en grossesse pathologique à l’hôpital HFME Lyon. Alitement strict. Tout le temps. Transfert impossible à Paris. « Madame votre bébé a 22 semaines, il n’est pas viable. Si vous continuez à saigner, vous pouvez faire une hémorragie interne ce qui voudrait dire que nous devrions sortir le bébé pour vous sauver. Si les contractions continuent, l’hématome peut briser la poche des eaux, et provoquer un accouchement prématuré. Dans tous les cas nous ne le réanimerons pas avant 24 semaines de grossesse. ».
On tient comme ça 4 semaines à l’hôpital. On doit se battre pour qu’Hamza ait le droit de rester dans ma chambre. 4 semaines d’attente, 4 semaines avec une épée Damoclès au-dessus de la tête à ne pas savoir si notre bébé va tenir dans mon ventre.

Et puis un jour, sans raison, le cauchemar reprend… Un matin, les contractions reprennent, de plus en plus intenses, de plus en plus rapprochées. 48h de contractions qui s’enchainent malgré le tractocyl censé les calmer. L’hématome fini par s’évacuer mais il met tout le corps en travail, le col s’est réduit, notre bébé est en siège… En 30 minutes la situation dégénère, la gynécologue de garde me fait une échographie en urgence et m’annonce que j’aurai accouchée dans 1H. Nous sommes le 10/10/2020, Hamza est parti cherché mon fils Léonard à la gare pour qu’il vienne nous voir. Il faut qu’Hamza revienne vite.

Et puis j’accouche, je pleure dans mon masque, je répète que c’est trop tôt, Hamza n’a pas le droit de venir en salle de naissance, je sens qu’on arrache mon bébé de mon ventre, je ne peux pas la voir, elle part directement en réanimation. Et c’est là que le vrai combat a commencé.

Parle de nous de Shéerazade, quelle petite fille est-elle ?

Shéérazade est la personne la plus forte que j’ai rencontré dans ma vie.

Elle faisait 880g à sa naissance, est descendue à 800 g. Elle revient d’un endroit indescriptible, un endroit où aucun parent ne voudrait voir son enfant. Ses premiers jours c’était très impressionnants de la voir si petite, fragile, maigre… Branchée à 1000 machines, avec un gros casque sur la tête et un tuyau envoyant de l’oxygène sous pression pour l’aider à respirer, une voie centrale jusqu’au cœur pour la « doper », une sonde jusque dans l’estomac pour la nourrir… Des électrodes partout pour mesurer les battements de son coeur, l’oxygène dans son sang, sa respiration…

Elle s’est battue pour fermer une valve dans son cœur, sans quoi elle n’aurait pas survécu. Au bout de 6 semaines de réanimation, les docteurs ne voyaient pas d’autre issue qu’une opération du cœur, risquée sur un si petit bébé… Quelques heures avant de l’intuber et de faire l’anesthésie générale, lors de la toute dernière échographie de contrôle, on s’est rendu compte qu’elle avait fini par refermer sa valve toute seule !

Les jours ont passé, les « malaises » et les « bêtises » (vocabulaire pudique pour dire « arrêt cardiaque », « détresse respiratoire ») se sont espacés, elle a grossi et a dépassé les 1kg500, déjà une victoire.

Aujourd’hui en soins intensifs, elle se bat encore chaque jour pour faire des choses aussi vitales que maintenir son rythme cardiaque, respirer, digérer… Tout ce qui semble normal chez un bébé est un combat pour elle.

Mais elle a une envie de vivre indescriptible, une présence si forte… La première mise au sein a pu se faire tôt, et la voir, si petite, moins d’1kg… La voir ouvrir la bouche, prendre le sein et téter, en ayant les yeux ouverts, même quelques minutes c’était incroyablement fort. J’ai compris que cette enfant pourrait conquérir le monde. Voilà ce qu’a vécu ma si petite fille depuis presque 2 mois, alors qu’elle devrait encore être dans mon ventre. Et dans tout cela, je ne vois qu’une force infinie, une détermination sans faille et un amour puissant…

Comment se passent ses/tes journées ?

