Les gens qui jugent sur les réseaux sociaux.

Qui dit réseau social, dit social.

Le bon côté de FB, Insta, Twitter et autres Tik Tok c’est le lien. Créer du lien avec l’autre, l’inconnu que je n’aurais jamais rencontré dans la « vraie » vie. Je trouve cela formidable et me concernant, c’est notamment grâce à ces réseaux sociaux que j’ai construit mon identité de Serialmother.

Mais car il y a un MAIS…je fais attention à tout ce que j’écris, j’essaie de faire rire puisque c’est ce positionnement que j’ai adopté et je veille scrupuleusement à ne pas froisser les uns et les autres.

MAIS car il ya encore un MAIS…cela est impossible. Car, quoi que l’on dise, quoi que l’on montre, même parfois la simple fleur qui éclôt en hiver dans la neige, me vaut des insultes. Et Dieu sait que je ne crois pas créer de polémique quand je le fais.

Planqués derrière leurs écrans certains se croient permis de s’adresser à moi en m’insultant, en me traitant des pires noms.

Jamais dans la vraie vie on n’agresse une femme (enfin j’espère…) parce qu’elle dit qu’elle allaite ou qu’elle donne encore la tétine à 4 ans. Jamais dans la vraie vie on ne dit à une blogueuse qu’elle aurait du se faire couper les trompes pour éviter d’enfanter car son humour est pris au premier degré (je le sais, on m’a plusieurs fois demandé pourquoi j’avais enfanté si c’était pour me plaindre et une fois on m’a suggéré d’arrêter de faire des enfants…pas de bol j’en ai fait 2 de plus que j’aime plus que n’importe mère aime ses enfants).

Jamais dans la vraie vie personne ne se permettrait de me juger sans me connaitre (quoi que) et personne ne me dirait « d’aller bruler en enfer » pour la simple raison que je poste une photo de Blanche Neige qui a pris du poids. Ainsi je serais une femme mauvaise, méchante, grossophobe et je ne sais quoi encore ?

Ceux qui me connaissent dans la vraie vie savent que je n’ai jamais de mauvaises intentions. J’ai des défauts certes (ohhhh si peu;)).

C’est le jeu des réseaux sociaux me dit-on  MAIS non ce n’est pas le mien. Moi j’ai juste un blog qui a pour but d’amuser. Je ne suis pas une femme politique, je n’ai rien promis et j’ai le sens du respect.

Rassure-toi, toi qui viens régulièrement m’insulter : dans la vraie vie, la seule valable à mon sens, je suis entourée d’amour et de bienveillance et c’est sans doute ce dont tu manques derrière ton écran.

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L’interview de la serialmother : Solveig Foucher, auteure et chargée de prod

J’ai connu Solveig sur ma page Serialmother. Un message par ci, un message par là, on est devenues des copines 2.0.

Solveig est maman de 3 ans enfants, a un humour formidable et une pêche folle. Elle est chargée de prod mais elle écrit aussi et vient de faire paraitre un essai génial sur la parentalité, « Mères vaillantes, rien d’impossible ». Alors qu’elle prépare un roman, un livre pour enfant, elle a pris le temps de répondre à mes questions !

SERIAL CV

Nom                 Foucher

Prénom           Solveig

Age                     39 ans

Situation de famille ?   Mariée

Métier ?    Chargée de prod et auteure

Noms et prénoms des enfants ? Eléanor 8 ans, Lancelot 5 ans et demi, Mahaut 3 ans. Oui les prénoms originaux, c’est  notre passion !

Surnoms que tu leur donnes ? Elé (car Eléanor c’est long !😊, Lance ou Lancelounet (ah bah mince c’est super long du coup), Mahaut (ou ma Bibi, ma Mimi, toute syllabe mimi fait l’affaire).

SERIAL QUESTIONS

Tu viens de publier un livre qui parle d’éducation, un essai global et pédagogique sur la parentalité. Dirais tu que les enfants d’aujourd’hui sont des enfants rois ou on t-on dépassé cela ? Je ne vais pas me faire d’amis, mais je trouve que notre génération actuelle tend vers une extrême indulgence éducative qui me fait un peu peur, et qui fait parfois penser à l’enfant roi oui. La bienveillance pour nos enfants, oui évidemment, mais le cadre et le rappel des règles me semblent primordiaux pour que l’enfant puisse vivre en communauté de manière sereine et adaptée. Je pense qu’il est important aussi de ne pas oublier les parents dans l’histoire et d’être indulgent aussi avec eux.

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C’est quoi être un bon parent selon toi ? Un bon parent, déjà, c’est être soi, c’est ne pas se mettre une quelconque pression, ne pas se comparer aux autres. Votre instinct, vous l’avez sans doute déjà, vous faites comme vous pouvez. Je ne suis personne pour dire ce qu’est un bon parent. C’est la mère “suffisamment bonne” décrite par Winnicott, ni trop, ni pas assez. Et si vous êtes “trop”, je vous renvoie à la citation de Boris Cyrulnik que j’adore “On ne négocie pas avec le désir d’une mère”.

Bref, vous êtes le bon parent pour votre enfant. Ne laissez personne vous dire le contraire ! Le plus important est sans doute de lui donner tout votre amour, malgré les difficultés, secret d’un attachement “sécure”. Et si parfois vous n’y arrivez pas, soyez indulgent avec vous-même. Il n’y a rien de plus difficile que d’être parent.

Et par temps de covid, confinement on père tous les plombs et nos enfants avec, qu’en dis tu ? Perso, je trouve le Covid et le confinement super pénibles car je ne suis pas du tout casanière, j’adore sortir, voir mes amis, je suis du genre hyperactive. L’entre soi, rester exclusivement avec mon mari et mes enfants, ça m’angoisse ! C’est mon côté indépendant et égoïste, même si je les adore !

Je pense surtout à ceux qui morflent plus que nous, confinés dans des espaces petits, qui ont perdu leur travail… Je n’ai donc plus qu’à me taire et faire des gâteaux avec les enfants, ça passera !

Tu as écrit d’autres livres, raconte ! J’ai un second livre qui va sortir aux Editions Fauves, beaucoup plus personnel, mais qui parle toujours de maternité. Cette fois-ci, j’y parle de ma propre histoire, et de ma maman surtout. Je t’en dirai plus quand il sortira 😊

J’ai écrit aussi des livres jeunesse en attente de publication.

J’ai aussi un compte Instagram Peaceandfamily_ où je parle de bonheur et de parentalité.

Et entre le travail et ton « rôle » de maman, ça se passe comment ? Très bien, car j’ai la chance d’avoir un boulot assez flexible et de faire beaucoup de télétravail, très pratique quand il faut aller chercher les chouchoux malades à l’école !

C’est quoi tes projets? Publier mon deuxième livre et mes livres jeunesse. Je commence à écrire un livre aussi sur la charge mentale.

Qu’est ce qui te rend le plus fier de ton/tes enfants ? Leur joie, leur enthousiasme, leur capacité à exprimer leurs émotions, bonnes comme mauvaises.

Que veux-tu leur transmettre ? Mon éternel optimisme. Je veux leur donner les clefs du bonheur et de la confiance en soi.

