Confinement avec les enfants : semaine 1

On a commencé à se confiner vendredi dernier. On très vite eu peur, conscience du truc alors on s’est isolés tous les 6 (avec le chien qui ne pige rien mais prend la chose avec dignité).

Ici et là des écrivains rédigent leur journal du confiné comme le journal d’un condamné. On va pas se mentir, il y a pire que moi. Je suis avec mes enfants que j’aime, mon mari que j’aime (mon chien que j’aime). Je pense à tous ceux qui doivent aller bosser, prennent des risques, ont perdu leur job, se détestent ou sont isolés.

Mais on va pas se mentir bis, j’adore mes enfants mais ce confinement imposé est déroutant. Non ce ne sont pas des vacances ni un week-end prolongé. C’est être ensemble H24 sans pouvoir sortir, aller se promener, visiter un château, s’acheter un paquet de bonbons, inviter des potes, voir les grands parents.

C’est leur demander de faire leurs devoirs, ranger leurs chambres mais devoir finalement le faire à leur place. C’est regarder le placard de bouffe et devoir anticiper midi et soir. C’est devoir faire des gâteaux chaque jour et prendre 3 kilos. C’est aussi, évidemment, avoir peur. Avoir les boules d’être séparés des gens qu’on aime et dont on ne sait pas si et quand on va pouvoir les revoir. C’est flipper qu’on apprenne que tel ou telle personne/ami/membre de la famille va mal. C’est avoir peur pour ses enfants. C’est aussi avoir peur pour soi et penser à notre mort. C’est devoir leur dire que tout va bien se passer alors qu’on ne le sait pas en fait.

On vit comme dans une maison de poupée. Maman est en haut qui fait des gâteaux. Papa est en bas qui fait du chocolat (ou des gâteaux aussi, on peut grossir tous ensemble hein). On ouvre une porte il y a un enfant qui prend son bain, un autre qui fait semblant de travailler, un autre qui joue à écrire le mot CORONA (véridique).

Il y a quelques mois, ils flippaient des attentats. Maintenant c’est le corona. Voilà le monde dans lequel nos enfants grandissent. Nous jouions aux Crados et regardions Beverly Hills. Ils jouent aux militaires, au Bataclan, aux médecins qui n’ont pas assez de masques.

J’ai peur en cette fin de première semaine. J’ai peur car nous ne sommes pas au bout de peines.

Prenez soin de vous.

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