Nous sommes à Lyon depuis presque 3 mois. Je n’étais pas transférable. Shéérazade ne l’est pas non plus. Nous sommes loin de notre foyer, de nos amis, de nos repères et surtout de mon fils Léonard qui a 11 ans et qui a dû retourner à Paris pour poursuivre son année de 6ème. Heureusement la famille prend le relais sur ce point, mais être séparé 3 mois de son enfant et être au chevet de son autre enfant, c’est sacrément éprouvant.

Ici, tous les jours sont les mêmes. Il n’y a plus de semaine et de week-end.

On est dans une routine, en binôme (en vase clos même), avec son papa Hamza. Certains pères doivent repartir travailler, je ne sais pas comment font les mères pour affronter ce quotidien seule. J’en aurais été incapable.  

Chaque jour qui passe est un jour de plus, donc une victoire.

Nous sommes logés à la Maison du Petit Monde, au sein de l’hôpital, qui accueille les familles des enfants hospitalisés (merci les opérations des pièces jaunes, et merci la France car notre mutuelle prend en charge le logement). Cela nous permet d’être toujours à 5 minutes de Shéérazade.

Nous passons toutes nos journées et une partie de la nuit auprès d’elle. Surtout au début. Les médecins le disent : la présence des parents est indispensable pour que les bébés se battent et ne se laissent pas aller. Ça semble fou quand on voit ce si petit être dans sa couveuse qui ne voit rien, n’entend certainement pas grand-chose parmi les bruits des machines et les alarmes qui sonnent toutes les 5 minutes, ce petit être qu’on touche à peine de peur de le briser… Et bien si, elle sentait tout, le lien s’est fait instantanément, aussi incroyable que cela puisse paraitre…

Nos journées sont rythmées par les soins (toutes les 3h) auxquels nous participons quand nous ne dormons pas: prise de température, changement de couche (il faut être sacrément habile entre toutes les électrodes, les capteurs, et ne pas stresser quand les alarmes sonnent car elle arrête de respirer à cause d’un mouvement trop brusque de notre part), changement de capteur d’oxygène, et plus récemment bain ! Nous faisons aussi des « peau à peau » tous les jours : on la prend contre notre torse nu à tour de rôle pour qu’elle sente les battements de nos cœurs et notre chaleur. J’essaie aussi de la mettre au sein régulièrement, pour 5 minutes souvent, pour quelques millilitres seulement. Mais je suis déterminée, je tire mon lait, on va y arriver. C’est notre lien.

Le reste du temps on la contemple dormir en essayant de déceler ses expressions, en essayant de calmer ses douleurs par des comptines entêtantes et des histoires orientales. Bien sûr, nous lui lisons les 1001 nuits.

Dans ces journées, le monde extérieur n’existe plus, les téléphones sont en mode avion. Nous avons plongé dans un monde parallèle hyper médicalisé, rempli de sentiments contradictoires, où nous haïssons ces machines qui nous éloignent de notre enfant, et où dans le même temps, nous les bénissons chaque seconde de la maintenir en vie.

On croise les autres parents (il y a jusqu’à 8 bébés dans une salle de réa), et parfois on lie des liens très forts avec eux. On partage les parcours de nos bébés, on se rassure, s’encourage, se félicite. On se console ou on se laisse tranquille, pudiquement, quand on est en larmes dans le couloir suite à un nouveau diagnostique.  Parfois, et c’est le plus dur, on sait que c’est fini, que le bébé des autres n’est plus dans la salle de réanimation le matin, qu’il est parti dans la nuit.