Un rituel du soir ? C’est beaucoup papa qui s’occupe des enfants le soir et de leur coucher. (Car je gère beaucoup le matin). Alors son rituel à lui, c’est jouer, car il adore jouer avec ses enfants, jouer au foot dans le couloir par exemple ! (comme ça ils transpirent bien après leurs douches ! Haha) puis leur lire des histoires. C’est un papa au top ! Par contre, j’avoue, tout ce qui est couches, crèmes et petits soins avant le coucher, il vaut mieux que je repasse par là pour checker !:)

Bon et un moment où tu as envie de larguer tes enfants pour fuir loin avec mojito ? Heuu , sans doute le soir entre 18H et 20H, “pendant le tunnel de l’enfer” (expression empruntée à une copine Instagrammeuse haha), quand je suis seule avec les 3 aussi le matin, et que ça part en cacahuètes ! Que j’ai mon fils en slip qui danse, mon aînée qui négocie ses habits, et ma dernière qui se roule par terre ?

Mais pas bien grave, je suis hyper forte pour me servir un apéro le soir pour décompresser !

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L’interview de la serialmother : Solveig Foucher, auteure et chargée de prod

J’ai connu Solveig sur ma page Serialmother. Un message par ci, un message par là, on est devenues des copines 2.0.

Solveig est maman de 3 ans enfants, a un humour formidable et une pêche folle. Elle est chargée de prod mais elle écrit aussi et vient de faire paraitre un essai génial sur la parentalité « Mères vaillantes, rien d’impossible » .Alors qu’elle prépare un roman, un livre pour enfant, elle a pris le temps de répondre à mes questions !

SERIAL CV

Nom                 Foucher

Prénom           Solveig

Age                     39 ans

Situation de famille ?   Mariée

Métier ?    Chargée de prod et auteure

Noms et prénoms des enfants ? Eléanor 8 ans, Lancelot 5 ans et demi, Mahaut 3 ans. Oui les prénoms originaux, c’est  notre passion !

Surnoms que tu leur donnes ? Elé (car Eléanor c’est long !😊, Lance ou Lancelounet (ah bah mince c’est super long du coup), Mahaut (ou ma Bibi, ma Mimi, toute syllabe mimi fait l’affaire).

SERIAL QUESTIONS

Tu viens de publier un livre qui parle d’éducation, un essai global et pédagogique sur la parentalité. Dirais tu que les enfants d’aujourd’hui sont des enfants rois ou on t-on dépassé cela ? Je ne vais pas me faire d’amis, mais je trouve que notre génération actuelle tend vers une extrême indulgence éducative qui me fait un peu peur, et qui fait parfois penser à l’enfant roi oui. La bienveillance pour nos enfants, oui évidemment, mais le cadre et le rappel des règles me semblent primordiaux pour que l’enfant puisse vivre en communauté de manière sereine et adaptée. Je pense qu’il est important aussi de ne pas oublier les parents dans l’histoire et d’être indulgent aussi avec eux.

C’est quoi être un bon parent selon toi ? Un bon parent, déjà, c’est être soi, c’est ne pas se mettre une quelconque pression, ne pas se comparer aux autres. Votre instinct, vous l’avez sans doute déjà, vous faites comme vous pouvez. Je ne suis personne pour dire ce qu’est un bon parent. C’est la mère “suffisamment bonne” décrite par Winnicott, ni trop, ni pas assez. Et si vous êtes “trop”, je vous renvoie à la citation de Boris Cyrulnik que j’adore “On ne négocie pas avec le désir d’une mère”.

Bref, vous êtes le bon parent pour votre enfant. Ne laissez personne vous dire le contraire ! Le plus important est sans doute de lui donner tout votre amour, malgré les difficultés, secret d’un attachement “sécure”. Et si parfois vous n’y arrivez pas, soyez indulgent avec vous-même. Il n’y a rien de plus difficile que d’être parent.

Et par temps de covid, confinement on père tous les plombs et nos enfants avec, qu’en dis tu ? Perso, je trouve le Covid et le confinement super pénibles car je ne suis pas du tout casanière, j’adore sortir, voir mes amis, je suis du genre hyperactive. L’entre soi, rester exclusivement avec mon mari et mes enfants, ça m’angoisse ! C’est mon côté indépendant et égoïste, même si je les adore !

Je pense surtout à ceux qui morflent plus que nous, confinés dans des espaces petits, qui ont perdu leur travail… Je n’ai donc plus qu’à me taire et faire des gäteaux avec les enfants, ça passera !

Tu as écrit d’autres livres, raconte ! J’ai un second livre qui va sortir aux Editions Fauves, beaucoup plus personnel, mais qui parle toujours de maternité. Cette fois-ci, j’y parle de ma propre histoire, et de ma maman surtout. Je t’en dirai plus quand il sortira 😊

J’ai écrit aussi des livres jeunesse en attente de publication.

J’ai aussi un compte Instagram Peaceandfamily_ où je parle de bonheur et de parentalité.

Et entre le travail et ton « rôle » de maman, ça se passe comment ? Très bien, car j’ai la chance d’avoir un boulot assez flexible et de faire beaucoup de télétravail, très pratique quand il faut aller chercher les chouchoux malades à l’école !

C’est quoi tes projets? Publier mon deuxième livre et mes livres jeunesse. Je commence à écrire un livre aussi sur la charge mentale.

Qu’est ce qui te rend le plus fier de ton/tes enfants ? Leur joie, leur enthousiasme, leur capacité à exprimer leurs émotions, bonnes comme mauvaises.

Que veux-tu leur transmettre ? Mon éternel optimisme. Je veux leur donner les clefs du bonheur et de la confiance en soi.

Un rituel du soir ? C’est beaucoup papa qui s’occupe des enfants le soir et de leur coucher. (Car je gère beaucoup le matin). Alors son rituel à lui, c’est jouer, car il adore jouer avec ses enfants, jouer au foot dans le couloir par exemple ! (comme ça ils transpirent bien après leurs douches ! Haha) puis leur lire des histoires. C’est un papa au top ! Par contre, j’avoue, tout ce qui est couches, crèmes et petits soins avant le coucher, il vaut mieux que je repasse par là pour checker !:)

Bon et un moment où tu as envie de larguer tes enfants pour fuir loin avec mojito ? Heuu , sans doute le soir entre 18H et 20H, “pendant le tunnel de l’enfer” (expression empruntée à une copine Instagrammeuse haha), quand je suis seule avec les 3 aussi le matin, et que ça part en cacahuètes ! Que j’ai mon fils en slip qui danse, mon aînée qui négocie ses habits, et ma dernière qui se roule par terre ?

Mais pas bien grave, je suis hyper forte pour me servir un apéro le soir pour décompresser !

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On s’adapte

Hier soir passait le film « Le sens de la fête » avec une armée d’acteurs divins dont le déjà regretté Jean-Pierre Bacri.

J’avais déjà vu ce film 3 fois mais c’est hier soir, à la quatrième fois, que j’ai remarqué la phrase que brandit sans cesse Bacri (organisateur d’évènements dans le film) : « On s’adapte. »

Je me suis dit alors que ce « on s’adapte » c’est nous. Depuis quasiment un an on s’adapte.

Mets ton masque. Enlève ton masque.Mets en un en tissu. Fabrique le. Non pas les masques en tissu.

On s’adapte.

Va à l’école. N’y va pas. Va étudier. Ouvre ta boutique. Ferme la. Fais du click &collect. Lis des livres mais ne va pas sur Amazon. Va à la librairie mais elle est fermée.

