L’interview de la serialmother : Camille Nahum, Scénariste et réalisatrice

Pour ceux qui suivent (il y a en a 2, 3 dans la salle je crois).Avant l’été j’avais eu la chance de rencontrer et d’interviewer la merveilleuse Sophie Nahum qui réalise des vidéos essentielles et formidables sur les derniers rescapés de la Shoah.(ça s’appelle Les Derniers c’est par ici).

Sa soeur est tout aussi formidable (y a des familles comme ça). Elle s’appelle Camille et c’est avec joie que je l’ai aussi interviewée ici et maintenant !

Camille est réalisatrice, scénariste, maman solo et plutôt très drôle !

Qui est cette maman solo qui est en train de réaliser un long métrage, qui écrit une série,qui vit à mille à l’heure et qui rêve de rencontrer l’homme de sa vie ? Lisez donc !

Et vive les soeurs Nahum !

SERIALCV

Nom NAHUM

Prénom CAMILLE

Age 39

Situation de famille ? CELIBATAIRE

Métier ? SCENARISTE-REALISATRICE

Prénom et âge de ton enfant ? LUCIE BIENTOT 4 ANS (en décembre)

Surnoms que tu lui donnes ? BOUBOU (aucune idée pourquoi) ou LULU (plus évident)

Surnoms qu’elle te donne ? Maman-Chérie-D’Amour

SERIALQUESTIONS

Dernière punition ?

C’est rare que je donne des punitions (je suis assez sévère pour ne pas en avoir besoin, en général) mais la priver de dessins animés est toujours très efficace, j’avoue. La dernière fois, c’était il y a deux semaines, je crois, et elle s’est tenue à carreaux tout le reste de la semaine, car elle sait pertinemment que je vais rien lâcher.

Dernier câlin ?

Alors on est TRES câlins ! D’ailleurs, je suis la seule personne à qui elle accepte d’en faire (avec son papa, bien sûr) et du coup, j’ai droit à de bonnes grosses doses ! Mais, la règle est d’éviter de lui réclamer et de la laisser venir à moi. Mais le câlin, chez nous, c’est dès le réveil jusqu’au coucher !

Dernier plat cuisiné par toi (picard compte  pas) ?

En tant que grande gastronome, je ne fais QUE des plats maison à base de produits frais du marché ! Donc, hier…

Tu es réalisatrice, scénariste, comédienne. Raconte nous en quoi cela consiste car ça envoie du rêve !

Oui, après m’être essayée à pas mal de choses, je suis revenue à mon premier rêve : faire de la fiction !

J’ai le pouvoir de sublimer mes soucis, mes problèmes et mes angoisses en belles histoires. Mais, ce rêve à un prix, surtout quand on est maman solo.

Je travaille à côté, pour gagner ma vie, je suis coach en communication et développement personnel et j’adore ça ! Je travaille également pour une boîte de web, en ce moment.

Je cumule pleins de projets car l’écriture, en soi, ne paie pas tant qu’un projet n’est pas en développement dans une chaîne ou tant qu’il n’est pas financé.

Donc, pour me donner les moyens de ce rêve, j’ai renoncé à toute vie sociale (ou sentimentale) et je bosse environ 14 heures par jour et souvent les week-ends. Mais un rêve n’a pas de prix , et c’est une chance de pouvoir encore rêver quand on a des enfants.

Comment on fait pour dire à ses parents qu’on veut devenir comédienne ?

Alors, j’ai eu la chance que mes parents m’aient toujours encouragée dans ma passion ! (même si je ne leur ai pas vraiment laissé le choix) La seule condition était de passer le bac. (Je voulais arrêter l’école en troisième pour me consacrer à la comédie et ça, c’est pas passé !)

En plus, c’était le rêve de ma mère de devenir comédienne, donc, quelque part, elle l’a vécu un peu à travers moi. Par contre, j’ai commencé à bosser juste après le bac, comme serveuse, pour me payer mes cours de théâtre ; ça aussi c’était le deal !