Ce sont donc des journées hyper répétitives qui sont de vraies montagnes russes. En une même journée, notre bébé peut progresser et quelques heures après son pronostic vital peut de nouveau être engagé. J’ai souvent eu le sentiment que mon bébé jouait à la roulette russe tous les jours. C’est insupportable. Et pendant 45 jours c’est insupportablement long. Depuis qu’on est en soins intensifs, cette dernière semaine, c’est moins stressant. Les journées se ressemblent encore beaucoup mais les alarmes sonnent moins, la mort s’éloigne peu à peu pour laisser place à l’espoir.

Est-ce que la covid change quelque chose dans ce moment ?

Clairement. Il ne faut surtout pas qu’on attrape le Co-Vid : si on l’attrape on ne peut pas aller voir Shéérazade à l’hôpital pendant au moins 7 jours, ce qui serait une catastrophe. La dernière fois que nous avons dû faire un test covid, nous n’avons pas pu la voir pendant 24h, temps pendant lequel son état s’est tellement dégradé qu’elle a dû être transfusée… 7 jours en néonatologie c’est une vie… Donc cela rajoute un stress immense au stress déjà très fort de l’hospitalisation en réanimation et en soins intensifs.

Au sein du service les règles d’hygiène sont drastiques car les bébés ont des systèmes immunitaires très faibles. On sent les soignants sur leurs gardes car si le virus se propageait dans le service, ce serait catastrophique.

Côté santé mentale, on ne peut voir personne. En temps normal, on conseille aux parents d’enfants prématurés de se faire entourer de la famille, des amis, de voir du monde, de se faire un bon resto, de se changer les idées pour sortir du cercle de l’hôpital. Là, l’éloignement géographique et le Co-Vid rendent tout cela impossible.

Enfin, maintenant que Shéérazade est plus stable nous attendons d’être transférés à Necker, mais le Samu priorise les transferts Co-vid, nous ne savons donc pas quand nous pourrons rentrer à Paris.

Tu as le droit de sortir toi ?

Oui mais dans les faits, nous sommes logés à l’hôpital, nous sommes loin de chez nous, le reste du pays est confiné… Nous n’avons aucune raison de sortir. Et pour tout dire, nous ne prendrions pas le risque. Nous sortons uniquement pour faire quelques courses. Mais même faire un tour dans un parc c’est compliqué pour moi pour l’instant. Je suis collée à Shéérazade. Elle devrait être dans mon ventre à l’heure actuelle, et je n’arrive pas à me dire que je vais prendre du temps de « loisir », même si c’est pour m’aérer. Je m’échappe mentalement sur les réseaux sociaux, ou à travers l’écriture.

Parle nous du personnel hospitalier dont tu parles avec amour sur ton compte IG ?

Nous sommes pendus au mots des médecins, guettons leurs regards et expressions lors des examens quotidiens. Nous apprenons des infirmières puéricultrices capables de réanimer notre fille avec dextérité et sang-froid en quelques précieuses secondes, et de la rassurer avec la plus grande douceur et empathie. Ces femmes (et parfois ces hommes) sont les héroïnes de notre quotidien. 

Il faut se rendre compte qu’une infirmière puéricultrice va certes changer des couches et nourrir un bébé hospitalisé, mais elle va aussi procéder à un tas d’actes médicaux hyper précis, comme poser des cathéters, des voies centrales, faire des soins stériles, ou encore tout simplement réanimer et sauver la vie des bébés. Elle fait des gardes de 12h, chacune s’occupe de 3 bébés en permanence, dont certains avec des pathologies hyper graves, elle réconforte les bébés, alerte les médecins si leur état se dégrade, accompagne les parents dans leurs premiers gestes avec leurs bébés, et aussi parfois dans leurs derniers… Ces femmes ont un salaire de misère et très peu de reconnaissance. Je n’en n’avais honnêtement pas conscience. C’est absolument injuste.

J’ai lu dans le dernier roman de Virginie Grimaldi (et que ne durent que nos doux moments) que des câlineuses pouvaient venir faire des câlins les prémat ? C’est le cas avec Shéerazade ?