On s’adapte.

Bosse. Fais l’école à tes gosses. Fais les lire. Joue avec eux. Rassure les. Non et puis dis leur que rien n’est grave. Tout va s’arranger. Ah non pas tout de suite.

On s’adapte.

Partez cet été. Allez au resto. Fermons les restos. 22H ce sera assez. Non 20H. Et puis non, 18H. On confine. On déconfine.On reconfine. Ce commerce est essentiel. Pas ce lui ci. Bâchons les rayons livres de la FNAC. Mais allez donc à la chasse.

On s’adapte.

N’allez pas rendre visite à vos aînés. Mais sauvons les. N’allez SURTOUT pas les voir avant qu’ils soient vaccinés. On n’a pas de vaccins. Si on en a. Vaccine toi. Pas tout de suite. Attendons de voir. Prends plus d’advil. Tu connais la chloroquine.

On s’adapte.

Partez au ski. On ferme les stations. Faites marcher le commerce. Non on ferme. Prenez le métro. Ne vous parlez plus dans les transports. Ca va pas durer. Ah finalement fin 2021 éventuellement on verra le bout du tunnel.

On s’adapte.

Pauvres étudiants. Pas a plus de 6. Fêtez Noël. Mais pas dans la même pièce. Faites des zoom. Oublie pas ton autorisation de sortie. Ne la charge pas t’es dingue on te flique. Cultive toi. N’ouvrons pas les théâtres.

On s’adapte.

Ne vous inquiétez pas. On va tous mourir. On maitrise la situation. On est dans la merde. On a moins de morts que nos voisins. Les Chinois nous mentent. Suivons l’exemple anglais. Ah non l’allemand. Ah non le suisse. Ah non aucun exemple.

On s’adapte.

Les enfants ne craignent rien. Pas de masques avant 6 ans. Il FAUT un masque aux gamins. L’école à mi temps c’est LA solution. Arrêtons la fac. Prenez soin des vôtres. Ne voyez personne.

On s’adapte.

On est du côté de la vie. On va tous mourir. Ayez confiance. N’écoutez que vous.

On s’adapte.

On s’adapte.

On s’adapte.

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L’interview de la serialmother : Amélie Challéat, maman d’une grande prématurée

Parfois on se promène sur les réseaux sociaux et on s’arrête devant une page qu’on aime bien. Alors on regarde chaque photo, on se dit que la personne qui est derrière a l’air sympa, drôle, vive. Ca m’est arrivé avec le compte IG @verygoodmother. Je trouvais la page fun et décomplexante.

Puis j’ai découvert que la very good mother tenait une autre page, la sienne @Ameliechalleat. Une fille belle, si belle. Solaire, si solaire. Drôle, si drôle. Rayonnante, si rayonnante. Souriante, si souriante.

Bref une bombe.

Il ya quelques semaines Amélie a accouché à 26 semaines de grossesse de son deuxième enfant, une petite fille, Shéérazade. 26 semaines c’est trop tôt alors depuis la petite se bat aux côtés de ses parents, pour vivre. Moi je suis suspendue aux stories d’Amélie, je guette toutes les bonnes nouvelles et je prie pour que cette petite Shéérazade aille mieux ! Amélie rend compte avec beaucoup de délicatesse de ce qu’elle et son compagnon Hamza vivent depuis presque 60 jours.

Alors j’ai décidé d’écrire à Amélie pour lui proposer une interview et, malgré ce qu’elle traverse en ce moment, malgré le temps suspendu et la peur, elle a répondu.

Merci Amélie et longue et heureuse vie à la princesse Shéérazade.

Nom Challéat

Prénom Amélie

Age36 ans

Situation de famille ? J’ai l’immense bonheur d’avoir fondé une famille recomposée. J’ai eu un enfant, Léonard, d’une précédente relation, il y a 11 ans.J’ai vécu des années de mère célibataire.Je suis en couple depuis 1 an et demi avec mon amoureux Hamza, le papa de Shéérazade qui vient de naitre.

Prénom et âge des enfants ?

Léonard qui a 11 ans et Shéérazade née à 26 semaines de grossesse, qui a aujourd’hui 54 jours.

Métier ?

Directrice de la Communication de la marque Kérastase à l’International

Tu viens d’accoucher d’une petite fille née prématurée. Raconte-nous.

Mon dieu… Je pourrais écrire un roman, tellement nous sommes en train de vivre une aventure extra-ordinaire. Pardon ma réponse va certainement être trop longue.

Shéérazade est arrivée dans nos vies lorsque je suis tombée enceinte en plein confinement en avril 2020. La grossesse se passait plutôt bien. Les contrôles ne montraient aucune anomalie. Je me sentais bien physiquement, mais je sentais une angoisse qui ne me lâchait pas. Je n’arrêtais pas de dire à mon mec, sans vraie raison que nous n’étions « pas assez prêts ». Avec le recul j’y vois un signe. J’étais à 4 mois de grossesse, il n’y avait rien à préparer de spécial à ce terme. Je faisais les examens nécessaires en temps et en heure. Rien à signaler.

A part cette angoisse qui ne me lâchait pas… Je n’arrivais par exemple pas à me décider : je voulais accoucher de manière plus naturelle et moins médicalisée que la première fois. Je me renseignais sur les maisons de naissance par exemple, j‘étais fascinée par les accouchement à la maison dans des piscines… Mais j’avais cette petite voie intérieure qui me disait qu’il fallait accoucher dans un hôpital de niveau 3… Je mettais ces angoisses sur le compte de ces fameuses hormones de grossesse. Sentiment étrange d’autant plus que j’ai déjà un fils de 11 ans et qu’on ne peut pas dire que je sois une mère de nature stressée… Mon conjoint hyper investi, présent et heureux d’être papa ne cessait de me répéter « tout va bien se passer ».

Tout a basculé le weekend du 13 septembre 2020.

Je suis à 22 semaines de grossesse. Nous faisons la deuxième échographie de contrôle, le Vendredi 10 septembre en fin d’après-midi, dans un cabinet à Paris. C’est une fille ! C’est génial on a déjà le prénom : Shéérazade. Tout est normal. Tout va bien. Le bébé est bien placé, le cœur bat. Les mesures sont normales. Mon utérus est nickel. Nous demandons à l’échographe si nous pouvons bien prendre la route le soir même, pour nous rendre au baptême de mon filleul à Lyon. Elle nous dit qu’il n’y a pas de problème. Nous prenons la route.

Pendant le weekend, je suis contrariée en permanence sans aucune raison… Le Dimanche, nous allons au baptême, et juste avant le déjeuner de famille : le cauchemar. Je vais au toilette car je sens que je suis humide. Et là je découvre ma culotte est remplie de sang. Beaucoup de sang. Une vision d’horreur pour n’importe qu’elle femme enceinte. Je sais immédiatement que je suis en train de perdre mon bébé.