Mon père m’a tellement encouragée qu’il a même monté une boîte de production (je précise qu’il est radiologue), pour produire avec moi mon premier spectacle « Le chat du rabbin » d’après la BD de Joann Sfar.  Il m’a dit que c’était sa façon à lui de financer mes « études ». Quand j’avais 24 ans, on est donc devenus associés, en quelque sorte, et jusqu’à aujourd’hui, on a encore pleins de projets qu’on voudrait réaliser ensemble et, surtout, celui d’ouvrir un genre de resto-théâtre. Mes parents sont toujours très fiers de moi et ce ne sont pas les derniers à rigoler à mes blagues et mes bêtises, aussi vulgaires soient-elles. Ma mère est une cinéphile aguerrie et c’est ma première lectrice. Quand j’ai terminé un projet, en général, je me fie d’abord à son avis, avant de le présenter aux producteurs. Elle a une vraie sensibilité et une vraie culture cinématographique. En ce moment, elle m’aide à faire le casting de mon film « Jokos » et me propose régulièrement des comédiens.  Donc, plus qu’un soutien, ce sont de vrais partenaires, depuis toujours.

Tu as fait de la scène aussi, raconte !

Oui, j’ai commencé par la scène car, depuis très jeune, je voulais, envers et contre tout, devenir comédienne. Ca a été une période de ma vie très importante, mais aussi assez douloureuse. Je suis une très grande traqueuse, donc, tous les jours, j’angoissais toute la journée, avant de monter sur scène. Une fois que le rideau s’ouvrait et que le public apparaissait, je me sentais à ma place, à la maison, là où je devais être. Mais, le lendemain, cette boule revenait, dès le réveil et me pourrissait la journée. C’est une des raisons qui ont fait que j’ai arrêté la scène. Même si je ne renonce pas à y revenir, un jour…

Tu es maman célibataire, comment se passe ta vie de maman ?

Aujourd’hui, je partage ma vie entre mes deux passions : ma fille et le cinéma. Difficile de trouver de la place pour autre chose, car les deux sont très prenants et demandent beaucoup d’implication.

Disons que je n’ai pas trop l’habitude de marcher, je cours ! Tout le temps ! Je ne sais pas ce que c’est que de ne faire qu’une chose à la fois, le repos est un mot de plus en plus étranger. Mes amis ont changé, à chaque fois que je les revois et le concept de retrouver un amoureux se classe plus, pour le moment, dans le tiroir du fantasme… Mais, je n’ai jamais été aussi libre et heureuse !

Ma fille et moi, on a notre petite vie à 2 et on s’éclate ! On rit, on découvre, on partage. Elle m’apprend sur la vie autant que j’essaie de lui en apprendre et le monde est tellement plus beau en le voyant avec ses yeux d’enfant. Moi, j’ai toujours le sentiment d’avoir 20 ans, donc on n’est pas si loin, en âge, elle et moi.

C’est une vie assez aliénée et aliénante mais j’apprends à voir le verre à moitié plein et j’en profite à fond, tant que je n’ai pas vraiment le choix.

Quel regard les autres posent sur toi ?

Je crois que pas mal de gens se demandent comment j’arrive à composer avec tout ça, surtout en ayant choisi un métier aussi précaire et incertain. Mais, j’ai le sentiment que c’est quand on se met en danger, que les choses se réalisent, alors je fonce !

J’adore quand on me nomme « warrior » ou que les gens me disent qu’ils sont impressionnés par mon courage ; ça me conforte encore plus dans ma bataille et ça me donne la force de continuer avec fierté.

Ta fille comprend ton job ?

Oui, je lui montre les films que j’ai réalisés et elle fait bien la différence entre la vraie vie et le cinéma. Heureusement parce qu’elle m’a vue embrasser un homme, être enceinte, pleurer…

Quand on lui demande, elle dit : « Maman, elle fait des films ». Je crois que ça l’impressionne pas mal, mais elle ne trouve pas ça complètement absurde non plus. D’autant que je l’emmène souvent au cinéma et elle adore ça !