Dans ce service de néonatologie, ce sont les infirmières puéricultrices, qui lorsqu’elles ont des « pauses », souvent sur les gardes de nuit, bercent les bébés dont les parents ne viennent pas souvent. Ce sont des moments magiques, d’une très grande humanité.

Le contact humain et charnel favorise la sécurisation et le développement cérébral du bébé. En général ça se voit tout de suite sur le scope, le rythme cardiaque se régule et le taux d’oxygène remonte et se stabilise. L’amour soigne…
Mais quand les parents sont là aussi souvent que nous, c’est nous qui faisons les câlins ! Et autant dire qu’on se bat pour en faire le plus possible !

Comment réagit ton fils à tout cela ?

Léonard, mon fils, est l’enfant le plus sympa et gentil et résilient et fort au monde. Et je ne dis pas cela juste parce que je suis sa mère. Je ne sais pas par quel miracle cet être humain est mon fils.

C’est évidemment très dur pour lui. Nous sommes séparés depuis 3 mois, nous n’avons jamais été séparé aussi longtemps. Il a fait sa rentrée en 6ème, il comprend que sa petite sœur se bat pour vivre, le coronavirus est partout… Franchement quelle angoisse pour un enfant de 11 ans !

Nous parlons tous les jours au téléphone, on lui explique les choses, sans se perdre dans les détails flippants, mais c’est important qu’il comprenne le pourquoi de la situation. Et on a beaucoup de chance. Il comprend. Il demande toujours comment va sa petite sœur, il lui a fait des dessins pour mettre dans sa couveuse (nous parlons aussi beaucoup de Léonard à Shéérazade). Il nous ramène des 19/20 du collège… Bref il fait tout pour nous faciliter la vie. Mais là vraiment je ne vais pas te cacher que ça commence à faire très long et que je rêve de le serrer dans mes bras.

Quels sont les comptes IG que tu suis le plus ?

@blissstories – le podcast des wonder mums

@josepha_raphard – la mum feel good

@akcollins – une mum et son fils handicapé qui débordent de good vibes

@laurenbastide – la féministe de mon coeur

@annaroy75 – ma sage-femme engagée

@wolinskiki – la marraine de cœur de Shéérazade grâce à qui j’ai rencontré mon mec

@tajinebanane- la marque mifa de milk mums

@modetrotter – une marque canon d’une amie de mon cœur Marie Courroy

@marie_papillon – pour rire et rire et rire encore

@rf_lewis – les meilleurs mèmes d’internet

@raphaelglucksmann – le futur de notre pays j’espère

@groundeffect – les meilleurs œuvres d’art, pour dénicher le futur Basquiat

@theverygoodmother – autopromo de mon compte de mèmes actuellement un peu à l’arrêt mais qui reprendra un jour ou l’autre

Ton rêve là tout de suite ?

Passer un dimanche après-midi sur mon canapé avec ma fille Shéérazade, mon fils Léonard et mon mec Hamza. J’en pleurerais tellement c’est mon plus grand rêve actuellement. C’est ce que je visualise quand je ne sais plus où j’en suis, quoi faire, quoi croire, comment me comporter pour être forte. Je nous vois réunis tous les quatre. Le bonheur.

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L’interview de la maman reconfinée : Sarah Barukh, écrivaine

Un jour, une écrivaine, et non des moindres, m’écrit sur Instagram.

C’était durant le confinement, en avril. Depuis Sarah Barukh et moi sommes devenus des copines virtuelles mais nous avons fixé de prendre un café après la fin du monde.

Sarah est l’auteure de plusieurs romans à succès (Elle voulait juste marcher tout droit, Le cas zéro, Envole Moi) et sortira le prochain en mars ! Elle est aussi la maman d’une petite fille. Elle me dit tout, tout, tout ! (ou presque)

SERIALCV

Nom Barukh    

Prénom  Sarah

Age 40 ans

Situation de famille ? J’ai une petite fille Lalah, de 21 mois et je suis séparée de son papa.

Métier ? Ecrivaine, prof et deux-trois autres choses…

Lieu de reconfinement ? Paris !

