L’interview de la maman confinée : Perrine Stenger, journaliste

Sur Twitter Perrine (@perrineST) sévit avec humour et intelligence. C’est là que je l’ai connue, dans cette vie virtuelle. Perrine a toujours le bon mot, le (bon) avis tranché. J’ai voulu en savoir plus sur cette maman confinée.

Nom Stenger

Prénom Perrine

Age 44 ans

Situation de famille ? Mariée, 3 enfants, deux chats (ils sont très importants les deux chats)

Prénoms et âges des enfants ? Baptiste 16 ans, Arthur 12 ans et Antoine 9 ans.

tier ? Journaliste free-lance

Lieu de confinement Dans notre maison, dans une petite ville près de Lille

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? Enorme soulagement. J’étais en mode panique totale avant l’annonce. Je suis (assez) accro aux réseaux sociaux et je voyais ce qui se passait en Italie : je flippais de voir le monde continuer à tourner normalement en France. Je piaffais pour que le confinement arrive le plus vite possible ! J’ai relâché direct la pression.

Comment ont réagi tes enfants ? Mon second fils Arthur connait par coeur deux trucs : le commentaire de Grégoire Margotton annonçant le but de Pavard lors du France-Argentine des 8ème de finale 2019 et le discours de Jean-Michel Blanquer pour annoncer la fermeture des écoles. Ça te donne une idée de l’euphorie générale 🙂 Ils étaient super heureux, ils n’avaient pas encore bien compris qu’ils ne verraient plus leurs potes.

Moral (sur 10) : Le mien ? Aujourd’hui, je te dirais 10/10 (oui, c’est énorme) mais il est passé par un peu tous les stades. On n’a pas tous vécu le même confinement en France et clairement, tous les cinq on fait partie de ceux qui n’ont absolument pas le droit de se plaindre : on adore notre maison, on a un jardin, une cour, la campagne partout autour, un voisinage mortel et on a eu un temps de dingue (oui, dans le Nord ! Parfaitement, j’ai des preuves !) Il y a eu des gros stress, liés surtout aux finances mais au final, je crois que là, aujourd’hui, j’ai rarement été aussi bien, aussi zen et aussi heureuse.

Comment se passent tes journées en ce moment ? Les deux dernières semaines ont été des semaines de vacances pour les enfants donc j’adorerais te dire qu’on s’est tous levés à 6h30 pour faire du Kundalini en buvant des jus de céleri-poivron-concombre face au lever du soleil avant d’entamer poterie et jeux éducatifs mais ce serait un tout petit peu mensonger ! Chacun a juste fait ce qu’il avait envie de faire : ce n’est pas tous les jours dans une vie qu’on l’occasion d’appuyer sur pause, on en a profité ! Mon fils ainé se levait à midi, le second a passé des heures à « vivre sa meilleure vie » sur Snap avec ses potes et le dernier s’est spécialisé en Naruto shippuden. Mon mari et moi, on s’est éclaté à repeindre toute la maison, cour et façade extérieure comprises et on a tout rangé et vidé du grenier à la cave. Le genre de trucs qu’on n’avait jamais le temps (ou la flemme) de faire. On cuisine déjà beaucoup en temps normal tous les deux, mais là, on a battu des records et comme les garçons adorent la bouffe et que ce sont des gros mangeurs… ! On a aussi passé énormément de temps tous les cinq dehors. Les garçons font un foot avec leur père tous les soirs vers 19h. C’est l’heure où j’en profite pour me renseigner sur internet sur le prix des poulaillers ou pour remplir des paniers sur les sites de déco que je vide dès le lendemain… Je lis aussi beaucoup, beaucoup, beaucoup. Dernier bouquin fini hier : Vivre de l’alpiniste Elizabeth Revol (qui m’a conforté dans l’idée que l’alpinisme, et le sport en général c’est pas pour moi hein…)