C’est quoi tes projets?

Tourner mon premier long-métrage Jokos pour le cinéma en 2020, si tout va bien. Tourner ma série « Qu’est-ce qui pourrait sauver l’amour » pour la télévision. Terminer l’écriture de deux nouveaux projets de long-métrages, l’écriture d’un nouveau court et lancer sa production (que j’auto-produis), lancer l’écriture et la production d’une mini série pour le web…

Acheter une résidence secondaire et trouver l’homme de ma vie.

A terme, j’aimerais bien quitter Paris pour m’installer un peu plus au vert, mais j’attends d’abord de refaire ma vie pour réaliser ce projet « en famille ».

Qu’est ce qui te rend le plus fier de ta fille ?

Le fait de la voir si bien dans sa peau, à l’aise et libre.

Tous les jours, je lui dis combien je suis fière d’elle et c’est très important, je pense, pour sa construction. On compense toujours un peu ce dont on a manqué, j’imagine, et moi, je me focalise beaucoup sur ça, c’est vrai.

Quand on me dit, à l’école, qu’elle est toujours souriante et gaie, rien ne me rend plus fière et heureuse.

Que veux-tu lui transmettre ?

L’amour des autres, le partage et la bienveillance. Je suis un peu dure, d’ailleurs, à ce sujet et j’ai tendance à me fâcher quand elle refuse de prêter ses jouets.

Je veux aussi lui transmettre que dans la vie, il faut se battre et ne rien lâcher, ne pas renoncer et avancer. Mais ça, je crois qu’elle me voit assez le faire au quotidien et elle a cet état d’esprit naturellement, sans que j’ai besoin de lui inculquer. On dit que les enfants intègrent et reproduisent plus ce qu’ils voient que ce qu’on leur dit. Je veux aussi que ma fille soit autonome et forte, dans la vie, car je sais que je ne serai pas toujours là pour la protéger.

Un rituel du soir ?

Je dois la porter « en princesse » (ou en sac de patate, en fonction de son humeur) jusqu’aux WC, puis jusque dans la salle de bain, elle fait semblant de dormir ; j’allume toutes les lumières avec ses pieds. Ca nous fait beaucoup rire ! Après, elle me raconte sa journée, dans son lit, ou ce qui l’a marquée, en tout cas. On parle de la vie, du monde, des gens… Elle vient tout juste de m’avouer qu’elle était amoureuse. Et puis, je lui chante une chanson que j’aime (de la Soul ou du Jazz, en général) en lui faisant des « gratouillis » dans le dos, puis je lui chante « Dodo Ninette », la chanson que ma grand-mère me chantait enfant. Les paroles sont un peu obsolètes, car elles parlent d’une jeune fille qui va se marier à 16 ans… D’autant que moi, je ne me suis jamais mariée. Mais, ça me fait vraiment plaisir de lui transmettre ce souvenir de ma grand-mère que j’aimais tant et qui est partie bien trop tôt.

Bon et un moment où tu as envie de la larguer pour fuir loin avec mojito ?

Je crois que j’ai pas le temps d’avoir cette envie, mais j’avoue que le lever 7h15 TOUS les matins, je ne m’y fais toujours pas et que c’est vraiment LE moment de la journée où j’aimerais bien être ado et sans personne à charge et fumer des clopes au lit.

Tes bonnes astuces de maman ?

Pour faire manger des légumes à ma fille, ou autres aliments compliqués, je la fais cuisiner avec moi. C’est un chef étoilé qui m’avait donné cette astuce, quand je dirigeais un magazine gastronomique sur M6. Elle est tellement fière de manger les petits pois qu’elle a écossés ou ses frites de poisson maison !

J’évite les médicaments, de façon générale, et je la soigne, tant que possible, par l’alimentation.

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