L’interview de la maman déconfinée, Caroline Caen alias Miss Bêtises

Caroline est une de mes meilleures amies. On s’est connues dans un open space il y a 14 ans alors que je n’avais encore qu’un seul enfant et elle aucun. Lorsqu’on s’est mises à chanter du Brel, du Barbara, du Reggiani et du Cloclo on a su qu’on deviendraient amies.

Depuis nous ne sommes plus dans un open space, elle a une fille, moi 3 autres enfants et on se retrouve régulièrement pour un week-end entre filles ou une soirée à chanter.

A côté de son boulot, elle a créé le compte de chansons parodiques Miss Bêtises sur Instagram. Je vous conseille d’aller y faire un tour et même de vous abonner !

Comment a t-elle vécu ce confinement ? Elle me dit tout.

Nom  CAEN

Prénom Caroline

Age 40 ans

Situation de famille ? En couple, une fille

Age de ta fille ? 6 ans

Métier ? DirCom dans une agence media 

Lieu de confinement ? Un endroit qui ne figure même pas sur Google Earth / Gadancourt – Dans le Val D’oise

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? J’avoue que ça m’a serré le cœur lorsque le président a fait l’annonce. J’ai pensé que la situation était grave. La fermeture des écoles m’a particulièrement choquée. Que notre système éducatif soit ainsi impacté, j’ai pensé qu’on traversait quelque chose de vraiment sérieux. Que nos enfants ne puissent plus (pour un temps indéterminé) apprendre, rire et s’amuser avec leurs camarades, c’est frapper au cœur même de ce qui construit notre société.

Ensuite, tout est allé très vite, on a préparé les sacs pour se confiner à la campagne. On a eu cette immense chance d’avoir cette alternative. Le départ ressemblait à une fuite précipitée. J’ai vidé tous nos tiroirs directement dans nos valises sans même faire le tri. J’ai tout pris, de peur d’oublier quelque chose. On a évidemment embarqué avec nous nos deux tortues et notre poisson rouge. Impossible qu’ils ne traversent pas cette aventure avec nous.

Elisa a préparé son petit sac à dos avec ses peluches préférées. Nous avons essayé de ne pas l’affoler. Pour Elisa, ça sonnait plus comme une aventure et la fin de l’école, une sorte de miracle inespéré.

Très étrange, en claquant la porte de l’appartement, presque vide, j’avais le sentiment qu’on ne reviendrait jamais. J’ai voyagé dans notre voiture débordante de sacs et de provisions, avec l’aquarium des tortues sur les genoux. Epique, surtout pour elles. 

Déconfinée maintenant ?Après le 11 mai, nous sommes restés à la campagne. Donc je ne me sentais pas vraiment déconfinée. Rien de ma vie quotidienne n’avait à ce moment réellement changé si ce n’est une après midi « parenthèse bucolique » où j’ai pu revoir de très proches amies. On n’a pas pensé au Corona ce jour là. C’était une journée normale, de discussions, de rires  et de chansons , à la distanciation sociale prêt.

Je suis à Paris maintenant depuis près d’une semaine. J’étais très contente de rentrer. Mes premières sorties m’ont semblées normales au port du masque près dans les lieux fermés. J’ai pu revoir des amis. J’essaye de vivre le plus normalement possible en faisant attention.

Déconfite ? J’ai des jours avec et des jours sans. Parfois emprunte d’un optimisme à toute épreuve et le lendemain … vous devinez ! Mais pas déconfite, car je je me dis que les choses ne peuvent que s’arranger.

Le truc le plus inattendu que tu as fait pendant le confinement ? Me laver tous les jours (ahahaa) Non ! Une vidéo avec Elie Semoun dans le cadre de mes activités parallèles. Totalement incongru !

Ecole ou pas école ? Et l’école à la maison ça a été (ou c’est)…comment ?Elisa a repris ce matin. Elle est contente et nous sommes confiants.

Nous pensons que c’est important qu’elle retrouve un peu de lien social en retrouvant ses camarades même si nous l’avons bien prévenu que ce serait légèrement diffèrent.

Quant à l’école à la maison, nous avons manqué de régularité et Elisa de concentration, ce qui n’a pas fait bon ménage. Mais j’ai aimé lui consacrer ce temps et qu’elle soit fière quand elle arrivait enfin à déchiffrer un mot. J’ai pour ma part bien révisé mon alphabet, donc bénéfices partagés.

Tu tiens la page MISS_BETISES sur laquelle tu fais des chansons parodiques. Tu as continué de travailler durant cette période ? Oui énormément. Enfin travaillé… Je m’amuse tellement avec cela que ça ne me semble pas du tout du travail.

L’avantage d’une telle situation si inédite et au cœur de l’actualité, c’est que c’est très inspirant. Presque chaque jour, de nouvelles idées de parodies naissaient. Ça m’a probablement beaucoup aidé à vivre la situation avec plus de recul. L’humour a ce pouvoir de dédramatisation. Je m’y emploie chaque jour du mieux que je peux pour voir la vie du bon côté. Je pense que certains de mes abonnés étaient contents aussi de voir ce sujet traité avec un peu de second degré. Si j’ai pu les aider à sourire et à leur changer les idées, alors je suis heureuse.

Les chansons qui ont accompagné ton confinement ?

J’ai brassé large dans le répertoire Français et fais de nombreuses parodies (goguettes pour les adeptes ;)). De la mythique chanson de JJ Goldman des restaus du cœur, à Belinda de Cloclo en passant par Gainsbourg et le poinçonneur des Lilas, Sheila et l’école est finie, Edith Piaf et la Vie en rose, Niagara et l’amour à plage, Michel Legrand (que j’adule) en duo avec Elie Semoun sur la chanson de Maxence, Aznavour et je m’voyais déjà…  et j’en passe. Ça a été une période très faste en terme de créativité. Je me suis énormément amusée.  

Cette période t’a inspirée ?Oui, très inspirante et sur de nombreux thèmes. L’objectif c’était de parler de sujets transverses sur fond de corona. J’ai donné en chanson mes conseils pour ne pas s’ennuyer, évoqué toutes les choses que je détestais faire avant et rêvais de faire maintenant et puis j’ai surfé sur l’actu. Les discours d’Edouard Philippe, le port du masque etc… Et puis plus globalement, certains thèmes m’ont amusé :  Hidalgo et l’ouverture de Paris Plage, Giscard D’Estaing accusé d’agression sexuelle etc… Les crises ont donc du bon sur le plan de l’imagination. 

Tes  projets ? Je poursuis évidemment mon compte instagram avec le même objectif, traiter de l’actualité en chanson et de façon décalée et toujours avec second degré. Et je prépare une audition pour une comédie musicale. C’est fou et totalement surprenant. Miss Bêtises m’entraine sur d’autres terrains de jeu et me fait sortir de ma zone de confort. C’est ce que j’aime dans ce projet.

Ton rêve à tout de suite ? D’abord, que le corona virus fasse vraiment parti du passé pour pouvoir serrer les gens que j’aime dans mes bras. Que peut être cette expérience puisse faire ressortir et faire naitre des initiatives positives agrémentées d’un sens plus fort de la solidarité et du civisme (j’en doute malheureusement).

Que nous puissions tous reprendre nos vies normalement et savourer de nouveau toutes ces libertés dont nous n’appréciions peut-être pas assez la saveur.

Je vais savourer et croquer la vie à pleine dents et toujours en chanson.

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L’interview du papa déconfiné : David Zaoui, écrivain

Il y a quelques semaines j’ai lu et adoré le tout nouveau deuxième roman de David Zaoui, Le Financier en chef.