Comment se passe l’école à la maison ? Je sais que les enseignants font de leur mieux mais franchement : BOF…Pour le plus petit, ça va encore, il a deux maitresses qui filent des devoir pour toute la semaine. Bon, c’est carré. Pour les deux plus grands, on est à la limite de l’Escape Game pour trouver les infos : le prof de physique met les devoirs dans le Bloc-note, celui de Français dans le cahier de texte numérique, celui d’Anglais envoie des mails, celui de Techno fiche tout dans le Cloud…Au début, je pétais les plombs, on passait des journées pourries à stresser, je gueulais, les enfants étaient écoeurés des cours, je sortais 30 photocopies par jour … tout le monde saturait. J’ai arrêté très vite ! Aujourd’hui, les cours, c’est 3 heures par jour MAX et on privilégie la compréhension (j’aime bien, ça fait très Montessori ça comme phrase, très maman bienveillante !) Je fais juste en sorte qu’ils rendent un minimum de devoirs et surtout, qu’ils gardent le lien avec les profs (Coucou Madame Clairet, vous avez vu,  je fais tout bien comme il faut !)

Tu es journaliste indépendante, comment ça se passe en ce moment ? Au final, comme le reste de l’année où j’ai des mois ultra chargés et des périodes un peu plus calmes. Financièrement, on va appeler ça une période « très très calme » Heureusement, j’avais rendu beaucoup d’articles pour pas mal de mags différents juste avant l’arrivée du Corona. Comme je suis payée à la publication, ça échelonne mes revenus sur plusieurs mois. Le téléphone recommence à sonner pas mal depuis quelques jours (ouf)

Arrives-tu à écrire en ce moment ? En dehors du boulot ? Rien, nada ! C’est d’ailleurs un peu mon problème, j’ai mille idées perso en terme d’écriture mais quand j’ai trop de temps libre, y’a rien qui sort devant une page blanche. Je suis comme une poule devant un saxophone. C’est toujours dans les périodes les plus surchargées de taf que mon cerveau me balance les meilleures idées de bouquins ou de scénar. J’ai l’impression que je ne peux être créative que dans l’urgence, le stress et le bouillonnement… En gros : quand je n’en ai ni le temps, ni l’énergie. C’est quand même très mal foutu cette histoire.

Le truc le plus inattendu que tu aies fait depuis le début du confinement ? Un bébé ! (ah ah non, je rigole, c’est juste pour faire flipper ma mère ! JE RIGOLE MAMAN) J’ai fait des trucs comme des bouquets de fleurs séchées, de la déco, des desserts ultra compliqués, des photos super intagrammables, des carrés pour un futur potager, pour un poulailler… Bref, j’ai un peu eu ma période « Marie-Antoinette au Petit Trianon », les finances est les perruques de douze kilos en moins.

Le premier truc que tu as envie de faire après ? Voir mon neveu, le fils de mon petit frère, qui est né le 21 avril (le bébé, pas mon frère) Il est magnifique, BEAUCOUP trop mignon et ça me rend hystérique de ne pas pouvoir lui faire des câlins (au bébé, pas à mon frère). Et puis boire des coups avec mes frère et soeurs, mes voisins (qui sont tous des amis proches), mes parents, mes amis à Lille, à Paris… et retourner me balader à Gand, à Bruges, à Amsterdam…Mais ça, c’est pas pour demain…

Les 3 comptes Twitter ou IG que tu adores suivre depuis le confinement ? Sur Insta @Kerenannmusic qui fait un live tous les soirs à 22h. Je ne peux pas me connecter tous les jours mais dès que je peux, je fonce : déjà, c’est une fille que j’adore en temps normal mais alors quand elle chante… c’est une merveille ! Sinon, ma copine @karinegrandval qui a ouvert sa chaine Youtube et qui a toujours la vidéo pratique qui tombe pile poil au bon moment : « Comment faire du gainage sans se fatiguer » « La recette des gnocchis ultra facile et pas prise de tête et trop bonne », je lui pique toujours des idées.

A part ça, les comptes déco : j’en suis des tonnes depuis le début du confinement. J’adore ça et je hurle de rire devant les appellations complètement allumées des couleurs de peintures, entre le bleu « Aile de tourterelle sur la Dune du Pyla » ou le jaune « Coeur de pissenlit délicatement froissé à la main »…J’ai un petit faible aussi pour les noms d’ambiance déco : « Apéro Chill à Ipanéma » « Pause détente sur un rocher à Etretat »… Tout ça pour un pauvre transat en bambou sorti d’un container à Rotterdam, mais ça permet de s’évader à peu de frais.

Sur Twitter : je suis un monde fou, impossible de choisir ! C’est mon terrain de jeu préféré !

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