Etre ado en 2020

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Au premier confinement, c’était l’hiver encore, on a acheté du PQ, des livres, de la bouffe, des couches, de la patience. On a chargé des tonnes d’applications dont on ignorait l’existence (Zoom, Apéro, J’arrête de boire, je vais bien tout va bien, école en ligne), on s’est abonné à des chaines avec des super films, on a fait du pain, on a acheté des poules, on a fait des travaux pratiques, des jeux de société.

On a juré que l’école se ferait comme si on y allait, on a juré qu’ensemble on serait plus fort, on a agité nos mains à 20H, on a twitté, on a zoomé, on a instagrammé et les plus téméraires ont même chargé Tik Tok. On a continué de travailler comme on a pu, on a écouté Macron religieusement souvent le jeudi soir, on a pris soin des nôtres mais de loin avec un téléphone comme unique lien, on a embrassé les écrans pour se claquer la bise, on a suivi Lignac, on a décidé d’apprendre le russe, de faire de la gym, de faire des gâteaux.

Les plus jeunes ont trouvé ça pas si mal d’avoir leurs parents pour eux (enfin ceux qui ne travaillaient pas), les ados ne râlaient pas trop encore et trouvaient même leurs parents “intéressants” entre deux conversations whatsapp avec le reste du monde.

Au bout d’un mois, avouons le, on a commencé à compter les jours, à vouloir voir et serrer les gens en vrai dans nos bras, à vouloir boire des bières en terrasse, aller au ciné, bosser, faire du shopping, aller chercher les kids à l’école, à vouloir compter les roses plutôt que les morts.

C’était le printemps, la saison des boums, des soirées, des premiers flirts, des Dreams are my reality.

On a encore attendu et nos ados ont commencé à trouver que bon ok ils sont sympas les darons mais faut pas abuser.

Il y a eu l’été, les restrictions, les masques, les premiers regards sans les sourires.

Les ados ont attendu la rentrée avec joie. Ils pensaient faire la fête, rattraper le temps perdu. On est pas sérieux quand on a 15 ans. On veut essayer, tester, gouter, flirter, sortir, danser, défier ses parents, s’imaginer l’adulte qu’on ferait.

Puis les masques, le gel, les restrictions de nouveau. Seule raison de sortir c’est pour aller à l’école. Plus personne n’a même envie envie de faire l’école buissonière ! Aller à l’école quand on a 15 ans est devenu le meilleur spot.

Il faut grandir avec tes vieux mon ado. Il faut mettre ton masque. N’oublie pas d’être prudent. Regarder si le bonhomme est vert mais aussi rentrer vite à la maison où du gel pour tes mains t’attend ! Il va falloir décaler tes envies de jeunesse à plus tard. Faire avec. Faire avec.

Bien sûr il y a ce virus, ces morts affreuses et je trouve nos ados, nos jeunes en général très respectueux de cela finalement.

Ca ira mieux après va. Ca ira mieux.

Vive nos jeunes !

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Etre ado en 2020



Au premier confinement, c’était l’hiver encore, on a acheté du PQ, des livres, de la bouffe, des couches, de la patience. On a chargé des tonnes d’applications dont on ignorait l’existence (Zoom, Apéro, J’arrête de boire, je vais bien tout va bien, école en ligne), on s’est abonné à des chaines avec des super films, on a fait du pain, on a acheté des poules, on a fait des travaux pratiques, des jeux de société.

On a juré que l’école se ferait comme si on y allait, on a juré qu’ensemble on serait plus fort, on a agité nos mains à 20H, on a twitté, on a zoomé, on a instagrammé et les plus téméraires ont même chargé Tik Tok. On a continué de travailler comme on a pu, on a écouté Macron religieusement souvent le jeudi soir, on a pris soin des nôtres mais de loin avec un téléphone comme unique lien, on a embrassé les écrans pour se claquer la bise, on a suivi Lignac, on a décidé d’apprendre le russe, de faire de la gym, de faire des gâteaux.

Les plus jeunes ont trouvé ça pas si mal d’avoir leurs parents pour eux (enfin ceux qui ne travaillaient pas), les ados ne râlaient pas trop encore et trouvaient même leurs parents “intéressants” entre deux conversations whatsapp avec le reste du monde.

Au bout d’un mois, avouons le, on a commencé à compter les jours, à vouloir voir et serrer les gens en vrai dans nos bras, à vouloir boire des bières en terrasse, aller au ciné, bosser, faire du shopping, aller chercher les kids à l’école, à vouloir compter les roses plutôt que les morts.

