L’interview de la maman déconfinée, Caroline Caen alias Miss Bêtises

Caroline est une de mes meilleures amies. On s’est connues dans un open space il y a 14 ans alors que je n’avais encore qu’un seul enfant et elle aucun. Lorsqu’on s’est mises à chanter du Brel, du Barbara, du Reggiani et du Cloclo on a su qu’on deviendraient amies.

Depuis nous ne sommes plus dans un open space, elle a une fille, moi 3 autres enfants et on se retrouve régulièrement pour un week-end entre filles ou une soirée à chanter.

A côté de son boulot, elle a créé le compte de chansons parodiques Miss Bêtises sur Instagram. Je vous conseille d’aller y faire un tour et même de vous abonner !

Comment a t-elle vécu ce confinement ? Elle me dit tout.

Nom  CAEN

Prénom Caroline

Age 40 ans

Situation de famille ? En couple, une fille

Age de ta fille ? 6 ans

Métier ? DirCom dans une agence media 

Lieu de confinement ? Un endroit qui ne figure même pas sur Google Earth / Gadancourt – Dans le Val D’oise

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? J’avoue que ça m’a serré le cœur lorsque le président a fait l’annonce. J’ai pensé que la situation était grave. La fermeture des écoles m’a particulièrement choquée. Que notre système éducatif soit ainsi impacté, j’ai pensé qu’on traversait quelque chose de vraiment sérieux. Que nos enfants ne puissent plus (pour un temps indéterminé) apprendre, rire et s’amuser avec leurs camarades, c’est frapper au cœur même de ce qui construit notre société.

Ensuite, tout est allé très vite, on a préparé les sacs pour se confiner à la campagne. On a eu cette immense chance d’avoir cette alternative. Le départ ressemblait à une fuite précipitée. J’ai vidé tous nos tiroirs directement dans nos valises sans même faire le tri. J’ai tout pris, de peur d’oublier quelque chose. On a évidemment embarqué avec nous nos deux tortues et notre poisson rouge. Impossible qu’ils ne traversent pas cette aventure avec nous.

Elisa a préparé son petit sac à dos avec ses peluches préférées. Nous avons essayé de ne pas l’affoler. Pour Elisa, ça sonnait plus comme une aventure et la fin de l’école, une sorte de miracle inespéré.

Très étrange, en claquant la porte de l’appartement, presque vide, j’avais le sentiment qu’on ne reviendrait jamais. J’ai voyagé dans notre voiture débordante de sacs et de provisions, avec l’aquarium des tortues sur les genoux. Epique, surtout pour elles. 

Déconfinée maintenant ?Après le 11 mai, nous sommes restés à la campagne. Donc je ne me sentais pas vraiment déconfinée. Rien de ma vie quotidienne n’avait à ce moment réellement changé si ce n’est une après midi « parenthèse bucolique » où j’ai pu revoir de très proches amies. On n’a pas pensé au Corona ce jour là. C’était une journée normale, de discussions, de rires  et de chansons , à la distanciation sociale prêt.

Je suis à Paris maintenant depuis près d’une semaine. J’étais très contente de rentrer. Mes premières sorties m’ont semblées normales au port du masque près dans les lieux fermés. J’ai pu revoir des amis. J’essaye de vivre le plus normalement possible en faisant attention.

Déconfite ? J’ai des jours avec et des jours sans. Parfois emprunte d’un optimisme à toute épreuve et le lendemain … vous devinez ! Mais pas déconfite, car je je me dis que les choses ne peuvent que s’arranger.

Le truc le plus inattendu que tu as fait pendant le confinement ? Me laver tous les jours (ahahaa) Non ! Une vidéo avec Elie Semoun dans le cadre de mes activités parallèles. Totalement incongru !

Ecole ou pas école ? Et l’école à la maison ça a été (ou c’est)…comment ?Elisa a repris ce matin. Elle est contente et nous sommes confiants.

Nous pensons que c’est important qu’elle retrouve un peu de lien social en retrouvant ses camarades même si nous l’avons bien prévenu que ce serait légèrement diffèrent.

Quant à l’école à la maison, nous avons manqué de régularité et Elisa de concentration, ce qui n’a pas fait bon ménage. Mais j’ai aimé lui consacrer ce temps et qu’elle soit fière quand elle arrivait enfin à déchiffrer un mot. J’ai pour ma part bien révisé mon alphabet, donc bénéfices partagés.

Tu tiens la page MISS_BETISES sur laquelle tu fais des chansons parodiques. Tu as continué de travailler durant cette période ? Oui énormément. Enfin travaillé… Je m’amuse tellement avec cela que ça ne me semble pas du tout du travail.

L’avantage d’une telle situation si inédite et au cœur de l’actualité, c’est que c’est très inspirant. Presque chaque jour, de nouvelles idées de parodies naissaient. Ça m’a probablement beaucoup aidé à vivre la situation avec plus de recul. L’humour a ce pouvoir de dédramatisation. Je m’y emploie chaque jour du mieux que je peux pour voir la vie du bon côté. Je pense que certains de mes abonnés étaient contents aussi de voir ce sujet traité avec un peu de second degré. Si j’ai pu les aider à sourire et à leur changer les idées, alors je suis heureuse.

Les chansons qui ont accompagné ton confinement ?

J’ai brassé large dans le répertoire Français et fais de nombreuses parodies (goguettes pour les adeptes ;)). De la mythique chanson de JJ Goldman des restaus du cœur, à Belinda de Cloclo en passant par Gainsbourg et le poinçonneur des Lilas, Sheila et l’école est finie, Edith Piaf et la Vie en rose, Niagara et l’amour à plage, Michel Legrand (que j’adule) en duo avec Elie Semoun sur la chanson de Maxence, Aznavour et je m’voyais déjà…  et j’en passe. Ça a été une période très faste en terme de créativité. Je me suis énormément amusée.  

Cette période t’a inspirée ?Oui, très inspirante et sur de nombreux thèmes. L’objectif c’était de parler de sujets transverses sur fond de corona. J’ai donné en chanson mes conseils pour ne pas s’ennuyer, évoqué toutes les choses que je détestais faire avant et rêvais de faire maintenant et puis j’ai surfé sur l’actu. Les discours d’Edouard Philippe, le port du masque etc… Et puis plus globalement, certains thèmes m’ont amusé :  Hidalgo et l’ouverture de Paris Plage, Giscard D’Estaing accusé d’agression sexuelle etc… Les crises ont donc du bon sur le plan de l’imagination. 

Tes  projets ? Je poursuis évidemment mon compte instagram avec le même objectif, traiter de l’actualité en chanson et de façon décalée et toujours avec second degré. Et je prépare une audition pour une comédie musicale. C’est fou et totalement surprenant. Miss Bêtises m’entraine sur d’autres terrains de jeu et me fait sortir de ma zone de confort. C’est ce que j’aime dans ce projet.

Ton rêve à tout de suite ? D’abord, que le corona virus fasse vraiment parti du passé pour pouvoir serrer les gens que j’aime dans mes bras. Que peut être cette expérience puisse faire ressortir et faire naitre des initiatives positives agrémentées d’un sens plus fort de la solidarité et du civisme (j’en doute malheureusement).

Que nous puissions tous reprendre nos vies normalement et savourer de nouveau toutes ces libertés dont nous n’appréciions peut-être pas assez la saveur.

Je vais savourer et croquer la vie à pleine dents et toujours en chanson.

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