Interview de l’écrivain (qui fut confiné), Serge Joncour

Serge Joncour est des écrivains actuels dont j’aime le plus les romans. De U.V à l’Idole en passant par le merveilleux Repose toi sur moi (prix Interallié 2016) jusque son tout dernier Chien-Loup, il possède une plume à la fois drôle, délicate et remplie d’humanité.

C’est donc une joie pour moi qu’il ait répondu à mes questions !

Si vous voulez le suivre c’est sur Twitter et c’est ici !

Nom JONCOUR

Prénom Serge

Métier ? Ecrivain

Lieu de confinement Paris

Comment avez vous réagi à l’annonce du confinement ? Mal, dans un contexte de proches malades. 

Vous avez eu peur ? Par moments. 

Comment se sont passées vos journées durant le confinement ? Suivre les informations, à la radio, sur le net, à la télé. Les lectures audio. Une heure de vélo, dans la salle de bain, endroit frais. Regarder l’arbre dans la cour, passer des bourgeons aux feuilles, dans un printemps au soleil inédit. 

Est ce que pour un écrivain ce confinement est plutôt une bonne nouvelle ou une mauvaise ? C’est une aventure sociale, humaine, il s’agissait d’agir  tous, mais très individuellement, et ce dans un mouvement unanime, dans le monde entier. C’est pas rien cette histoire, un inédit absolu, un moment de l’histoire humaine. 

Etes vous arrivé à lire ?  A l’audio, le soir, la nuit. 

Et quoi ?  Flaubert. Boccace. Henri Miller. Sur France culture ou l’INA, des feuilletons radiophoniques, L’Idiot, Le Hussard sur le toit, j’en oublie, j’en ai fait une cure littéralement. Puis en livre papier, le Docteur Jivago, Le journal d’un intellectuel au chômage. Bouvard et Pécuchet, qui me ravit toujours, et qui était parfait pour sortir de Paris. Mon vieil exemplaire de la Peste, comme beaucoup, mais je ne le regrette pas.  

Vous avez réussi à écrire ? J’ai fini l’écriture de mon prochain roman au mois de février. J’étais donc, et suis, un peu épuisé du point de vue de l’imaginaire. Et lors de ce confinement, il n’était pas simple de s’extraire totalement du réel, de se mettre, par soi-même, à inventer un monde autre, créer des personnages, c’est curieux, mais il y avait une sorte « d’intranquilité » qui rôdait. Je pense que l’esprit était assez assailli et intérieurement préoccupé, pour se permettre de s’affranchir du réel.  

Le truc le plus inattendu du confinement ? Manger des pâtes à la sauce tomate avec un plaisir renouvelé.  

Vos comptes twitter préférés du confinement ? Paul Vacca. Toujours des réflexions puissantes, pas polémiques mais perturbantes. Les comptes de Arnauld Miguet, correspondant de presse à Wuhan. Régis Jauffret, impressionnant de sang-froid, et actif, s’étant engagé dans le social, dès le début.  

Déconfinement le 11 mai ou pas ? Je suis en zone rouge. Alors, ce sera prudemment. 

Le premier truc que vous avez envie de faire après ? Monter dans un train, une voiture, rejoindre ma campagne, ses collines perdues, ses chemins abandonnés….

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