Cet écrivain qui a l’art de faire rire tout en touchant des sujets forts comme la réussite, l’amour ou la parentalité, raconte dans ce roman l’histoire de Jackson Zerbib qui aurait voulu devenir Spielberg mais qui du se résoudre à trouver un « vrai » job. Il rédige donc un faux CV hilarant et se fait embaucher comme directeur financier dans un boite…sauf qu’il ne connait rien à la compta ! Il décide alors de séduire son boss et ses collègues en mijotant chaque jour des plats incroyables dans la cuisine du bureau. Je ne vous en dis pas plus mais c’est touchant, drôle et original. Un peu comme un bon Woody Allen !

C’est tout naturellement que j’ai voulu en savoir plus sur David, sa vie de famille, son confinement !

Nom : ZAOUI

Prénom : David

Âge : 43 ans

Situation de famille ? Papa

Prénom et âge de ton fils ? Raphaël, 11 mois

Métier ? Écrivain

Lieu de confinement ? Paris/Provence

Comment as-tu réagi à l’annonce du confinement ? Je me suis tout de suite dit que la terre nous envoie un message, qu’elle nous a cloitrés chez nous pour que nous comprenions sa peine.

Comment se sont passées tes journées de confiné? J’ai beaucoup regardé par la fenêtre, comme quand j’étais petit.

J’ai lu, écrit, j’ai cuisiné, pris de long bain, je me suis occupé de mon fils. Je suis devenu un pro du cube et de la comptine.

Le truc le plus inattendu que tu as fait durant le confinement ? En sortant du supermarché avec mes sacs de provisions, jamais je n’avais marché aussi lentement pour rejoindre ma voiture.

J’ai pris le temps, comme si je ne pourrais plus marcher dans la rue pendant un long moment. Chacun de mes pas était un plaisir délicieux. Ce fut une sensation étrange, totalement inattendue.

Qu’est-ce qui t’a manqué le plus ? Voir mes parents.

Déconfiné à 100 % ? Je respecte scrupuleusement les règles, je reste prudent, comme bien d’autres, j’espère.

Déconfit ? Le citron confit, j’aime bien, oui. Dans un tajine de poulet, c’est à tomber !

Le premier truc que tu as aimé faire après le déconfinement ? Marcher dans les vieux villages de Provence. Tout simplement. Marcher.

Ton deuxième roman, le financier en chef, vient de paraître. Fais-nous le pitch ! C’est l’histoire d’un rêve échoué. D’un type qui depuis le plus jeune âge veut devenir un grand cinéaste. N’ayant pas réussi, il doit impérativement trouver un « vrai » travail. Il va alors mentir sur son CV, se faire passer pour un super directeur financier, et réussir à se faire embaucher dans une start-up. Dans les bureaux où il officie, il va remarquer une cuisine digne des plus grands chefs. Pour masquer son incompétence, il va transformer son lieu de travail en restaurant étoilé. Et découvrir malgré lui qu’il est peut-être fait pour autre chose…

J’ai adoré, j’ai ri, j’ai trouvé ça original vraiment. Il paraît que c’est plus dur d’écrire pour faire rire que pleurer. Tu es d’accord ? Oui, je suis d’accord. La dramaturgie repose sur une mécanique spécifique. Imaginez une histoire comme ça : un petit garçon vient de perdre ses parents dans un accident d’avion, il se retrouve seul avec son nounours dans une famille peu accueillante, à l’école il est malmené, et tous les soirs, il pense à sa maman quand elle lui fredonnait de douces chansons pour qu’il s’endorme ; ce petit garçon décide de ne plus jamais quitter son lit…

Le décor est planté, on a déjà la gorge serrée.

Le rire, l’humour, repose en partie, sur une dynamique plus affûtée : l’imagination, le quiproquo et le rythme. J’ajoute que c’est en racontant des histoires sur un ton léger, que nous pouvons évoquer entre les lignes des choses bien plus profondes…

Le héros de ton livre, Jackson Zerbib c’est un peu toi ? Non, Jackson ne me ressemble pas, mais je l’aime. Il est touchant parce qu’il doit se débrouiller comme il peut, qu’il doit changer de route, que sa fragilité va évoluer en force dès lors qu’il va s’aventurer vers des terrains inconnus. Tous les personnages de mes romans existent, je m’en inspire. J’ai eu un ami qui depuis le plus jeune âge voulait devenir le nouveau Maurice Béjart. Il n’y est pas arrivé. Aujourd’hui, il a réussi, mais dans une tout autre branche : il vend des gaufres à Los Angeles. Il a pris 30 kilos. Il n’est pas forcément malheureux.

Le rôle des parents de Jackson est essentiel dans le livre. Sa mère juive a peur pour lui, son père le soutient dans ton ce qu’il entreprend. C’est quoi selon toi le rôle des parents ? Freud dit que les parents ne feront jamais assez bien. À trop en faire, ils causeront du tort, à ne pas assez : des manquements.

Les parents, je crois, doivent inculquer la confiance, et surtout la curiosité à leurs enfants – l’esprit de remise en question –, avec un esprit curieux et alerte, confiant et solide, on part déjà avec de bonnes bases. Comme je dis dans le roman : la profession instinctive d’une mère, c’est l’inquiétude.

Moi, je suis une mère juive.  

Que veux-tu transmettre à ton fils ? Un peu de tout ça. En tout cas, je vais faire un tout petit peu plus que mon mieux pour y parvenir, et si j’y arrive pas, je recommencerai.

As-tu réussi à lire durant le confinement ? À écrire ?Oui, j’ai beaucoup lu, j’ai écrit un nouveau roman aussi. L’inspiration du confiné ne m’a pas manqué !

Tes livres de chevet de toujours ? La bible, et le Cercle des menteurs de Jean-Claude Carrière.

Des projets ? Je suis un raconteur d’histoire, donc j’ai comme projet de faire vivre des histoires sous forme de roman ! J’ai aussi comme intention de m’améliorer dans le domaine du bricolage, mais je n’ai aucune certitude à ce sujet, et ma femme demeure très sceptique.

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L’interview de la maman déconfinée : Caroline Ithurbide, journaliste et chroniqueuse à la télé !

Ma copine Caroline Ithurbide est chroniqueuse et journaliste, a toujours la smile et la pêche, plein de boulot, un chat. Elle monte à cheval, elle fait du sport, elle est belle à mourir et en plus elle a 2 enfants ! Quel est son secret et comment a t-elle vécu ce confinement ? Elle me dit tout !

Nom : ITHURBIDE 

Prénom : Caroline 

Âge : Hein quoi comment pardon quelqu’un me parle ?! 40 ans. Ce qui est déjà beaucoup. 

Situation de famille : Mamaaaaaaaaaaan!!!!!!

Âge des enfants : Gaspard aura 12 ans en août et Ambre vient d’avoir 9 ans. 

Métier : Je suis journaliste et chroniqueuse sur C8 et si certains d’entre vous pensent (comme moi) qu’être influenceuse est un métier alors je le rajoute sur la liste !

Lieu de confinement : un refuge normand, en pleine nature… pour être très honnête on a très peu ressenti la psychose liée au Covid et j’ai beaucoup culpabilisé d’avoir cette chance là car je savais que tout le reste de ma famille était restée à Paris. J’ai profité de chaque instant mais j’ai aussi beaucoup pleuré en pensant à ma soeur jumelle par exemple qui est médecin et qui bossait énormément et voyait peu ses enfants. 