SERIALQUESTIONS

Comment se passent tes journées en ce moment ? On ne me croira peut-être pas mais j’ai des journées de 43 heures ! Ma fille se lève très tôt donc j’attaque à l’aube et je jongle pour caler les rdv, les tâches domestiques, les travaux qui nécessitent une concentration immédiate et ceux où je me mets dans une bulle hors du temps, pour écrire notamment. Départ à la crèche, sortie de la crèche, le trio dîner-bain-dodo de ma petite chérie et une fois qu’elle dort, je m’autorise 2h de glande à écouter des podcasts ou regarder des séries. Franchement, je ne sais pas comment les mamans de plusieurs enfants font. Vous avez mon respect le plus total !

Comment s’est passé le confinement numéro 1 ? C’était difficile. J’étais confinée dans les années 50, comme la plupart des femmes. Au départ, j’étais soulagée que le temps s’arrête, moi qui suis toujours angoissée de ne pas en faire assez ou assez vite… Mais cette idée de « je vais me recentrer sur l’essentiel, me concentrer sur ce que j’ai etc etc » s’est étiolée vers le 4ème jour, aux alentours du 16ème repas préparé et de la 42ème machine de linge !

Et celui ci ? A vrai dire le 1er confinement a eu des conséquences importantes dans ma vie. Je me suis séparée du père de ma fille, pas uniquement à cause de ça bien sûr, mais le huis-clos a eu un effet révélateur. Mon travail et mes projets en ont également pâti.

J’ai très mal vécu l’annonce de ce nouveau confinement. J’ai fait quelques crises de panique au départ à l’idée de revivre tout ça. Mais une fois encore, on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau…

Après on va dire que les éléments n’étaient pas tout à fait avec moi… : mes parents sont à risque et ne peuvent pas m’aider ni me voir, je n’ai pas eu de place en crèche à cause d’un bug de la mairie alors que je suis censée être prioritaire, je me suis cassé un morceau de cheville… Bref, j’ai eu la totale et je me suis sentie très seule.

Cela dit, quand je parle avec des proches et des moins proches, je me rends compte qu’on est beaucoup à subir psychologiquement les effets de cette année…

Le truc le plus inattendu que tu as fait depuis le début des confinements ? J’ai posté des versions stupides de chansons sur les RS et je prends des cours de gym sur zoom avec ma mère et son coach. Comme on ne se voit pas en vrai, on s’est créé ce petit rendez-vous.

Qu’est ce qui te manque le plus ? Je n’ai jamais été légère donc je ne vais pas dire un sentiment de légèreté au quotidien mais une forme de liberté peut-être.

Le premier truc que tu auras envie de faire après ? Emmener ma fille à Eurodisney.

Les 3 comptes IG et/ou FB que tu adores suivre depuis le confinement ? J’aurais bien dit le tien mais je le suivais déjà avant ! Au risque de paraître rabat-joie, je suis le compte IG Féminicide par compagnon/ex qui dénombre chaque féminicide et en explique les circonstances. Le confinement a été effroyable pour les femmes et les enfants maltraités, les violences ont explosé et je pense qu’il est essentiel d’en parler, de montrer ce que ça représente un meurtre tous les trois jours…

Et sinon je parle davantage avec les personnes que je suis et qui me suivent, plus que de m’abonner à de nouveaux comptes.

Tu es écrivaine. Parle nous des tes livres. J’essaie de raconter des histoires de personnes ordinaires qui sont confrontées à des situations exceptionnelles. Il y a toujours un fond historique ou social dans ce que j’écris. Je pense que tout a été traité, qu’on raconte toujours un peu les mêmes histoires au cinéma ou en littérature, ce qui change, c’est l’angle et la façon de relater, la singularité du regard.