Ensuite ça s’enchaine. On appelle le Samu, je suis en larmes, j’essaie de respirer calmement sans y arriver, je suis transférée à l’hôpital. Je perds de plus en plus de sang, les contractions se rapprochent et font de plus en plus mal. Je suis en train de faire une fausse couche tardive. Le placenta est sur le col, j’ai un hématome de 13 cm dans l’utérus. On ne comprend pas ce qu’il se passe. Tout bascule. Pourquoi ? Comment cet hématome est apparu ? L’échographie était nickel Vendredi… Pas de réponse…

Je suis hospitalisée en grossesse pathologique à l’hôpital HFME Lyon. Alitement strict. Tout le temps. Transfert impossible à Paris. « Madame votre bébé a 22 semaines, il n’est pas viable. Si vous continuez à saigner, vous pouvez faire une hémorragie interne ce qui voudrait dire que nous devrions sortir le bébé pour vous sauver. Si les contractions continuent, l’hématome peut briser la poche des eaux, et provoquer un accouchement prématuré. Dans tous les cas nous ne le réanimerons pas avant 24 semaines de grossesse. ».
On tient comme ça 4 semaines à l’hôpital. On doit se battre pour qu’Hamza ait le droit de rester dans ma chambre. 4 semaines d’attente, 4 semaines avec une épée Damoclès au-dessus de la tête à ne pas savoir si notre bébé va tenir dans mon ventre.

Et puis un jour, sans raison, le cauchemar reprend… Un matin, les contractions reprennent, de plus en plus intenses, de plus en plus rapprochées. 48h de contractions qui s’enchainent malgré le tractocyl censé les calmer. L’hématome fini par s’évacuer mais il met tout le corps en travail, le col s’est réduit, notre bébé est en siège… En 30 minutes la situation dégénère, la gynécologue de garde me fait une échographie en urgence et m’annonce que j’aurai accouchée dans 1H. Nous sommes le 10/10/2020, Hamza est parti cherché mon fils Léonard à la gare pour qu’il vienne nous voir. Il faut qu’Hamza revienne vite.

Et puis j’accouche, je pleure dans mon masque, je répète que c’est trop tôt, Hamza n’a pas le droit de venir en salle de naissance, je sens qu’on arrache mon bébé de mon ventre, je ne peux pas la voir, elle part directement en réanimation. Et c’est là que le vrai combat a commencé.

Parle de nous de Shéerazade, quelle petite fille est-elle ?

Shéérazade est la personne la plus forte que j’ai rencontré dans ma vie.

Elle faisait 880g à sa naissance, est descendue à 800 g. Elle revient d’un endroit indescriptible, un endroit où aucun parent ne voudrait voir son enfant. Ses premiers jours c’était très impressionnants de la voir si petite, fragile, maigre… Branchée à 1000 machines, avec un gros casque sur la tête et un tuyau envoyant de l’oxygène sous pression pour l’aider à respirer, une voie centrale jusqu’au cœur pour la « doper », une sonde jusque dans l’estomac pour la nourrir… Des électrodes partout pour mesurer les battements de son coeur, l’oxygène dans son sang, sa respiration…

Elle s’est battue pour fermer une valve dans son cœur, sans quoi elle n’aurait pas survécu. Au bout de 6 semaines de réanimation, les docteurs ne voyaient pas d’autre issue qu’une opération du cœur, risquée sur un si petit bébé… Quelques heures avant de l’intuber et de faire l’anesthésie générale, lors de la toute dernière échographie de contrôle, on s’est rendu compte qu’elle avait fini par refermer sa valve toute seule !

Les jours ont passé, les « malaises » et les « bêtises » (vocabulaire pudique pour dire « arrêt cardiaque », « détresse respiratoire ») se sont espacés, elle a grossi et a dépassé les 1kg500, déjà une victoire.

Aujourd’hui en soins intensifs, elle se bat encore chaque jour pour faire des choses aussi vitales que maintenir son rythme cardiaque, respirer, digérer… Tout ce qui semble normal chez un bébé est un combat pour elle.

Mais elle a une envie de vivre indescriptible, une présence si forte… La première mise au sein a pu se faire tôt, et la voir, si petite, moins d’1kg… La voir ouvrir la bouche, prendre le sein et téter, en ayant les yeux ouverts, même quelques minutes c’était incroyablement fort. J’ai compris que cette enfant pourrait conquérir le monde. Voilà ce qu’a vécu ma si petite fille depuis presque 2 mois, alors qu’elle devrait encore être dans mon ventre. Et dans tout cela, je ne vois qu’une force infinie, une détermination sans faille et un amour puissant…

Comment se passent ses/tes journées ?

Nous sommes à Lyon depuis presque 3 mois. Je n’étais pas transférable. Shéérazade ne l’est pas non plus. Nous sommes loin de notre foyer, de nos amis, de nos repères et surtout de mon fils Léonard qui a 11 ans et qui a dû retourner à Paris pour poursuivre son année de 6ème. Heureusement la famille prend le relais sur ce point, mais être séparé 3 mois de son enfant et être au chevet de son autre enfant, c’est sacrément éprouvant.

Ici, tous les jours sont les mêmes. Il n’y a plus de semaine et de week-end.

On est dans une routine, en binôme (en vase clos même), avec son papa Hamza. Certains pères doivent repartir travailler, je ne sais pas comment font les mères pour affronter ce quotidien seule. J’en aurais été incapable.  

Chaque jour qui passe est un jour de plus, donc une victoire.

Nous sommes logés à la Maison du Petit Monde, au sein de l’hôpital, qui accueille les familles des enfants hospitalisés (merci les opérations des pièces jaunes, et merci la France car notre mutuelle prend en charge le logement). Cela nous permet d’être toujours à 5 minutes de Shéérazade.

Nous passons toutes nos journées et une partie de la nuit auprès d’elle. Surtout au début. Les médecins le disent : la présence des parents est indispensable pour que les bébés se battent et ne se laissent pas aller. Ça semble fou quand on voit ce si petit être dans sa couveuse qui ne voit rien, n’entend certainement pas grand-chose parmi les bruits des machines et les alarmes qui sonnent toutes les 5 minutes, ce petit être qu’on touche à peine de peur de le briser… Et bien si, elle sentait tout, le lien s’est fait instantanément, aussi incroyable que cela puisse paraitre…

Nos journées sont rythmées par les soins (toutes les 3h) auxquels nous participons quand nous ne dormons pas: prise de température, changement de couche (il faut être sacrément habile entre toutes les électrodes, les capteurs, et ne pas stresser quand les alarmes sonnent car elle arrête de respirer à cause d’un mouvement trop brusque de notre part), changement de capteur d’oxygène, et plus récemment bain ! Nous faisons aussi des « peau à peau » tous les jours : on la prend contre notre torse nu à tour de rôle pour qu’elle sente les battements de nos cœurs et notre chaleur. J’essaie aussi de la mettre au sein régulièrement, pour 5 minutes souvent, pour quelques millilitres seulement. Mais je suis déterminée, je tire mon lait, on va y arriver. C’est notre lien.

Le reste du temps on la contemple dormir en essayant de déceler ses expressions, en essayant de calmer ses douleurs par des comptines entêtantes et des histoires orientales. Bien sûr, nous lui lisons les 1001 nuits.

Dans ces journées, le monde extérieur n’existe plus, les téléphones sont en mode avion. Nous avons plongé dans un monde parallèle hyper médicalisé, rempli de sentiments contradictoires, où nous haïssons ces machines qui nous éloignent de notre enfant, et où dans le même temps, nous les bénissons chaque seconde de la maintenir en vie.