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? J’ai été super choquée par les mots « état de guerre »! J’ai eu peur, j’avais 24 heures pour décider où aller, j’avais l’impression de laisser des gens derrière moi, bref j’ai eu quelques jours d’angoisse. Mais dans un petit coin de ma tête je me disais que ce ralentissement général et forcé allait bien me plaire ! Comme beaucoup de gens, je passais ma vie à me rajouter des choses à faire en plus, des gens à voir en plus, des dîners auxquels assister en plus. Tout était en plus. Je n’aurais jamais éliminé ces « obligations » de ma vie si on ne m’avait pas forcé à le faire…

Deconfinee maintenant ? Moit’ moit’. Ma tête et mon corps sont toujours un peu en confinement, je n’ai pas du tout repris le rythme de d’habitude, on ne va pas se mentir, je me laisse un peu porter, mais je sens que cette parenthèse touche à sa fin. Disons que je suis à 50% de mes capacités ahah. Les enfants aussi d’ailleurs parce qu’ils ont repris l’école mais seulement à mi-temps…. Tout est un peu divisé par deux. Mon énergie, mes projets, mes journées, mes soirées. Et je trouve que le déconfinement est finalement plus difficile à gérer que le confinement. Pendant le confinement tu ne pouvais rien faire. Basta. Rideau. Donc ok, une fois le choc passé, tu acceptes, tu encaisses. Mais avec le déconfinement tu dois recommencer à faire des choix, tu dois reprendre ta vie là où tu l’avais laissée, t’as entre envie et pas envie, entre oui et non, entre excitée et crevée, et puis tu sens que tout le monde n’a pas vraiment repris donc y a une lenteur générale qui n’est pas hyper porteuse….

Déconfite ? Pas du tout ! Au contraire. Reconfite. Ahah. Ce que je veux dire c’est que j’ai aimé le confinement, ça ne m’a pas du tout dérangée!! Je passais mes journées entières avec les enfants, pas une seconde je me suis dit « ils sont relous ». En fait ils avaient l’âge idéal pour être confinés! Pour les parents qui ont des tous petits j’ai bien vu que c’était galère, et pour ceux qui avaient des plus grands pareil, la cohabitation avec ton ado de 17 ans c’est peut être pas la folie everyday!! Mais à 9 et 12 ans, tu préfères mille fois faire 3 heures d’école à la maison et passer le reste du temps à jouer, regarder un film, faire des cookies et construire des cabanes !! Moi j’ai dormi beaucoup, j’ai lu, j’ai passé des heures au téléphone avec des gens que je n’ai jamais le temps de voir, j’ai fait des apéros zoom et j’ai passé mille ans sur whatsapp étant donné que tout le monde créait des groupes !

Le/les trucs les plus inattendus que tu as fait pendant le confinement ? Hum je dirais adopter un chat, faire un jeûne de 5 jours, méditer une heure par jour grâce à Lili Barbery qui faisait des live tous les jours à 18h sur Instagram et tomber amoureuse du Kundalini Yoga avec les cours tellement longs et intenses d’Anne Bianchi. 

L’école à la maison c’était comment ? C’était un peu deux salles deux ambiances! Je vais commencer par le plus simple : Gaspard, 6eme. Il est malin, il a compris que tant qu’il faisait bien ses devoirs, il obtenait tout de moi. Il avait quelques cours en visio et pas mal de devoirs, mais si j’ai crié deux fois sur lui (oui je crie) pendant tout le confinement c’est le max!! Sa sœur en revanche, on a un peu moins rigolé… Ambre est en CE2, il y avait énormément de nouvelles notions à apprendre et je crois qu’elle préfère sa maitresse!! Ou que sa maîtresse est plus douée, oui, c’est un métier !! Adjectif qualificatif, COD, COI, CCT et CCM (what the fuck on n’avait pas ça nous!!), conversion du mètre en kilomètre et vice-versa, du gramme en kilogramme, du litre en centilitres, les frontières en Europe, le squelette et les articulations, le double, la moitié, la division et j’en passe. J’avais 30 minutes de négo avant de commencer la moindre dictée, ça rechignait, ça marmonnait, ça me disait 4X4=45? avec une toute petite voix tremblotante et étouffée sachant très bien que ce n’est pas le bon résultat mais-bon-comme-tu-ne-veux-pas-l’apprendre-par-coeur-bah-ça-ne-va-pas-tomber-du-ciel (vous sentez l’agacement là???), ça voulait pas tous les jours, s’il te plaît maman, ça trouvait ça dur, et donc je criais et elle pleurait et après je m’excusais et je disais on reprend tranquille vas y t’inquiète on va y arriver!!! Bon au final on a réussi hein je vous rassure… 

Tu es présentatrice à la télévision. Tu as continué pendant le confinement ? Et maintenant ? Tout s’est arrêté du jour au lendemain. Je dirais même tout s’est écroulé. C’est vraiment la sensation que j’ai eu. Vendredi 13 mars je suis partie de mon bureau qui est un peu ma deuxième maison en étant sûre que je reviendrai le lundi. Et puis il y a eu ce dimanche de l’angoisse où les deux producteurs des deux émissions pour lesquelles je travaille nous ont appelé pour nous dire de ne pas revenir. C’était apocalyptique. Je suis chez C8 depuis des années, je n’ai jamais loupé un jour de boulot, j’adore ce que je fais et j’aime les gens avec qui je travaille. Être séparée d’eux et de mon job du jour au lendemain m’a fait trop de peine!! On s’est tous appelés, envoyés des messages, dit des mots d’amour et puis les semaines sont passées comme ça. On a assez rapidement instauré des live sur insta et sur FB pour garder le lien et continuer à faire vivre nos idées mais on ne retournera en plateau qu’au mois de septembre…. 

Alors il est sympa le futur président Hanouna
Il a le mérite d’être cash et drôle ! On en a marre des gens qui tournent autour du pot, avec Cyril au moins on sera dans la transparence étant donné que la personne dit tout ce qui passe au moment où ça se passe!! Je suis persuadée qu’un grand patron peut être un grand président donc franchement ça se tente. Et j’irai direct lui demander le ministère du bien-être, on sera bien!! 

Tes projets ? A peu près 3000. 

Ton rêve là tout de suite ? Allez me coucher car répondre à cette itw m’a pris deux heures et je n’ai plus l’habitude de bosser autant !

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L’interview de la maman déconfinée : Alexie Ribes, comédienne

Mon amie Alexie est nourrie au théâtre depuis son plus jeune âge. Elle est donc naturellement devenue comédienne et j’ai eu la chance de l’applaudir plusieurs fois. Juste avant le confinement, elle jouait dans une pièce à succès au théâtre Montparnasse, Le Muguet de Noël.

Comment a t-elle vécu l’arrêt brutal de sa pièce ? Comment a t-elle occupé ses journées avec sa fille ? Elle nous dit tout !

 Nom Ribes


Prénom Alexie

Age 32


Situation de famille ? En couple 1 enfant

Prénom et âge de ta fille ? Gabrielle 18 mois

Métier ? Comédienne

Lieu de confinement ? Deauville

Comment a tu réagi à l’annonce du confinement ? Entre soulagement sidération et peur…

Déconfinée maintenant ? Nous sommes rentres à Paris le 15 mai.

Déconfite ? Mon année à venir un peu et mes cuisses aussi …

Le(s) truc(s) le plus inattendu que tu as fait pendant le confinement ?Me mettre au dessin. Et me retrouver aujourd’hui avec un stock de feutres et de papier canson digne de chez Rougie et plé…

Avoir ta fille H24 c’était comment ? Génial et passionnant de la voir évoluer autant mais aussi évidemment crevant vu qu’a son âge son seuil de concentration ne dépasse pas 3 minutes … mais je n’ai pas le droit de me plaindre , on a pas 10 enfants et nous étions tous les deux la pour elle donc on se relayait.

Tes journées se sont passées comment ? Gabrielle a toujours fait ses nuits mais les réveils sont plutôt très matinaux donc a 8h une fois ses trois ou quatre sublimes peintures journalière terminées ( Beaubourg m’a déjà contacté ) et après avoir dansé sur à peu près tous les airs de My fair lady, la Mélodie du bonheur et les Demoiselles de Rochefort et opéré une bonne partie de ses peluches grâce a sa mallette de vétérinaire nous partions pour de grandes ballades dans la campagne que nous refaisions après sa sieste dans l’après midi entre une séance de yoga et la préparation d’un gratin . Elle furent salvatrices pour moi ces marches. Essentielles à ma santé mentale !!!!! Au retour, bain, diner et à 20h pétante une fois l’enfant couche, un verre de vin rouge. Lui aussi dune grande importance..

