L’interview de la maman déconfinée : Olivia Elkaim, journaliste et romancière

J’ai connu Olivia par ses livres qui sont tous merveilleux, je le sais je les ai tous lus. Alors qu’elle s’apprête à publier le 20 aout son sixième roman « Le tailleur de Relizane », elle me raconte son confinement et son déconfinement.

Nom : Elkaim

Prénom: Olivia

Age : 44 ans

Situation de famille ? Divorcée, deux enfants

Age des enfants ? 5 et 10 ans

Métier ? Journaliste et romancière, je donne parfois des cours d’écriture créative à l’école Les Mots.

Lieu de confinement ? En Mayenne, limitrophe de la Bretagne que j’adore.

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? J’étais déjà confinée et loin de Paris. Je souffre d’une maladie pulmonaire irréversible et les médecins qui me suivent m’avaient alertée dès février de la vigueur et de la circulation de ce virus à Paris où je vis habituellement. Ils m’ont encouragée à m’éloigner, mais je ne savais pas que ce serait pour de si longs mois. Je n’ai d’ailleurs dans ma valise que des fringues d’hiver ! C’est très très futile, j’en ai conscience… La nuit, je rêve de mon armoire parisienne, de mes tuniques et de mes robes d’été, de mes spartiates. Je ne suis pourtant pas du tout  « girly » ni même très attachée à mon look.  En fait, en temps normal, je m’en fiche un peu. Mais ça me mine le moral de devoir enfiler des cols roulés alors qu’il commence à faire chaud.

Déconfinée maintenant ? Pas du tout ! Je reste tranquille dans la maison et sors extrêmement peu. Je continue de me protéger ainsi. De toute façon, je ne suis pas forcément hyper sociable, pas très « dîner en ville », je suis assez solitaire. « Insulaire » est un adjectif qui me qualifie bien.

Déconfite ? Pas vraiment. Ce n’est pas un mot qui me parle, à part pour l’association d’idées qui me mène au « confit de canard », un de mes plats préféré avec le couscous de ma mamie Viviane (qui est morte depuis dix ans certes).

En revanche, je suis très inquiète de la situation globale, très inquiète pour mes enfants, du monde dans lequel ils vont vivre, un monde dans lequel les gens se promènent avec des masques-muselières et doivent se tenir à distance les uns des autres. Ca, ça me fait flipper d’autant que je suis très tactile, très « séfarade » dans mon approche, à adorer les embrassades et les effusions avec mes amis, ma famille.

Le truc le plus inattendu que tu as fait pendant le confinement ? Donner le « bon à tirer » de mon sixième roman à paraître le 20 août aux Editions Stock à distance, faire toutes les corrections à distance, toutes les réunions à distance… et même une vidéo à destination des libraires où je parle de mon roman. Ce côté « à distance » m’aurait semblé complètement baroque il y a seulement trois mois !

Ecole ou pas école ? J’ai trouvé plus prudent, compte-tenu de la situation sanitaire, que les enfants ne retournent pas tout de suite à l’école. L’école à la maison, c’est compliqué. Je trouve que les enfants n’ont pas besoin de ça dans les circonstances exceptionnelles que nous traversons. Ils ont besoin d’amour, de tendresse, de disponibilité, de jeu, d’échanges. Pas de parents qui se transforment en maîtres d’école.

Tu es écrivaine et journaliste. Tu as continué de travailler durant cette période ?  Tes projets ont été décalés ? Je travaillais sur un projet de pièce de théâtre que j’ai laissé de côté pour l’instant. Je suis gelée du point de vue littéraire. Incapable d’écrire une ligne, incapable de penser la situation raisonnablement, intelligemment. En revanche, j’ai énormément travaillé pour La Vie où je suis la bioéthique et la médecine. Cela m’a beaucoup aidée à affronter cette période.

Es tu arrivée  à lire pendant le confinement ? Je lis péniblement la nuit quand je fais des insomnies, le même livre depuis février « L’odyssée » de Daniel Mendelsohn, sur son lien avec son père.

Quel est le rôle des livres selon toi durant cette drôle de période ? Ils peuvent sans doute aider à s’évader, à vivre d’autres vies, à voyager. Sans doute. Mais alors que je lis trois livres par semaine, en temps normal, je n’ai rien pu lire (à part le Mendelsohn qui est une variation sur l’odyssée, invitation au voyage tout de même). Beaucoup de romans m’attendent sur ma table de chevet.

Les livres que tu attends le plus maintenant ? Ceux de la rentrée littéraire de septembre. J’ai hâte de voir dans quelle production va s’insérer « Le tailleur de Relizane » mon sixième roman. J’aime beaucoup lire les romans de mes contemporains.

Tes  projets ? La sortie prochaine de mon roman et un bel été avec mes enfants.

Ton rêve à tout de suite ? Me baigner dans l’Atlantique, idéalement dans la crique de Port Scheul à Belle-île-en-mer.

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