On croise les autres parents (il y a jusqu’à 8 bébés dans une salle de réa), et parfois on lie des liens très forts avec eux. On partage les parcours de nos bébés, on se rassure, s’encourage, se félicite. On se console ou on se laisse tranquille, pudiquement, quand on est en larmes dans le couloir suite à un nouveau diagnostique.  Parfois, et c’est le plus dur, on sait que c’est fini, que le bébé des autres n’est plus dans la salle de réanimation le matin, qu’il est parti dans la nuit.

Ce sont donc des journées hyper répétitives qui sont de vraies montagnes russes. En une même journée, notre bébé peut progresser et quelques heures après son pronostic vital peut de nouveau être engagé. J’ai souvent eu le sentiment que mon bébé jouait à la roulette russe tous les jours. C’est insupportable. Et pendant 45 jours c’est insupportablement long. Depuis qu’on est en soins intensifs, cette dernière semaine, c’est moins stressant. Les journées se ressemblent encore beaucoup mais les alarmes sonnent moins, la mort s’éloigne peu à peu pour laisser place à l’espoir.

Est-ce que la covid change quelque chose dans ce moment ?

Clairement. Il ne faut surtout pas qu’on attrape le Co-Vid : si on l’attrape on ne peut pas aller voir Shéérazade à l’hôpital pendant au moins 7 jours, ce qui serait une catastrophe. La dernière fois que nous avons dû faire un test covid, nous n’avons pas pu la voir pendant 24h, temps pendant lequel son état s’est tellement dégradé qu’elle a dû être transfusée… 7 jours en néonatologie c’est une vie… Donc cela rajoute un stress immense au stress déjà très fort de l’hospitalisation en réanimation et en soins intensifs.

Au sein du service les règles d’hygiène sont drastiques car les bébés ont des systèmes immunitaires très faibles. On sent les soignants sur leurs gardes car si le virus se propageait dans le service, ce serait catastrophique.

Côté santé mentale, on ne peut voir personne. En temps normal, on conseille aux parents d’enfants prématurés de se faire entourer de la famille, des amis, de voir du monde, de se faire un bon resto, de se changer les idées pour sortir du cercle de l’hôpital. Là, l’éloignement géographique et le Co-Vid rendent tout cela impossible.

Enfin, maintenant que Shéérazade est plus stable nous attendons d’être transférés à Necker, mais le Samu priorise les transferts Co-vid, nous ne savons donc pas quand nous pourrons rentrer à Paris.

Tu as le droit de sortir toi ?

Oui mais dans les faits, nous sommes logés à l’hôpital, nous sommes loin de chez nous, le reste du pays est confiné… Nous n’avons aucune raison de sortir. Et pour tout dire, nous ne prendrions pas le risque. Nous sortons uniquement pour faire quelques courses. Mais même faire un tour dans un parc c’est compliqué pour moi pour l’instant. Je suis collée à Shéérazade. Elle devrait être dans mon ventre à l’heure actuelle, et je n’arrive pas à me dire que je vais prendre du temps de « loisir », même si c’est pour m’aérer. Je m’échappe mentalement sur les réseaux sociaux, ou à travers l’écriture.

Parle nous du personnel hospitalier dont tu parles avec amour sur ton compte IG ?

Nous sommes pendus au mots des médecins, guettons leurs regards et expressions lors des examens quotidiens. Nous apprenons des infirmières puéricultrices capables de réanimer notre fille avec dextérité et sang-froid en quelques précieuses secondes, et de la rassurer avec la plus grande douceur et empathie. Ces femmes (et parfois ces hommes) sont les héroïnes de notre quotidien. 

Il faut se rendre compte qu’une infirmière puéricultrice va certes changer des couches et nourrir un bébé hospitalisé, mais elle va aussi procéder à un tas d’actes médicaux hyper précis, comme poser des cathéters, des voies centrales, faire des soins stériles, ou encore tout simplement réanimer et sauver la vie des bébés. Elle fait des gardes de 12h, chacune s’occupe de 3 bébés en permanence, dont certains avec des pathologies hyper graves, elle réconforte les bébés, alerte les médecins si leur état se dégrade, accompagne les parents dans leurs premiers gestes avec leurs bébés, et aussi parfois dans leurs derniers… Ces femmes ont un salaire de misère et très peu de reconnaissance. Je n’en n’avais honnêtement pas conscience. C’est absolument injuste.

J’ai lu dans le dernier roman de Virginie Grimaldi (et que ne durent que nos doux moments) que des câlineuses pouvaient venir faire des câlins les prémat ? C’est le cas avec Shéerazade ?

Dans ce service de néonatologie, ce sont les infirmières puéricultrices, qui lorsqu’elles ont des « pauses », souvent sur les gardes de nuit, bercent les bébés dont les parents ne viennent pas souvent. Ce sont des moments magiques, d’une très grande humanité.

Le contact humain et charnel favorise la sécurisation et le développement cérébral du bébé. En général ça se voit tout de suite sur le scope, le rythme cardiaque se régule et le taux d’oxygène remonte et se stabilise. L’amour soigne…
Mais quand les parents sont là aussi souvent que nous, c’est nous qui faisons les câlins ! Et autant dire qu’on se bat pour en faire le plus possible !

Comment réagit ton fils à tout cela ?

Léonard, mon fils, est l’enfant le plus sympa et gentil et résilient et fort au monde. Et je ne dis pas cela juste parce que je suis sa mère. Je ne sais pas par quel miracle cet être humain est mon fils.

C’est évidemment très dur pour lui. Nous sommes séparés depuis 3 mois, nous n’avons jamais été séparé aussi longtemps. Il a fait sa rentrée en 6ème, il comprend que sa petite sœur se bat pour vivre, le coronavirus est partout… Franchement quelle angoisse pour un enfant de 11 ans !

Nous parlons tous les jours au téléphone, on lui explique les choses, sans se perdre dans les détails flippants, mais c’est important qu’il comprenne le pourquoi de la situation. Et on a beaucoup de chance. Il comprend. Il demande toujours comment va sa petite sœur, il lui a fait des dessins pour mettre dans sa couveuse (nous parlons aussi beaucoup de Léonard à Shéérazade). Il nous ramène des 19/20 du collège… Bref il fait tout pour nous faciliter la vie. Mais là vraiment je ne vais pas te cacher que ça commence à faire très long et que je rêve de le serrer dans mes bras.

Quels sont les comptes IG que tu suis le plus ?

@blissstories – le podcast des wonder mums

@josepha_raphard – la mum feel good

@akcollins – une mum et son fils handicapé qui débordent de good vibes

@laurenbastide – la féministe de mon coeur

@annaroy75 – ma sage-femme engagée

@wolinskiki – la marraine de cœur de Shéérazade grâce à qui j’ai rencontré mon mec

@tajinebanane- la marque mifa de milk mums

@modetrotter – une marque canon d’une amie de mon cœur Marie Courroy

@marie_papillon – pour rire et rire et rire encore

@rf_lewis – les meilleurs mèmes d’internet

@raphaelglucksmann – le futur de notre pays j’espère

@groundeffect – les meilleurs œuvres d’art, pour dénicher le futur Basquiat

@theverygoodmother – autopromo de mon compte de mèmes actuellement un peu à l’arrêt mais qui reprendra un jour ou l’autre

Ton rêve là tout de suite ?