Alexie dans Palace à l’automne 2019

Tu jouais une pièce formidable (Le Muguet de Noël) au début du confinement ? Raconte nous comment tu as vécu la fermeture du théâtre ? Comme beaucoup on ne voulait pas voir ce qui était entrain de se passer mais nous nous sommes rendus assez vite à l’évidence : la salle se vidait un peu plus chaque soir . Nous sommes passés de 600 spectateurs à 60 la veille de l’arrêt . Nous applaudissions le public au moment des saluts pour le remercier de son soutien.


On va rouvrir quand les théâtres ? Probablement en septembre , les conditions sont encore assez floues… Ce qu’on sait en revanche c’est qu’il aura peu de créations, surtout des reprises .


On touche une somme d’argent quand on est comédien et que le corona arrive ? Le chômage jusqu’à la fin de son contrat et comme je suis intermittente je suis un peu à l’abris pour les mois a venir.

Alexie dans Palace, à l’automne 2019


La pièce que tu rêves de jouer dès que ce sera à nouveau possible ? Celle dans laquelle je jouais. « Le muguet de Noël » Pour retrouver mes partenaires et les rires des spectateurs.


Tes projets ? La tournée de la pièce et la reprise du travail sur différents projets pour concrétiser leur création pour la rentrée 2021.


Ton rêve à tout de suite ? Travailler et voyager loin !!! Jouer un spectacle en plein air sur une plage indonésienne par exemple … QUOI ? C’est un rêve, non ?

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L’interview du papa déconfiné : Jimmy Mohamed, médecin

Jimmy Mohamed est médecin généraliste. On le connait pour ses chroniques chez Cyril Hanouna et ses émissions sur la santé sur Europe 1.

Sur Twitter, ce papa de 3 enfants est suivi par près de 80.000 personnes et donne toujours des bons conseils avec bon sens et bienveillance.

J’ai voulu en savoir plus sur lui, sur sa période de confinement entre les devoirs et les patients et sur sa vision future du traitement de la covid !

Nom Mohamed

Prénom Jimmy

Age 32 ans

Situation de famille ? Marié

Age des enfants ? 7 ans – 4 ans – 1 an ( 3 garçons ! )

Métier ? Médecin

Lieu de confinement ? Seine Saint Denis

Comment avez vous réagi à l’annonce du confinement ? J’ai peut être vécu cela différemment car on voyait bien que la situation était incontrôlable. J’ai presque ressenti un soulagement en me disant que c’était la seule solution possible à ce moment là.

Et puis, je vais être honnête il y a eu un petit moment de flottement lorsque j’ai compris que les écoles n’allaient pas ouvrir avant la rentrée prochaine (nous nous sommes mis à compter sur les doigts le nombre de mois restant avant septembre).

Déconfiné maintenant ? Oui mais toujours vigilant ! On a beaucoup parlé des gestes barrières, parfois en infantilisant les gens. Force est de constater que cela contribue au contrôle de l’épidémie. On continue de faire attention, de limiter les déplacements inutiles même sil faut malgré tout essayé de retrouver un peu d’équilibre. La réouverture des écoles (très progressive avec un protocole militaire  sanitaire) était attendu de tous. Et surtout, maintenant que nous savons que les enfants sont très peu malades et peu vecteurs de la maladie, il n’y a plus ce sentiment de culpabilité.

Déconfit ? Pas vraiment ! J’ai l’impression étrangement que le confinement était il y a si longtemps ! Le mois de mars me semble tellement loin ! Alors que nous comptions les jours (il y avait même un décompte sur twitter avec un hashtag #Jour1Confinement), c’est comme si ça n’était presque jamais arrivé ! Probablement le fait de continuer à exercer mon métier tous les jours a contribué à ce que le temps passe plus vite.

Le(s) truc(s) le plus inattendu que vous avez fait pendant le confinement ? Déjà nous avons épuisé tous les super coloriages, jeux et activités dès la 2ème semaine du confinement (voir peut être la première!). Il fallait quand même que les enfants se défoulent un peu, nous allions donc dans le parking de l’immeuble faire du vélo. J’avais même acheté de petits plots pour leur faire un petit parcours !  Autre chose assez particulière, j’étais souvent en visite à domicile le soir et les applaudissements des Français à leur balcon à 20h restera un moment très fort.

L’école à la maison c’était comment ? Difficile ! Soyons honnêtes ! On n’imagine pas la patience des professeurs à l’école qu’ils peuvent avoir ! Faire les devoirs en temps normal c’est une chose mais là, c’était nettement plus compliqué. Nous avons très vite étalé l’école sur toute la semaine, parfois on rattrapait le samedi ou dimanche car certains jours c’était la cata ! Et en plus, nous avons pu travailler dans des conditions assez favorables et seul notre ainé de 7 ans avait de « vrais devoirs » , je n’imagine pas ceux qui n’avaient qu’un seul ordinateur pour plusieurs enfants à la maison.

Vous êtes médecin, on vous voit à la télévision, on vous écoute à la radio. Quel a été votre rôle durant cette période ? J’ai énormément ralenti mon exposition à la télévision. J’ai donc refusé certains plateaux TV car mon activité de médecin devait rester la priorité. J’ai malgré tout essayé d’informer et de vulgariser les informations que nous avions quasi en temps réel. Ce travail je l’ai fait sur C8 avec Cyril Hanouna dans  « Allo Baba » (une version d’allo docteur) où je répondais à des questions très pratiques de téléspectateurs et où je faisais un petit point sur l’épidémie ou certaines avancées.

Je co-anime aussi une émission santé sur Europe 1 « Sans Rendez-vous » et nous avons dès le début du confinement basculé en spéciale coronavirus.

Le reste du temps, je l’ai passé à exercer mon métier de médecin. Je travaille à Sos médecin Paris. J’ai quasi travaillé 7j/7 et tard le soir mais comme beaucoup d’autres soignants. La période était très particulière car nous n’avions quasi pas de masque, du gel hydro-alcoolique en quantité limité, pas de test à proposer aux patients et quasi pas de traitement… Au fur et à mesure, j’ai vu des confrères tomber malade et il ne passait pas un jour sans que je me demande quand cela allait me tomber dessus… avec la peur aussi de transmettre le virus à mes proches.

Quelques médecins médiatiques ont été vivement critiqués pour s’être trompés au début du confinement. Comment vous positionnez vous ? Je me suis trompé aussi. Je n’ai pas fait mieux que les autres. Je m’inclus donc dedans. Certains étaient probablement beaucoup plus exposés et donc forcément on regarde ce qu’ils ont pu dire.  Il faut aussi reconnaitre que ce virus a émergé aux alentours de décembre et qu’avant, personne ne le connaissait. Même les plus grands experts en mars n’avaient que 3 ou 4 mois d’expérience dessus… Et jour après jour, on a découvert de nouvelles choses… Personne ne savait qu’il y aurait près de 50% de personnes asymptomatiques (c’est à dire sans aucun symptôme), qu’on pouvait être contagieux pendant la période d’incubation (c’est à dire avant d’avoir des symptômes), la perte du gout et de l’odorat… Peut-être aurions nous plus dire un peu plus « je ne sais pas » quand on nous posait certaines questions.

