L’interview de la maman déconfinée : Cynthia Kafka alias Mamanbavarde, auteure

J’adore Cynthia et depuis que je l’ai rencontrée on est devenues copines. Elle tient un chouette blog, mamanbavarde, elle écrit des romans formidables, elle est drôle et en plus son chien vient d’écrire un livre ! Cette ex maitresse d’école nous raconte son (presque) déconfinement.

Nom : Kafka

Prénom : Cynthia

Age : 40 !

Situation de famille ? Mariée, deux enfants (ça me rappelle une série mais ce n’est pas du plagiat !) et un labrador.

Age des enfants ? 13 et 9 (ce qui est difficile à comprendre vu qu’ils sont nés hier)

Métier ? Rédactrice et auteure indépendante.

Lieu de confinement ? Privilégié. Nous vivons à la campagne, au bout d’une impasse, dans une grande maison avec un grand jardin situé entre des champs et une forêt. (et là, tout le monde me déteste !)

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? Je me rappelle, on se faisait un apéro dinatoire devant la télé et je mangeais un morceau de carotte crue (on a les souvenirs qu’on peut.) On avait appris deux jours plus tôt que la classe de neige du 9 ans était annulée (il devait partir le lundi où le confinement a été annoncé), et donc après avoir dû le consoler pendant tout un week-end, finalement, on a été plutôt soulagé, sans réaliser vraiment les implications, c’était trop irréel, trop flou. On s’y attendait sans savoir si on en était heureux ou complètement flippé.

Déconfinée maintenant ? Pas vraiment. On vit à 600 kilomètres de notre famille et de nos amis, donc pas de grandes retrouvailles pour le moment, et on reste hyper prudent (ma famille dirait que je suis psycho rigide et ils n’auraient peut-être pas tout à fait tort.)

Déconfite ? Plus, oui ! Après plusieurs semaines à prendre un nouveau rythme, on avait réussi à harmoniser, à trouver nos repères… et à s’accommoder plutôt bien de ce nouveau quotidien, j’ai l’impression que ce déconfinement s’annonce comme un éléphant qui entre dans ma petite boutique de porcelaine et fait voler en éclats notre bulle.

Le truc le plus inattendu que tu as fait pendant le confinement ? Le truc ? Genre un seul ?! J’ai fait du paddle sur la piscine parce que la rivière était interdite d’accès. J’ai accepté de nombreux challenges, me suis prise en photo avec un coussin en guise de tenue, me suis fait hideuse puis princesse pour une vidéo avec les copines, ai dansé avec ma fille pour TikTok, ai enfilé une fausse crinière pour le GettyMuseumChallenge, et on a aussi fait des voyages de confinés. Avec mon mari et mes enfants, on s’est pris en photo et j’ai ensuite collé ces photos dans divers paysages du monde. On est ainsi partis en Birmanie, en Moldavie, en Afrique du sud… c’était cool ! Bon, sinon, j’ai aussi essayé de faire du pain comme un bon mouton influencé mais j’ai foiré donc je ne préfère pas en parler !

Ecole ou pas école ? On continue l’école à la maison. Dans ma vie précédente, j’étais instit, alors ça aide… non, je déconne. Ca n’aide pas du tout, j’ai failli péter un plomb pendant trois semaines avant de comprendre qu’il fallait y aller mollo et que mes gosses ne préparaient pas le concours HEC. On a pris le parti d’en rire, et ça va mieux (mais on s’octroie beaucoup de récrés en partant du principe que la situation est inédite et les apprentissages différents).

Tu es écrivaine et blogueuse. Tu as continué de travailler durant cette période ? Pas du tout les premières semaines. J’étais accaparée par mon télé-travail d’instit de mes gosses, et par ce concept très con du « profitons de ce confinement pour  blablabla ». Marie Kondo aurait été fière de moi, j’ai blindé le garage de trucs à virer qui n’avaient pas servi depuis 1998 (mais j’ai gardé mon CD de Will Smith et ma cassette audio de Patrick Bruel, quand même.)

Et puis petit à petit, j’ai réussi à reprendre du plaisir à écrire. Sur les réseaux sociaux surtout, et pour moi aussi.

Es tu arrivée  à lire pendant le confinement ? Très peu. J’ai lu deux romans, en fait. Un que je corrige pour une amie, et « les oubliés du dimanche » de Valérie Perrin que j’ai adoré. Je m’étais promis (tu sais, dans la phase « profitons du confinement pour blablabla… », de découvrir de grands classiques de la littérature, mais finalement, je me suis fait les 4 saisons de Lucifer sur Netflix !

Quel est le rôle des livres selon toi durant cette drôle de période ?S’évader, clairement. Mais je crois qu’on réagit tous différemment, et moi je n’arrivais pas à entrer dans un roman qui se joue dans le vrai Monde et où les gens s’approchent à moins d’un mètre et se claquent la bise. Ca me hérissait le poil (que j’ai long et soyeux puisque je n’ai pas croisé mon esthéticienne depuis le mois de février). Il m’aurait fallu du fantastique pour changer complètement de réalité (mais je n’en avais pas).

Les livres que tu attends le plus maintenant ?Je n’attends pas un livre en particulier, j’ai besoin de croiser un titre, une couverture, une quatrième de couv et d’être attirée par quelque chose, un mot, une couleur, un détail…

Bon, si, j’attends avec impatience le prochain livre de Virginie Grimaldi (Et que ne durent que les moments doux) pour le mettre à côté de ceux de Sophie Henrionnet (Sur les balcons du ciel), de Serena Giuliano (Mamma Maria) et le mien (Le meilleur rôle de ma vie) dans ma bibliothèque, mais c’est juste pour nous réunir sur une étagère, puisque je l’ai déjà lu (ceci dit je vais le relire dans sa version de papier !)

Tes  projets ? Je m’occupe en ce moment de ma boutique en ligne rattachée à mon blog, et du lancement d’un guide écrit avec l’illustratrice Camilla Gallapia. C’est un guide écrit par mon chien Orson pour éduquer tous les chiens de France et d’ailleurs. Et je sais que toi, tu ne vas pas me juger pour avoir fait écrire un livre à mon chien, n’est-ce pas ? 😉

Ton rêve à tout de suite ? Filer en Picardie pour serrer mes parents dans mes bras, et aller voir ma grand-mère. Et puis après, faire du paddle sur la rivière !

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