Passer un dimanche après-midi sur mon canapé avec ma fille Shéérazade, mon fils Léonard et mon mec Hamza. J’en pleurerais tellement c’est mon plus grand rêve actuellement. C’est ce que je visualise quand je ne sais plus où j’en suis, quoi faire, quoi croire, comment me comporter pour être forte. Je nous vois réunis tous les quatre. Le bonheur.

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L’interview de la maman reconfinée : Sarah Barukh, écrivaine

Un jour, une écrivaine, et non des moindres, m’écrit sur Instagram.

C’était durant le confinement, en avril. Depuis Sarah Barukh et moi sommes devenus des copines virtuelles mais nous avons fixé de prendre un café après la fin du monde.

Sarah est l’auteure de plusieurs romans à succès (Elle voulait juste marcher tout droit, Le cas zéro, Envole Moi) et sortira le prochain en mars ! Elle est aussi la maman d’une petite fille. Elle me dit tout, tout, tout ! (ou presque)

SERIALCV

Nom Barukh    

Prénom  Sarah

Age 40 ans

Situation de famille ? J’ai une petite fille Lalah, de 21 mois et je suis séparée de son papa.

Métier ? Ecrivaine, prof et deux-trois autres choses…

Lieu de reconfinement ? Paris !

SERIALQUESTIONS

Comment se passent tes journées en ce moment ? On ne me croira peut-être pas mais j’ai des journées de 43 heures ! Ma fille se lève très tôt donc j’attaque à l’aube et je jongle pour caler les rdv, les tâches domestiques, les travaux qui nécessitent une concentration immédiate et ceux où je me mets dans une bulle hors du temps, pour écrire notamment. Départ à la crèche, sortie de la crèche, le trio dîner-bain-dodo de ma petite chérie et une fois qu’elle dort, je m’autorise 2h de glande à écouter des podcasts ou regarder des séries. Franchement, je ne sais pas comment les mamans de plusieurs enfants font. Vous avez mon respect le plus total !

Comment s’est passé le confinement numéro 1 ? C’était difficile. J’étais confinée dans les années 50, comme la plupart des femmes. Au départ, j’étais soulagée que le temps s’arrête, moi qui suis toujours angoissée de ne pas en faire assez ou assez vite… Mais cette idée de « je vais me recentrer sur l’essentiel, me concentrer sur ce que j’ai etc etc » s’est étiolée vers le 4ème jour, aux alentours du 16ème repas préparé et de la 42ème machine de linge !

Et celui ci ? A vrai dire le 1er confinement a eu des conséquences importantes dans ma vie. Je me suis séparée du père de ma fille, pas uniquement à cause de ça bien sûr, mais le huis-clos a eu un effet révélateur. Mon travail et mes projets en ont également pâti.

J’ai très mal vécu l’annonce de ce nouveau confinement. J’ai fait quelques crises de panique au départ à l’idée de revivre tout ça. Mais une fois encore, on ne se baigne jamais deux fois dans la même eau…

Après on va dire que les éléments n’étaient pas tout à fait avec moi… : mes parents sont à risque et ne peuvent pas m’aider ni me voir, je n’ai pas eu de place en crèche à cause d’un bug de la mairie alors que je suis censée être prioritaire, je me suis cassé un morceau de cheville… Bref, j’ai eu la totale et je me suis sentie très seule.

Cela dit, quand je parle avec des proches et des moins proches, je me rends compte qu’on est beaucoup à subir psychologiquement les effets de cette année…

Le truc le plus inattendu que tu as fait depuis le début des confinements ? J’ai posté des versions stupides de chansons sur les RS et je prends des cours de gym sur zoom avec ma mère et son coach. Comme on ne se voit pas en vrai, on s’est créé ce petit rendez-vous.

Qu’est ce qui te manque le plus ? Je n’ai jamais été légère donc je ne vais pas dire un sentiment de légèreté au quotidien mais une forme de liberté peut-être.

Le premier truc que tu auras envie de faire après ? Emmener ma fille à Eurodisney.

Les 3 comptes IG et/ou FB que tu adores suivre depuis le confinement ? J’aurais bien dit le tien mais je le suivais déjà avant ! Au risque de paraître rabat-joie, je suis le compte IG Féminicide par compagnon/ex qui dénombre chaque féminicide et en explique les circonstances. Le confinement a été effroyable pour les femmes et les enfants maltraités, les violences ont explosé et je pense qu’il est essentiel d’en parler, de montrer ce que ça représente un meurtre tous les trois jours…

Et sinon je parle davantage avec les personnes que je suis et qui me suivent, plus que de m’abonner à de nouveaux comptes.

Tu es écrivaine. Parle nous des tes livres. J’essaie de raconter des histoires de personnes ordinaires qui sont confrontées à des situations exceptionnelles. Il y a toujours un fond historique ou social dans ce que j’écris. Je pense que tout a été traité, qu’on raconte toujours un peu les mêmes histoires au cinéma ou en littérature, ce qui change, c’est l’angle et la façon de relater, la singularité du regard.

Mon 1er roman racontait l’histoire d’une petite fille dans l’immédiat après-guerre, qui va devoir traverser le monde pour retrouver sa mère. Le 2ème racontait le dilemme d’un jeune médecin pour qui soigner est une raison de vivre, face au premier cas de SIDA en France au début des années 80. Le 3ème se focalisait sur le destin de deux femmes qui se sont connues enfants dans un quartier défavorisé de Paris, et qui peinent à mettre derrière elle ce qu’elles y ont traversé pour avancer. Quant au prochain, rendez-vous en mars pour le découvrir !

As tu un rituel d’écriture ? Pas vraiment. En réalité, d’une façon générale, les rituels me mettent la pression donc j’évite. (torturée vous avez dit ?!)

Des projets d’écriture en ce moment ? Oui ! Mon prochain roman sort début mars… Et je développe celui d’après.

Le confinement ça t’aide pour bosser ou pas trop ? Non, c’est même plutôt le contraire… Le 1er avec un bébé H24 c’était juste impossible, et aujourd’hui, la plupart des gens ont le moral en berne donc tout est ralenti, incertain, il faut beaucoup d’énergie pour compenser l’ambiance générale.

Tu organises une cagnotte pour distribuer des livres à des enfants/ado lors des périodes de Noël. Raconte-nous ! Oui j’ai appelé ça le Jingle Book, c’est une collecte de livres destinés aux plus démunis. Chacun écrit un petit mot à l’intérieur des ouvrages pour l’enfant ou l’ado qui va le recevoir. Le Secours Populaire se chargera de la distribution. Je voulais permettre à ceux qui en ont le plus besoin de découvrir tout ce qu’un livre peut donner, cet espace rien qu’à soi, ce monde des possibles, ces personnages qui nous accompagnent parfois toute la vie. Quant aux dédicaces, c’est une façon de créer du lien humain dans le lien de la lecture, la preuve que quelqu’un a pensé à toi.

On envoie où les livres ? Chez mon libraire partenaire :

Librairie Henri IV

Collecte Sarah

15 boulevard Henri IV

75004

Paris

Revenons en a la maternité…Ta plus grosse remise en question de maman ? Je ne pensais pas douter à ce point de tout mais c’est pourtant le cas… J’ai allaité ma fille et son sevrage a été un cauchemar, je m’en suis terriblement voulu. Elle se réveille très très tôt, TOUS les jours et là encore, je me dis que c’est de ma faute. J’ai toujours eu des problèmes d’excédents de poids et elle ne mange pas beaucoup alors j’ai peur de lui avoir transmis mes angoisses inconsciemment… Bref, absolument tout est bon pour culpabiliser !