Et le professeur Raoult on en parle ? Que pensez vous de lui ? De ses préconisations ? De son arrivée sur la place médiatique ? Pas grand chose. Je pense qu’il a le collier d’immunité médiatique. Il peut continuer de dire ce qu’il veut, il y aura toujours le camp des « pro Raoult » et des « anti Raoult ». Les opinions à son sujet n’évoluent que très peu. Il a dit, comme les autres médecins, des bêtises mais aussi des choses vraies. On peut lui reconnaitre la qualité d’avoir pu tester autant de monde à Marseille. Pour ce qui est de la chloroquine, si nous avions un traitement si facilement disponible, si peu cher, qu’on peut produire en grande quantité, sans effet secondaire, vous pensez que nous aurions confiné la moitié de la planète ? Que nous aurions eu autant de décès ? L’histoire de la chloroquine restera dans les livres d’histoire. Tout comme le Pr Raoult mon avis. Mais pas forcément pour les bonnes raisons.

Quels conseils de médecin avez vous envie de donner aujourd’hui ? C’est la minute « Magazine de la santé » mais on s’est rendu compte que le coronavirus touchait plutôt des gens avec des comorbidités comme l’hypertension artérielle, le diabète etc… Nous sommes beaucoup trop dans une médecine curative et très peu préventive. Il ne faut pas attendre d’être malade pour se soigner. Il est peut être temps d’anticiper, d’essayer d’arrêter de vouloir tout traiter avec des médicaments (sauf quand c’est nécessaire) et peut être revoir notre mode de vie ? Mieux manger, faire plus d’activité physique, moins de toxique…Est-ce que ce fameux monde de demain sera différent ?

Vos projets ? Recentrer mes activités médiatiques sur la santé, m’éloigner des débats d’actualité. Et continuer évidemment mon métier de médecin ! Pas de reconversion en vue !

Votre rêve à tout de suite ? Pas de 2ème vague !  Ou un vaccin efficace. Et surtout que le covid (enfin, la covid) ne revienne pas !

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Les vieux



Durant ce confinement, il y a eu un truc très chouette. J’ai pris des nouvelles des parents et des grands-parents de mes amis. Et eux aussi.

Habituellement avec mes potes on s’appelle pour parler de nous et puis beaucoup des enfants. Fait-il ses nuits, a t-il eu des bonnes notes, est-il propre, que fera t-il pour son anniv ?

Mais durant cette crise, sans doute parce que les enfants ont été épargnés pour la plupart de ce virus, ils n’ont plus été LE sujet de conversation (sans doute aussi parce qu’ après 8 heures de cours de CP en zoom on a eu envie de ne plus entendre parler d’eux).

Nos vieux, nos ainés, nos racines. Ils nous ont vite manqués. On a tous eu envie de les voir, de les serrer et on a tous trouvé ça super injuste de penser que certains allaient mourir du Covid dans leur lit d’hôpital ou leur maison de retraite sans même pouvoir recueillir un dernier câlin, un dernier regard bienveillant, une odeur familière, un baiser sur leurs joues ridées.

On a du leur dire « je t’aime mais si je ne te vois c’est pour ton bien » ce qui est totalement surréaliste. Beaucoup ont souffert de cet éloignement, de ne pouvoir poser leurs yeux sur leurs enfants et petits-enfants autrement qu’à travers un écran. Et nous aussi, les « jeunes » avons souffert de leur absence. Comme jamais.

Je me souviens de la canicule de 2003. L’été meurtrier. Le même été où Marie Trintignant mourait sous les coups de son compagnon. Cet été là. Cet été là où plein de nos vieux sont morts dans la solitude la plus totale, dans la chaleur et la déshydratation. Près de 20.000 morts, victimes de la canicule en France dont la plupart de nos « vieux ».

Comment c’est possible, pensait-on. Comment cela a pu arriver, scandait-on.

C’est arrivé parce que personne n’a pensé à eux. C’est arrivé parce que les vieux sont les premières victimes des drames sanitaires. Et à chaque « vieux » qui meurt, on perd de notre Histoire, de nous-mêmes en somme.

J’ose espérer que nous pourrons vite les serrer dans nos bras, les sentir, les voir sans écran, les écouter parler, rire avec eux. J’ose espérer que longtemps encore ils seront au centre de mes conversations avec mes amis. Que plus jamais ils ne seront la génération sacrifiée.

Nos racines et nos ailes aussi. Les vieux.

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L’interview de la maman déconfinée : Caroline Vallat, libraire

J’ai connu la merveilleuse Caroline par la biais des livres. Cette amoureuse des livres les dévore et les défend comme personne. Cete maman de 4 enfants a du stopper net son activité de libraire durant le confinement et vient tout juste de reprendre.

Elle nous raconte son confinement !

Nom VALLAT

Prénom Caroline

Age 43 ans

Situation de famille ? mariée, 4 enfants et 3 cochons d’Inde !

Age des enfants ? Hippolyte 15 ans (3ème), Théodore 13 ans (4ème), Philomène 11 ans (6ème), Timothée 5 ans (grande section de maternelle)

Métier ? Libraire 

Lieu de confinement ? Chez moi en banlieue parisienne

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ?  Alors, j’avoue tout : je n’ai rien suivi du début de la pandémie, c’est même un client qui m’a appris ce qui se passait ! (je n’ai plus la télé depuis Charlie, je ne supporte plus la laideur du monde, je préfère faire l’autruche, je vis mieux).

J’ai même dit en rigolant le 11 mars que pour moi, tout cela n’existait pas, tant que les écoles ne fermaient pas ! Le lendemain, Macron annonçait leurs fermetures ! Du coup, ça a été très violent ! 

L’annonce des annulations de salons du livre, comme Quais du Polar où je vais chaque année depuis 10 ans, puis celle de mon Salon du Polar “Rosny soit qui mal y pense” (projet sur lequel je bosse 6 mois de l’année) ont été des coups de massue. 

Déconfinée maintenant ? Oui, ENFIN ! J’ai repris mon travail de libraire samedi 30 mai.

Ces 78 jours à la maison ont été très durs à vivre, j’ai traversé cette période entre dépression et torpeur, j’ai tourné en rond comme un lion en cage, je n’ai pas été hyper sympa à vivre (merci à mon mari d’avoir trouvé le mode d’emploi avec moi quand moi-même, je ne l’avais pas, et à mes enfants d’avoir été aussi cool !).

J’ai 4 enfants et je me suis arrêtée de travailler 6 ans et demi pour être mère au foyer. Ce sont des années où je n’ai pas été très heureuse, ni épanouie car j’adore mon métier, je suis très investie et je ne me sens vraiment “entière et complète” que lorsque je peux être moitié maman-moitié libraire. 

Etre replongée en arrière, me retrouver de nouveau “coincée” à la maison comme il y a quelques années, m’a fait perdre pied. 

Moi qui exerce un métier où je vois beaucoup de monde tous les jours et qui me rends à beaucoup d’évènements, de soirées organisées autour d’auteurs, de lancements de livres, etc… ma vie sociale m’a manquée, les gens m’ont manqués, ma liberté m’a manquée, la vraie vie m’a manquée.

On m’a souvent dit quand je culpabilisais d’avoir ce discours là en étant mère de 4 enfants : “privilégie toujours la qualité à la quantité” et depuis que j’ai accepté que je ne serais jamais épanouie en Caroline Ingalls, tout va mieux ! 

Mes enfants savent à quel point j’aime et j’ai besoin de mon métier ; je pense même que ça leur donne eux-même le projet de trouver la profession qui va les faire vibrer plus tard.

J’ai été vraiment surprise pendant ce confinement de voir autant de gens “heureux” de ce qui se passait, j’entends : de devoir arrêter de travailler et rester confinés à la maison. Je me suis rendue compte à quel point beaucoup de personnes n’aimaient pas leur travail. Je me suis souvent sentie un peu seule à exprimer que pour moi, c’était le contraire, que j’étouffais à la maison et que, ne plus pouvoir travailler me déséquilibrait complètement.