Mon 1er roman racontait l’histoire d’une petite fille dans l’immédiat après-guerre, qui va devoir traverser le monde pour retrouver sa mère. Le 2ème racontait le dilemme d’un jeune médecin pour qui soigner est une raison de vivre, face au premier cas de SIDA en France au début des années 80. Le 3ème se focalisait sur le destin de deux femmes qui se sont connues enfants dans un quartier défavorisé de Paris, et qui peinent à mettre derrière elle ce qu’elles y ont traversé pour avancer. Quant au prochain, rendez-vous en mars pour le découvrir !

As tu un rituel d’écriture ? Pas vraiment. En réalité, d’une façon générale, les rituels me mettent la pression donc j’évite. (torturée vous avez dit ?!)

Des projets d’écriture en ce moment ? Oui ! Mon prochain roman sort début mars… Et je développe celui d’après.

Le confinement ça t’aide pour bosser ou pas trop ? Non, c’est même plutôt le contraire… Le 1er avec un bébé H24 c’était juste impossible, et aujourd’hui, la plupart des gens ont le moral en berne donc tout est ralenti, incertain, il faut beaucoup d’énergie pour compenser l’ambiance générale.

Tu organises une cagnotte pour distribuer des livres à des enfants/ado lors des périodes de Noël. Raconte-nous ! Oui j’ai appelé ça le Jingle Book, c’est une collecte de livres destinés aux plus démunis. Chacun écrit un petit mot à l’intérieur des ouvrages pour l’enfant ou l’ado qui va le recevoir. Le Secours Populaire se chargera de la distribution. Je voulais permettre à ceux qui en ont le plus besoin de découvrir tout ce qu’un livre peut donner, cet espace rien qu’à soi, ce monde des possibles, ces personnages qui nous accompagnent parfois toute la vie. Quant aux dédicaces, c’est une façon de créer du lien humain dans le lien de la lecture, la preuve que quelqu’un a pensé à toi.

On envoie où les livres ? Chez mon libraire partenaire :

Librairie Henri IV

Collecte Sarah

15 boulevard Henri IV

75004

Paris

Revenons en a la maternité…Ta plus grosse remise en question de maman ? Je ne pensais pas douter à ce point de tout mais c’est pourtant le cas… J’ai allaité ma fille et son sevrage a été un cauchemar, je m’en suis terriblement voulu. Elle se réveille très très tôt, TOUS les jours et là encore, je me dis que c’est de ma faute. J’ai toujours eu des problèmes d’excédents de poids et elle ne mange pas beaucoup alors j’ai peur de lui avoir transmis mes angoisses inconsciemment… Bref, absolument tout est bon pour culpabiliser !

La fois où tu as eu envie de brader ton enfant pour partir sur une île avec Bradley Cooper ? Je vais vous avouer l’inavouable mais chaque fois qu’elle crie pour commencer sa journée à 4h32 le matin, que RIEN ne la rendort, je rêve de surdité…

Tu lis quoi le soir comme histoire ? En ce moment on est en pleine période Tchoupi, Simon et les aventures d’Archibald (Mon amour, Papa m’a dit etc) qu’elle aime beaucoup. Mais l’histoire qu’elle préfère, c’est quand je lui raconte sa naissance… Je passe beaucoup de temps à lui décrire comment elle a grandi dans mon ventre, les petits coups qu’elle donnait pour communiquer et le moment où elle a voulu nous rencontrer en vrai son père et moi… Elle adore !

Et la berceuse, c’est laquelle ? Ma grand-mère me chantait toujours une vieille berceuse yiddish. Quand j’étais enceinte, j’ai voulu écrire des nouvelles paroles sur cet air, que ce soit rien que pour elle et moi tout en englobant un héritage, qu’elle reconnaisse aussi cette chanson comme un signe entre nous, établi depuis toujours. Et ça marche !

Que souhaites tu transmettre à tes enfants ? J’aimerais que ma fille sache être douce malgré la dureté du monde, qu’elle puisse être libre, qu’elle arrive à croire en elle. Qu’elle devienne ce qu’elle est avec le moins de peur et culpabilité possible.

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