La fois où tu as eu envie de brader ton enfant pour partir sur une île avec Bradley Cooper ? Je vais vous avouer l’inavouable mais chaque fois qu’elle crie pour commencer sa journée à 4h32 le matin, que RIEN ne la rendort, je rêve de surdité…

Tu lis quoi le soir comme histoire ? En ce moment on est en pleine période Tchoupi, Simon et les aventures d’Archibald (Mon amour, Papa m’a dit etc) qu’elle aime beaucoup. Mais l’histoire qu’elle préfère, c’est quand je lui raconte sa naissance… Je passe beaucoup de temps à lui décrire comment elle a grandi dans mon ventre, les petits coups qu’elle donnait pour communiquer et le moment où elle a voulu nous rencontrer en vrai son père et moi… Elle adore !

Et la berceuse, c’est laquelle ? Ma grand-mère me chantait toujours une vieille berceuse yiddish. Quand j’étais enceinte, j’ai voulu écrire des nouvelles paroles sur cet air, que ce soit rien que pour elle et moi tout en englobant un héritage, qu’elle reconnaisse aussi cette chanson comme un signe entre nous, établi depuis toujours. Et ça marche !

Que souhaites tu transmettre à tes enfants ? J’aimerais que ma fille sache être douce malgré la dureté du monde, qu’elle puisse être libre, qu’elle arrive à croire en elle. Qu’elle devienne ce qu’elle est avec le moins de peur et culpabilité possible.

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Etre ado en 2020

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Capture-d’écran-2020-11-10-à-18.09.36-1.png.

Au premier confinement, c’était l’hiver encore, on a acheté du PQ, des livres, de la bouffe, des couches, de la patience. On a chargé des tonnes d’applications dont on ignorait l’existence (Zoom, Apéro, J’arrête de boire, je vais bien tout va bien, école en ligne), on s’est abonné à des chaines avec des super films, on a fait du pain, on a acheté des poules, on a fait des travaux pratiques, des jeux de société.

On a juré que l’école se ferait comme si on y allait, on a juré qu’ensemble on serait plus fort, on a agité nos mains à 20H, on a twitté, on a zoomé, on a instagrammé et les plus téméraires ont même chargé Tik Tok. On a continué de travailler comme on a pu, on a écouté Macron religieusement souvent le jeudi soir, on a pris soin des nôtres mais de loin avec un téléphone comme unique lien, on a embrassé les écrans pour se claquer la bise, on a suivi Lignac, on a décidé d’apprendre le russe, de faire de la gym, de faire des gâteaux.

Les plus jeunes ont trouvé ça pas si mal d’avoir leurs parents pour eux (enfin ceux qui ne travaillaient pas), les ados ne râlaient pas trop encore et trouvaient même leurs parents « intéressants » entre deux conversations whatsapp avec le reste du monde.

Au bout d’un mois, avouons le, on a commencé à compter les jours, à vouloir voir et serrer les gens en vrai dans nos bras, à vouloir boire des bières en terrasse, aller au ciné, bosser, faire du shopping, aller chercher les kids à l’école, à vouloir compter les roses plutôt que les morts.

C’était le printemps, la saison des boums, des soirées, des premiers flirts, des Dreams are my reality.

On a encore attendu et nos ados ont commencé à trouver que bon ok ils sont sympas les darons mais faut pas abuser.

Il y a eu l’été, les restrictions, les masques, les premiers regards sans les sourires.

Les ados ont attendu la rentrée avec joie. Ils pensaient faire la fête, rattraper le temps perdu. On est pas sérieux quand on a 15 ans. On veut essayer, tester, gouter, flirter, sortir, danser, défier ses parents, s’imaginer l’adulte qu’on ferait.

Puis les masques, le gel, les restrictions de nouveau. Seule raison de sortir c’est pour aller à l’école. Plus personne n’a même envie envie de faire l’école buissonière ! Aller à l’école quand on a 15 ans est devenu le meilleur spot.

Il faut grandir avec tes vieux mon ado. Il faut mettre ton masque. N’oublie pas d’être prudent. Regarder si le bonhomme est vert mais aussi rentrer vite à la maison où du gel pour tes mains t’attend ! Il va falloir décaler tes envies de jeunesse à plus tard. Faire avec. Faire avec.

Bien sûr il y a ce virus, ces morts affreuses et je trouve nos ados, nos jeunes en général très respectueux de cela finalement.

Ca ira mieux après va. Ca ira mieux.

Vive nos jeunes !

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Etre ado en 2020



Au premier confinement, c’était l’hiver encore, on a acheté du PQ, des livres, de la bouffe, des couches, de la patience. On a chargé des tonnes d’applications dont on ignorait l’existence (Zoom, Apéro, J’arrête de boire, je vais bien tout va bien, école en ligne), on s’est abonné à des chaines avec des super films, on a fait du pain, on a acheté des poules, on a fait des travaux pratiques, des jeux de société.

On a juré que l’école se ferait comme si on y allait, on a juré qu’ensemble on serait plus fort, on a agité nos mains à 20H, on a twitté, on a zoomé, on a instagrammé et les plus téméraires ont même chargé Tik Tok. On a continué de travailler comme on a pu, on a écouté Macron religieusement souvent le jeudi soir, on a pris soin des nôtres mais de loin avec un téléphone comme unique lien, on a embrassé les écrans pour se claquer la bise, on a suivi Lignac, on a décidé d’apprendre le russe, de faire de la gym, de faire des gâteaux.

Les plus jeunes ont trouvé ça pas si mal d’avoir leurs parents pour eux (enfin ceux qui ne travaillaient pas), les ados ne râlaient pas trop encore et trouvaient même leurs parents « intéressants » entre deux conversations whatsapp avec le reste du monde.

Au bout d’un mois, avouons le, on a commencé à compter les jours, à vouloir voir et serrer les gens en vrai dans nos bras, à vouloir boire des bières en terrasse, aller au ciné, bosser, faire du shopping, aller chercher les kids à l’école, à vouloir compter les roses plutôt que les morts.

C’était le printemps, la saison des boums, des soirées, des premiers flirts, des Dreams are my reality.

On a encore attendu et nos ados ont commencé à trouver que bon ok ils sont sympas les darons mais faut pas abuser.

Il y a eu l’été, les restrictions, les masques, les premiers regards sans les sourires.

Les ados ont attendu la rentrée avec joie. Ils pensaient faire la fête, rattraper le temps perdu. On est pas sérieux quand on a 15 ans. On veut essayer, tester, gouter, flirter, sortir, danser, défier ses parents, s’imaginer l’adulte qu’on ferait.

Puis les masques, le gel, les restrictions de nouveau. Seule raison de sortir c’est pour aller à l’école. Plus personne n’a même envie envie de faire l’école buissonière ! Aller à l’école quand on a 15 ans est devenu le meilleur spot.

Il faut grandir avec tes vieux mon ado. Il faut mettre ton masque. N’oublie pas d’être prudent. Regarder si le bonhomme est vert mais aussi rentrer vite à la maison où du gel pour tes mains t’attend ! Il va falloir décaler tes envies de jeunesse à plus tard. Faire avec. Faire avec.