Déconfite ? Pas du tout ! Heureuse ! La “presque vraie vie” revient… enfin !

J’ai l’impression de sortir d’un long tunnel, d’une espèce de parenthèse bizarre de ma vie, où à la fois, il ne s’est rien passé et en même temps, si. 

Il m’a fallu trouver des projets à court terme (et réalisables !) pour tenir le choc, pour ne pas être enfermée dans mon rôle de maman à faire des ateliers pâtisserie tous les matins avec mon fils de 5 ans et coacher les devoirs de mes trois collégiens, le reste du temps.

Le(s) truc(s) le plus inattendu que tu as fait pendant le confinement ? J’ai adopté trois cochons d’Inde auprès d’une association début mars, les enfants étaient fous de joie et puis… le confinement. Le 16 avril, le gouvernement a établi un décret permettant aux adoptants de pouvoir récupérer leur animal, j’ai donc fait un aller-retour en Normandie ce jour-là pour aller les chercher ! C’était bizarre et tellement surréaliste, les routes et les autoroutes étaient désertes et je me sentais comme une hors la loi en mode fin du monde ! Mais j’ai pu ramener Carlos, Banana et Papaya à la maison pour la plus grande joie des enfants !

J’ai aussi réinventé mon métier de libraire pendant ces trois mois. 

J’ai posté tous les matins sur les réseaux sociaux, mon coup de coeur du jour, un livre qui fait du bien, pris en photo dans le soleil de mon jardin ; j’ai lancé l’idée de faire faire une petite vidéo souvenir aux auteurs qui étaient invités à mon salon du polar et cela m’a occupé plusieurs semaines (le résultat est là : Rosny soit qui mal y pense 2020 – Auteurs confinés, merci à Nicolas Duplessier qui l’a réalisée) ; j’avais aussi depuis quelques mois l’idée de faire une sorte d’émission littéraire un peu décalée avec ma copine blogueuse Carobookine et finalement, c’était l’occasion ou jamais : on a lancé nos apéros Zoom avec un auteur invité afin de mettre en avant son livre sorti juste avant le confinement. Et on continue les rendez-vous tous les jeudis à 19H ! (si cela vous intéresse, toutes les infos sur mon compte Instagram carovallat !)

L’école à la maison c’était comment ? J’avais mis en place tous les matins avec Anne, ma copine instit, sa fille de 5 ans et mon fils du même âge, une heure de visio pour les faire travailler ensemble. C’était un super rendez-vous, ça occupait nos matinées et cela permettait aux enfants de ne pas perdre le fil avec l’école et les apprentissages.

Pour mes trois ados, ça a été plus compliqué. Les premières semaines alors que je voyais autour de moi d’autres parents s’exciter avec les cours en ligne et crouler sous des tonnes de devoirs, eux recevaient très peu de boulot à faire. Du coup, j’ai décidé d’être hyper zen ! Ils ont fait d’autres choses : cuisiner, jardiner, construire une cabane à oiseaux, bouquiner, faire de la musique, dessiner… Bon et puis il y avait le “problème” des écrans, les portables, les jeux vidéo… on a lâché beaucoup de lest et instauré des temps de connexion, ils ont bien géré.

Tu es libraire, comment se passe la reprise ? J’ai repris samedi dernier. J’ai retrouvé mon rayon, mes livres, mes “repères”. On est tous masqués, employés et clients, il y a des balisages par terre pour les sens de circulation, des plexi partout sur les plots vendeurs, on se sent à la fois en sécurité et muselés. Surtout qu’entre le plexi et nos masques, on ne s’entend pas en fait, on est obligé de faire répéter les demandes aux clients et on finit par hurler pour se comprendre !

Samedi matin, il y a eu peu de monde, j’ai pu installer les nouveautés que j’avais reçues, refaire mes tables, réorganiser mes livres, mes coups de coeur… J’ai eu la visite de plusieurs de mes fidèles clientes qui m’ont dit à quel point c’était long de ne pas se voir et de se réapprovisionner en lecture et qui sont reparties les bras chargés de livres ! 

L’après-midi, on a eu vraiment du monde. Les gens devaient attendre devant la Fnac et rentrer au compte goutte. J’avoue que c’est compliqué d’appliquer la distanciation sociale dans ces cas-là car avec l’excitation des uns et l’impatience des autres, les gestes barrières sont compliqués à respecter.

Tu as lu durant le confinement ? Je n’ai pas lu, j’ai dévoré… 32 livres ! Des romans et beaucoup de polars.

J’ai pu rattraper beaucoup de retard de ma PAL (Pile A Lire) et j’ai lu beaucoup de nouveautés qui vont sortir (un grand merci aux auteurs, éditeurs, relations-libraire avec qui j’ai travaillé pendant toutes ces semaines et qui m’ont envoyé leurs manuscrits en PDF).

Le rôle des livres selon toi durant de telles périodes ? Lire m’a permis de garder la tête hors de l’eau. Car j’ai sombré tout de suite, dès les premiers jours du confinement. Le premier mois, je lisais entre 3 et 5 heures par jour, souvent la nuit quand les enfants étaient couchés, j’étais en mode boulimique, j’ai lu quasiment un livre par jour.  

Puis j’ai installé un canapé dans le jardin, j’ai mis le garage, les voitures et les jouets de mon fils à côté de moi et on passait plusieurs heures l’aprem, côte à côte, la tête chacun dans nos passions !

J’ai l’impression, malgré ce qui se dit (les Français auraient lu 2,5 livres pendant le confinement) que pas mal de gens ont lu pendant cette période, beaucoup de posts de conseils ou de retours de lecture en témoignent sur les réseaux sociaux et il y a eu beaucoup de titres en rupture sur les sites marchands.

Les livres que tu attends le plus ? J’avoue que j’ai la chance d’avoir pu lire tous les livres que j’attendais impatiemment : Dicker, Minier, Thilliez, Martin-Lugand, Grimaldi, Ellory ! J’ai lu également des livres qui vont sortir cet automne ou en début d’année prochaine, ainsi que le dernier tome d’une trilogie qui paraîtra en octobre 2021 ! 

Je suis plus que prête à conseiller plein de livres !!!

Le seul que je n’ai pas encore lu et que j’attends avec beaucoup d’impatience est “Buveurs de vent” de Franck Bouysse.

Tes projets ? Reprendre le cours “normal” de ma vie, me remettre à faire 50 choses à la fois tout en gardant les bonnes idées du confinement (faire son pain soi-même, faire pousser des légumes et des fruits dans le jardin, faire des puzzles de 1000 pièces…!) et profiter à fond de la vie après cette piqûre de rappel que tout peut s’arrêter, d’un coup, d’un seul.

J’ai prévu une grande fête, que j’ai déjà décalé deux fois, et qui je l’espère, pourra avoir lieu le mois prochain et me permettre de revoir beaucoup de gens que j’aime et qui m’ont vraiment manqué.

Ton rêve à tout de suite ? Quelques jours toute seule !

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L’interview de la maman déconfinée : Eliette Abecassis, écrivaine

J’ai aimé tous les livres d’Eliette, j’ai tout lu d’elle et je l’admire totalement. Son dernier roman, Nos rendez-vous, une belle histoire d’amour, est LE livre qu’il vous faut en ce moment. Je lui ai demandé comme s’est passé son confinement.

Nom Abécassis

Prénom Eliette

Situation de famille ? Divorcée

Métier ? Ecrivain, dernier livre paru : « Nos rendez-vous ».

Lieu de confinement ? Paris

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? J’étais angoissée.

Comment se sont passées tes journées de confinée ?  Je me suis levée, j’ai écris, j’ai fait le ménage, les courses et les repas. En tant qu’écrivain, cela n’ pas changé pas mon quotidien. Je me rends compte que j’ai une vie de confinée depuis toujours.

