L’interview de la serialmother : Michèle Fitoussi, journaliste et écrivain

Michèle Fitoussi est non seulement éditorialiste au magazine féminin ELLE mais elle est avant tout une journaliste qui se soucie de la question des droits des femmes en général. Elle a publié de nombreux articles sur ce sujet.                                                                                                                                                                                    C’est d’ailleurs le destin d’une femme, Helena Rubinstein, qu’elle vient de raconter à travers une sublime biographie.                                                               

Et c’est en tant que serialmother de deux grands serialkids, qui restent tout de même des kids, qu’elle se livre avec délicatesse et générosité.  

CV de la serialmother

Nom : Fitoussi

Prénom : Michèle

Prénoms et âges des enfants : Léa, 28 ans et Hugo, 25 ans.

Poids et taille à la naissance : 52 cm et 3,5 kilos tous les deux.

Et maintenant ?! Léa 1m67 et Hugo 1m80, environ.

Serialquestions

Vos enfants sont déjà grands. Quelle période a été la plus sympa ? J’ai tout aimé de la petite enfance à l’âge adulte. J’ai la nostalgie d’eux quand ils étaient des bébés souriants et potelés ou quand je les emmenais à l’école. Ah ce jour terrible où plus aucune petite main ne se glisse dans la votre…Et même le moment de l’adolescence difficile, n’a pas été catastrophique. J’ai eu de la chance, mes enfants sont formidables, drôles et gentils. On a eu beaucoup de fous rires, de rigolades ensemble. On a pas mal voyagé aussi.

Quel moment a été le plus dur ? L’adolescence quand même parce qu’à ce moment là, ils ont envie d’autonomie, ce qui est normal, qu’ils transgressent et mentent et qu’on se demande quoi faire…Et puis l’école pour l’un des deux. Jusqu’au bac, il a toujours fallu pousser. Après c’était plus simple même si on se demande toujours si la voie qu’ils ont choisie est la bonne. Moi j’ai toujours respecté leurs choix et je les ai encouragés.

Etait ce difficile de mener de front votre carrière et votre vie de maman ? Petits, ils comprenaient votre métier ? J’ai beaucoup travaillé chez moi, écrit mes livres, mes papiers  dans mon bureau. Pendant une grande partie de leur enfance, j’ai évité de voyager et banni le grand reportage sauf à de rares occasions pour ne pas les laisser. Je me rattrape aujourd’hui…A la maison, ils savaient que je travaillais beaucoup et ils me respectaient même s’ils affirment aujourd’hui que je m’inquiètais plus quand mon ordinateur était en panne que lorsqu’ils avaient de la fièvre…      Aujourd’hui Hugo termine des études de journalisme après un master de droit et Léa qui a fait une prépa littéraire et des études de philo et de cinéma fait des documentaires et écrit des scénarios. Preuve que mon métier (qui est aussi celui de leur père) ne les a pas fait trop souffrir…

Y a t-il un sujet que nous n’avez jamais réussi à aborder avec eux ?  Plutôt pas voulu que pas réussi…Leur vie privée. Je suis sans doute pudique, eux aussi. Mais pour moi c’est une forme de respect. Bien sûr je connais leurs amours, j’aime bien savoir qui est l’élu (e) du moment mais je ne vais pas plus loin.            

Et de quelle façon avez vous abordé, quand c’était le moment,  les sujets « interdits »: sexe, drogues et rock’n’ roll ?   Sur la drogue, j’ai dit que c’était illégal et que s’ils se faisaient prendre, je n’irai pas les chercher au commissariat. Je ne suis pas idiote, j’ai été jeune avant eux, je sais qu’un joint n’a jamais fait de mal à personne pas plus qu’une bonne cuite. Il faut veiller à ce qu’ils ne dépassent pas les limites, ce qui  n’est pas évident et peut sérieusement angoisser. Mais même si j’ai été souvent pénible sur certains sujets comme les sorties (je ne les ai jamais autorisés jusqu’au bac à rentrer après deux heures du matin et je voulais savoir où ils étaient, non pour les surveiller mais pour me rassurer), et un peu trop anxieuse, au fond de moi, je leur faisais confiance. Et le sexe n’a jamais été tabou même si je préférais que leur copains/copines ne dorment pas à la maison.    

Léa et Hugo 1986...

Quelle genre de maman êtes vous ? Mère poule ? Mère autoritaire ? Un doux mélange des deux ? Mère poule oui (ils se moquent assez de moi là dessus), mère autoritaire aussi (mais aujourd’hui tous deux reconnaissent que les limites ont du bon). Mère anxieuse ausssi. C’est ce dernier point qui n’est pas toujours facile à comprendre pour des enfants.  Mais j’ai pas mal travaillé dessus et je suis devenue plus calme. D’autant que tous les deux sont de vrais globbe trotters…

Sur quoi n’avez vous jamais cédé ? Le scooter tant qu’ils vivaient à la maison (je voulais dormir la nuit). Les sorties à point d’heure. Après le bac oui, mais avant non. Cela dit tant qu’ils ont vécu chez moi, et parce que je suis une personne anxieuse, je voulais qu’ils me préviennent s’ils rentraient dormir ou pas.

Quel est le meilleur conseil que vous leur ayez donné ?  Je ne sais pas. Des conseils j’en donne beaucoup, allez savoir ce qu’ils ont pu retenir.       

Pourquoi êtes vous fière d’eux aujourd’hui ? Pour tout. Ce sont des jeunes adultes épanouis qui aiment ce qu’ils font et qui sont tournés vers les autres.      

Pour finir, comment vous appellent -ils ? Un petit surnom ? Et comment les surnommez vous ? Ah faut-il vraiment l’avouer ? Un jour mon fils m’a appellé « Mémèche » en contrefaisant la voix de Chirac et c’est resté, même pour leurs amis…Ca me fait rire, c’est vrai… Mais bon, en général c’est Mam, Mamounette …

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