Bien sûr il y a ce virus, ces morts affreuses et je trouve nos ados, nos jeunes en général très respectueux de cela finalement.

Ca ira mieux après va. Ca ira mieux.

Vive nos jeunes !

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On dit quoi aux gosses ?

Ca fait bien quelques années maintenant que je vois mon pays aller mal. Ca ne date pas de là. Ca ne date pas de Charlie Hebdo ou de l’Hyper Casher ou encore du prêtre -Jacques Hamel- assassiné au sein de son église. Ca remonte aussi loin que je me souvienne, à mon enfance.

La légende familiale raconte que j’ai fait mes premiers pas le jour de l’attentat de la synagogue de la rue Copernic à Paris (octobre 1980). 4 morts. Ca marque.

Depuis l’enfance, lorsque je me rends à la synagogue, la police monte la garde. On me demande pourquoi je viens, on me fouille parfois, on me conseille en partant de ne surtout pas rester devant la synagogue pour ne pas prendre de risques. Ne pas prendre de risque. Ca fait longtemps donc qu’être juif en France est devenu « risqué ». Heureux comme un juif en France.

A l’époque, l’adolescence, je crois que mes amies d’école (laïque) ne se rendaient pas compte qu’on avait un peu la pression tout de même et que prier le samedi à la syna, c’était risqué.

Je ne plains pas, j’ai de la chance, je vais à la synagogue en prenant certes un risque mais je suis dans un pays où je peux pratiquer ma religion, dire ce que je veux, aimer la musique que j’aime, me marier, avorter, divorcer, critiquer, lire ce qu’il me plait, avoir des enfants, les élever à l’école laïque. Je mesure cette chance et j’élève mes enfants -avec mon mari- avec toujours en musique de fond la Marseillaise.

Les soldats devant les syna, je vous le dis, je connais.

Et puis il y a eu Ilan Halimi, tué parce que juif et puis la tuerie infâme de Toulouse où militaires, enfants juifs (3,6 et 9 ans à bout portant) et professeurs juifs ont été tués. Pour ça.

Là ça a dérapé; Peu de gens sont descendus dans la rue à l’époque. C’est comme ça.

Après tout s’est accéléré. Charlie Hebdo, Hyper Casher, Bataclan, Nice et d’autres crimes insoutenables.

Et puis vendredi, on a décapité un professeur des écoles, Samuel Paty, en pleine rue, en plein jour. En France. Pour avoir osé parler de liberté.

On en est là.

Donc nous parents, on avait déjà dit à nos enfants « quand tu vas à la syna, fais attention, pas de kippa sur la tête en chemin ». Puis on leur a dit « bon gaffe aux salles de concert ». Puis « gaffe à ce que tu lis, oui évidemment lis ce que tu veux mais tout le monde n’aime pas ça ». Puis « gaffe quand tu vas acheter de la viande casher ». Puis » gaffe si tu sors un 14 juillet, y a des fous qui tirent sur les gens ».

Fais gaffe à la vie quoi.

On en est à dire à nos gosses (qui portent déjà le poids d’une époque lourde et d’un masque) « fais gaffe, on peut te tirer dessus à chaque coin de rue ».

Ecrire ici ne changera rien. Juste partager mes angoisses de maman. Moi mes enfants je les élèves en France, dans l’amour de leur patrie, dans l’amour de leur prochain. On ne ment pas, on ne trahit pas et on ne tue pas. ON NE TUE PAS.

Alors on leur dit quoi ? Ouais un gars de 18 ans a coupé la tête d’un professeur de 4ème qui avait montré des caricatures.

Je ne sais pas vous mais moi j’ai peur, moi cette image me hante, moi je tremble d’allumer la radio ou la télé avec les enfants.

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Alors on dit quoi aux gosses?

Ca fait bien quelques années maintenant que je vois mon pays aller mal. Ca ne date pas de là. Ca ne date pas de Charlie Hebdo ou de l’Hyper Casher ou encore du prêtre -Jacques Hamel- assassiné au sein de son église. Ca remonte aussi loin que je me souvienne, à mon enfance.

En effet, la légende familiale raconte que j’ai fait mes premiers pas le jour de l’attentat de la synagogue de la rue Copernic à Paris (octobre 1980). Ca marque.

Depuis l’enfance, lorsque je me rends à la synagogue, la police monte la garde. On me demande pourquoi je viens, on me fouille parfois, on me conseille en partant de ne surtout pas rester devant la synagogue pour ne pas prendre de risques. Ne pas prendre de risque. Ca fait longtemps donc qu’être juif en France est devenu « risqué ».

A l’époque, l’adolescence, je crois que mes amies d’école (laïque) ne se rendaient pas compte qu’on avait un peu la pression tout de même et que prier le samedi à la syna, c’était risqué.

Je ne me plains pas, j’ai de la chance, je vais à la synagogue en prenant certes un risque mais je suis dans un pays où je peux pratiquer ma religion, dire ce que je veux, aimer la musique que j’aime, me marier, avorter, divorcer, critiquer, lire ce qu’il me plait, avoir des enfants, les élever à l’école laïque. Je mesure cette chance et j’élève mes enfants -avec mon mari- avec toujours en musique de fond la Marseillaise.

Les soldats devant les syna, je vous le dis, je connais.

Et puis il y a eu Ilan Halimi, tué parce que juif et puis la tuerie infâme de Toulouse où militaires, enfants juifs (3,6 et 9 ans à bout portant) et professeurs juifs ont été tués. Pour ça.

Là ça a dérapé; Peu de gens sont descendus dans la rue à l’époque. C’est comme ça.

Après tout s’est accéléré. Charlie Hebdo, Hyper Casher, Bataclan, Nice et d’autres crimes insoutenables.

Et puis vendredi, on a décapité un professeur des écoles en pleine rue, Samuel Paty, en plein jour. En France. Pour avoir osé parler de liberté.

On en est là.

Donc nous parents, on avait déjà dit à nos enfants « quand tu vas à la syna, fais attention, pas de kippa sur la tête en chemin ». Puis on leur a dit « bon gaffe aux salles de concert ». Puis « gaffe à ce que tu lis, oui évidemment lis ce que tu veux mais tout le monde n’aime pas ça ». Puis « gaffe quand tu vas acheter de la viande casher ». Puis « fais gaffe si tu vas au concert ». Puis » gaffe si tu sors un 14 juillet, y a des fous qui tirent sur les gens ».

Il faudra ajouter « fais gaffe si t’es prof et que tu montres des caricatures quand bien même tu aurais eu la délicatesse de proposer à certains élèves de ne pas assister à ce cours ».

Fais gaffe à la vie quoi.

On en est à dire à nos gosses (qui portent déjà le poids d’une époque lourde et d’un masque) « fais gaffe, on peut te tirer dessus/te décapiter à chaque coin de rue ».

Ecrire ici ne changera rien. Juste partager mes angoisses de maman. Moi mes enfants je les élèves en France, dans l’amour de leur patrie, dans l’amour de leur prochain. On ne ment pas, on ne trahit pas et on ne tue pas. ON NE TUE PAS.

Alors on leur dit quoi ? Ouais un gars de 18 ans a coupé la tête d’un professeur de 4ème qui avait montré des caricatures.

Je ne sais pas vous mais moi j’ai peur, moi cette image me hante, moi je tremble d’allumer la radio ou la télé avec les enfants.

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