Comment s’est passé ce confinement? C’est difficile,  quand on est hyperémotif. Je pense à ce qui se passe et cela me perturbe constamment. Je pense aussi à ceux qui souffrent de la séparation, ces parents qui n’ont pas pu voir leurs enfants car cette situation laisse place à toutes les dérives et violences psychologiques.

Es tu arrivée tu à écrire ? J’ai eu du mal à écrire car tout me paraît dérisoire à côté de ce qui s’est passé, en revanche la lecture est une évasion et une consolation vitale.

Tes 10 livres incontournables pour un confinement serein? Mrs Dalloway, bien sûr, Les liaisons dangereuses,  toute la Recherche du temps perdu, Au tribunal de mon père de Isaac Bashevis Singer…Et plus récemment, Un loup quelque part d’Amélie Cordonnier, superbe découverte qui vient de sortir.

Le truc le plus inattendu que tu as fait depuis pendant confinement ? Préparer l’anniversaire par zoom de ma fille et me retrouver seule avec 20 personnes  car elle avait décidé de ne pas venir.

Qu’est ce qui t’a manqué le plus ?… Mes proches.

Es tu déconfinée ? Pas encore. Je cherche mes marques. Je continue ma vie virtuelle et ma vie d’écrivain éternellement confinée.  

Comment vis tu ce déconfinement ? J’ai du mal à sortir,  et je me demande quel est ce monde nouveau qui nous attend. Le virus est une métaphore de la modernité : distanciation, virtualisation, biopouvoir, et traçage.

Les 3 comptes Insta et/ou FB que tu as adoré suivre depuis le confinement ? Celui de Mamouz,  avec toutes ses blagues qui mettent du baume au cœur, Julien Sebbag qui me ravit avec ses créations culinaires artistiques, Philosophyisexy, de Marie Robert que j’adore car elle est juste extraordinaire et la lire fait un bien fou.

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L’interview de la maman déconfinée : Agathe Ruga, auteure (mais aussi dentiste, blogueuse, chroniqueuse littéraire, et conseillère municipale)

J’ai connu Agathe sur Instagram où, sous le nom de Agathe The Book, cette ancienne dentiste, donne des merveilleux conseils littéraires. Cette maman de 3 enfants a aussi écrit un merveilleux roman paru l’an dernier, Sous le soleil de mes cheveux blonds, est aussi la fondatrice du Grand prix littéraire des blogueurs. Pour elle , elle me le dit dans l’interview, le confinement a réveillé des questionnements. Elle nous en parle avec pudeur mais aussi sincérité. Parce que être mère c’est difficile et que le dire ça l’est aussi. Merci Agathe !

Nom RUGA

Prénom Agathe

Âge 34 ans

Situation de famille ? En couple

Âge des enfants ? Albane 12 ans (5ème), Pénélope 3 ans (Petite section), Clotilde 1 an (crèche)

Métier ? Auteure, c’est la chose qui prend toute la place depuis toujours. Je suis aussi dentiste, blogueuse et chroniqueuse littéraire, et depuis peu conseillère municipale à Chalon-sur-Saône, là où j’habite.

Lieu de confinement ? At home, tous les 5 ! (6 avec le chat)

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? Alors.

On va, si tu le permets, poser le contexte psychologique d’avant-confinement.

Je pourrais parler d’un début de brouillard qui a commencé à m’envahir après la naissance de Clotilde, il y a un an. Pas vraiment de baby blues, mais le début d’un burn-out parental ou quelque chose entre les deux. J’ai un souvenir brumeux et caniculaire des nuits blanches, enchevêtrées par les enfants et les moustiques, de livres que je n’ai jamais finis, c’était un été de lait et de fièvres, des vacances qui ont duré un siècle. J’étais dans le confinement maternel, celui qui ne se raconte pas.

Je suis arrivée en septembre libérée délivrée par la crèche et l’école, j’ai repris la promo de mon livre, et j’avais de la vie en retard, alors j’ai accepté tout ce qu’on me proposait, jurys de prix littéraires (Prix de la closerie des Lilas notamment), campagne municipale, entre temps j’ai géré le reste, articles pour des magazines littéraire et l’écriture de mon 2ème roman. Pas de temps à perdre, je paniquais pour la moindre minute perdue à mon organisation millimétrée.

J’avais remplacé le repos préconisé par une forte stimulation intellectuelle et sociale parce qu’au 3ème on se croit rôdée, parce qu’on a qu’une vie, on dormira quand on sera mort, allez garçon une petite coupe s’il vous plaît !

Et puis tout simplement parce que ma vie est belle et que j’en ai conscience, que je n’aime pas devoir choisir, que je veux profiter de tout. Et je ne regrette rien.

Je sentais bien qu’il y avait un rouage dans le moteur mais j’ai fait l’autruche, j’ai mis du mascara et mon plus beau sourire. Courses, cuisine, petits pots, natation et sports en tous genres, persuadée que ça allait rouler.

J’allais à Paris souvent pour mes activités littéraires, et j’entendais les sarcasmes d’amis et de la famille « Ah Agathe elle s’en fait pas, je l’ai encore vue se pavaner à Paris ». Oui, plutôt faire envie que pitié, ça a toujours été mon credo. Mais ce que je préférais à Paris, outre les conversations entre adultes ininterrompues, les rencontres d’auteurs passionnants et les grands restaurants, c’était écouter de la musique dans le métro et surtout… dormir. À Paris, je faisais des nuits complètes et des grasses matinées. Je me retapais le temps d’une nuit et je retrouvais ma progéniture heureuse le lendemain. C’était une soupape, un sas de décompression.

On pourrait parler de fuite. Ça en devenait une. Mais qui n’a jamais eu plusieurs enfants en bas âge ne s’avise pas de juger.

Et puis il y a eu l’annonce du confinement. L’impossibilité de fuir justement. L’angoisse sourde qui monte lentement.

J’en viens donc à la réponse à ta question : le 15 mars j’ai fait une crise de panique. La première. J’ai voulu —comme beaucoup de monde— anticiper l’ennui et les heurts— j’ai donc établi un planning drastique. Comme tous les Français, j’ai fait du pain et j’ai couru un jour sur deux. J’ai demandé à mon mec d’alterner avec moi les réveils et les demi-journées avec les petites pour souffler un peu, pour finir mon roman. 7h-21h de pâtes à sel, de courses, de vaisselle et de ménage, pendant deux mois, rien d’autre. On a tenu.

Le pire ce sont les gens bienveillants qui ne savaient pas : « Ça va vous profitez bien des enfants ? Tu lis et écris à gogo ? Vous devez être heureux de vous reposer ! » Si passer sa journée à genoux depuis l’aube à ramasser des legos et vider des pots de pipi est une activité reposante, alors oui on est sacrément bien reposés.

En fait, je n’ai pas attendu un virus pour profiter de mes enfants, ça fait 13 ans que je suis maman, j’ai toujours pris mes mercredis, mes filles ne mangent que deux fois à la cantine et je vais les chercher les soirs à la sortie de l’école. On n’a pas de grand-parent sur place, on n’a pas eu un moment à deux depuis 4 ans.  Je n’étais pas en manque mais déjà en overdose et les vacances scolaires sources d’angoisse. J’attendais le 11 mai comme on attend le geôlier.

Déconfinée maintenant ?

Pas encore…

Le 5 mai, j’ai appris que l’école ne rouvrirait pas pour les petites sections ni pour les 5èmes, et que Clotilde n’était pas acceptée à la crèche parce que je pouvais « télétravailler » (hahaha). Mon mec repartirait travailler et moi j’allais me retrouver seule avec les trois à faire exactement la même chose, légos, pâte à sel, nettoyer de la compote séchée sur une chaise en plastique, tout ça dans les cris incessants.

Coup de fil des gens bienveillants mais qui ne savent toujours pas « Alors, déconfinée, heureuse ? » 

J’ai honte, mais je n’ai jamais réussi à passer par l’acceptation. Je n’ai jamais applaudi les soignants, je n’ai pas plaint ceux qui étaient plus malheureux que moi. J’ai haï ceux qui faisaient des grasses matinées, qui lisaient alors que d’habitude ils ne lisent pas, j’ai détesté ces gens qui à 19h étaient disponibles pour une visio apéro alors que chez nous c’était le moment de rush absolu. J’étais autocentrée sur l’effort de survivre, sans aucun moment pour soi, jamais, sans calme, sans pause, sans sieste commune. Impossible d’être seule aux WC ni de cuisiner paisiblement sans un ou deux enfants assis sur le plan de travail à vous poser plein de questions. J’ai bu beaucoup de rosé, j’ai mis des boules Quiès souvent, pour atténuer le bruit, pour alléger l’existence.

Je me suis plaint aussi, forcément. Réponses des gens bienveillants mais qui ne savent pas : « Mais Agathe, pense aux familles confinées à 10 dans des appartements minuscules! Agathe, voyons, fais un petit effort, on est en pandémie ! »

Un sentiment profond d’injustice féministe m’envahissait. Quand vous avez déjà oeuvré toute votre vie pour ne jamais en arriver là, que vous avez fait des études longues et difficiles, et que vous vous retrouvez assignée à demeure parce que vous pouvez soit-disant télé-travailler, tout ça à cause d’un virus qui a causé le même nombre de morts en tout que de morts quotidiens à cause du tabac, vous ne pouvez tolérer d’être à ce point rétrogradée. Allez ma grande, oui y’a deux mois tu philosophais avec Isabelle Carré, Josiane Balasko e Zoé Felix à La Closerie des Lilas, c’était bien hein ? C’est fini. Allez hop, poussette trottinette, je te propose de refaire quinze fois le tour de ton quartier que tu ne peux plus voir en peinture. Et dépêche toi parce que le dîner doit être prêt à 19h. Parce que l’homme a beaucoup travaillé aujourd’hui, il a ramené plein de petits sous dont vous avez tous besoin.

Déconfite ?

Déconfuite !

Je viens de me réinscrire à l’Ordre des dentistes. Je reprends le chemin des dents la semaine prochaine. Oui j’ai toujours affirmé dans mes interviews que ce n’était pas ma mission de vie mais que je reprendrais en cas de nécessité. Là c’est nécessaire. Soit je prends les anti-dépresseurs que m’a prescrit mon médecin, soit je retravaille. Tant qu’à ne pas pouvoir lire, autant se sentir exister et arrêter la déprime, prendre une nounou pour les soirs avec une partie de mon argent.

Je redeviens ainsi personnel soignant, et mes filles deviennent prioritaires à la crèche et à l’école. Je vais cesser de culpabiliser à lire dans les yeux la tristesse et l’ennui, l’absence de vie sociale pour leur cerveau avide de connexions. Laisser les enfants entre quatre murs de mars à septembre est une aberration absolue.

(Aparté : je comprends qu’on ait peur de la mort. Mais la peur n’évite pas la mort. Il paraît que tout est déjà écrit, le temps n’existe pas, et par conséquent votre mort est déjà programmée. Alors, à quoi bon attendre ? Pour moi, la vraie mort, c’était de ne pas vivre. La vie est —et doit— demeurer un risque.)

Le truc le plus inattendu que tu as fait depuis le début du confinement ?

Faire des apéros dans la cour avec les voisins qu’on ne connaissait pas (distanciation et chacun sa bouteille Marius), 4 trentenaires drôlissimes et adorables. C’est LA belle surprise de ce confinement, on s’est trouvé une nouvelle bande de potes.

Et le truc le plus chou c’est les premiers pas de Clotilde, et récemment sa première bougie, juste après la mienne !

Comment se passent tes journées en ce moment ?

Je prends des baby sitters deux ou trois heures par jour pour respirer et faire les démarches administratives en vue de ma reprise du travail. Je profite plus sereinement des filles et des balades. Je prends mon temps, j’ai réussi à lâcher un peu prise.

Tu es auteure et blogueuse littéraire. Tes projets ont été décalés ?

Sur ce point ça va, comme c’est ma priorité absolue j’ai réussi à sauver les meubles.

  • Mon premier roman sortira au Livre de Poche le 10 juin à la place du 6 mai. Enfin en théorie, on n’ose jurer de rien en ce bas monde.
  • J’ai fini le manuscrit du 2ème pendant les deux mois de confinement. C’était extrêmement douloureux de me sentir constamment empêchée d’écrire, mais à la fois l’écriture a été ma bouée de sauvetage, un point d’horizon, ma liberté, la raison de ne pas finir la bouteille de rosé le soir.

Es tu arrivée à lire pendant le confinement ? Et quoi ?

Non, impossible. Pas l’envie, pas le temps, pas le moment…

Quel est le rôle des livres selon toi durant cette drôle de période ?

Futile, décalé, impossible. Quand vous êtes en crise, en pandémie, cela paraît abscons voire obscène de vous mettre la tête dans une fiction. C’est juste mon avis bien sûr, mais je ne connais pas beaucoup de gens qui ont réussi à lire.

Les livres que tu attends le plus maintenant ?

Celui d’Amanda Sthers, « Lettre d’amour sans le dire », et « Quadrille » d’Inès Benaroya. Et puis j’attends aussi la rentrée littéraire, notamment le prochain livre de Julien Dufresne-lamy, notre lauréat du Grand Prix des Blogueurs.

Tes  projets ?

Me réconcilier avec mon rôle de mère. Je voudrais que mes enfants me manquent, être folle de joie de les retrouver le soir et d’écouter le récit de leurs journées.

Ton rêve là tout de suite ?

Deux jours toute seule avec des livres, n’importe où. 🙂

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Le casse tête de l’école

Bon je vais pas vous mentir, j’ai adoré les premiers jours à me la péter Caroline Ingalls, à faire mon pain, à avoir le smile, à relativiser et à faire l’école à la maison à 3 enfants dont un en CP, une en 5eme, un en 3ème et un enfant en crèche.

J’ai adoré les rendez-vous en Zoom avec la maitresse, les cours de musique en Facetime, l’investissement génial de certains profs. J’admire ces enseignants qui se sont transformés d’un seul coup en prof 2.0. Parce que non, c’est pas évident, il faut bien se le dire. Faire les cours à 30 gamins avec une caméra, avec parfois des élèves perturbateurs. Ils sont merveilleux pour la plupart. Pour la plupart… car certains ont tout simplement disparu de la vie des mes enfants. Je ne les juge pas, ils ont peut-être aussi leurs soucis mais la rentrée (quelle rentrée???) va être difficile pour des élèves n’ayant pas eu cours de maths ou d’Histoire durant 6 mois. Oui OK on peut faire sans les profs mais c’est un cadre rassurant et en fait non, moi je ne suis pas prof donc j’avoue humblement que j’ai besoin d’aide pour ça.

On est nombreux à avoir dit « non jamais je ne les remettrai ». Et puis au bout du jour 76 ça commence à faire long….Sachant que suivront 2 mois d’été…

Comme il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, j’étais assez motivée pour la reprise des deux grands (la maitresse de CP ne reprenant de toutes façons pas). Et puis en fait ma fille qui est en 5ème aura cours 3 heures par semaine et mon fils de 3ème, on ne sait pas.

Encore une fois je sais la difficulté de mettre ça en place, les craintes, les peurs. Je voulais juste saluer les merveilleux profs, souligner ma flippe de ne même pas les voir vraiment reprendre même en septembre. Car la vraie question maintenant c’est ça : septembre.

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