C’était le printemps, la saison des boums, des soirées, des premiers flirts, des Dreams are my reality.

On a encore attendu et nos ados ont commencé à trouver que bon ok ils sont sympas les darons mais faut pas abuser.

Il y a eu l’été, les restrictions, les masques, les premiers regards sans les sourires.

Les ados ont attendu la rentrée avec joie. Ils pensaient faire la fête, rattraper le temps perdu. On est pas sérieux quand on a 15 ans. On veut essayer, tester, gouter, flirter, sortir, danser, défier ses parents, s’imaginer l’adulte qu’on ferait.

Puis les masques, le gel, les restrictions de nouveau. Seule raison de sortir c’est pour aller à l’école. Plus personne n’a même envie envie de faire l’école buissonière ! Aller à l’école quand on a 15 ans est devenu le meilleur spot.

Il faut grandir avec tes vieux mon ado. Il faut mettre ton masque. N’oublie pas d’être prudent. Regarder si le bonhomme est vert mais aussi rentrer vite à la maison où du gel pour tes mains t’attend ! Il va falloir décaler tes envies de jeunesse à plus tard. Faire avec. Faire avec.

Bien sûr il y a ce virus, ces morts affreuses et je trouve nos ados, nos jeunes en général très respectueux de cela finalement.

Ca ira mieux après va. Ca ira mieux.

Vive nos jeunes !

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On dit quoi aux gosses ?

Ca fait bien quelques années maintenant que je vois mon pays aller mal. Ca ne date pas de là. Ca ne date pas de Charlie Hebdo ou de l’Hyper Casher ou encore du prêtre -Jacques Hamel- assassiné au sein de son église. Ca remonte aussi loin que je me souvienne, à mon enfance.

La légende familiale raconte que j’ai fait mes premiers pas le jour de l’attentat de la synagogue de la rue Copernic à Paris (octobre 1980). 4 morts. Ca marque.

Depuis l’enfance, lorsque je me rends à la synagogue, la police monte la garde. On me demande pourquoi je viens, on me fouille parfois, on me conseille en partant de ne surtout pas rester devant la synagogue pour ne pas prendre de risques. Ne pas prendre de risque. Ca fait longtemps donc qu’être juif en France est devenu “risqué”. Heureux comme un juif en France.

A l’époque, l’adolescence, je crois que mes amies d’école (laïque) ne se rendaient pas compte qu’on avait un peu la pression tout de même et que prier le samedi à la syna, c’était risqué.

Je ne plains pas, j’ai de la chance, je vais à la synagogue en prenant certes un risque mais je suis dans un pays où je peux pratiquer ma religion, dire ce que je veux, aimer la musique que j’aime, me marier, avorter, divorcer, critiquer, lire ce qu’il me plait, avoir des enfants, les élever à l’école laïque. Je mesure cette chance et j’élève mes enfants -avec mon mari- avec toujours en musique de fond la Marseillaise.

Les soldats devant les syna, je vous le dis, je connais.

Et puis il y a eu Ilan Halimi, tué parce que juif et puis la tuerie infâme de Toulouse où militaires, enfants juifs (3,6 et 9 ans à bout portant) et professeurs juifs ont été tués. Pour ça.

Là ça a dérapé; Peu de gens sont descendus dans la rue à l’époque. C’est comme ça.

Après tout s’est accéléré. Charlie Hebdo, Hyper Casher, Bataclan, Nice et d’autres crimes insoutenables.

Et puis vendredi, on a décapité un professeur des écoles, Samuel Paty, en pleine rue, en plein jour. En France. Pour avoir osé parler de liberté.

On en est là.

Donc nous parents, on avait déjà dit à nos enfants “quand tu vas à la syna, fais attention, pas de kippa sur la tête en chemin”. Puis on leur a dit “bon gaffe aux salles de concert”. Puis “gaffe à ce que tu lis, oui évidemment lis ce que tu veux mais tout le monde n’aime pas ça”. Puis “gaffe quand tu vas acheter de la viande casher”. Puis” gaffe si tu sors un 14 juillet, y a des fous qui tirent sur les gens”.

Fais gaffe à la vie quoi.

On en est à dire à nos gosses (qui portent déjà le poids d’une époque lourde et d’un masque) “fais gaffe, on peut te tirer dessus à chaque coin de rue”.

Ecrire ici ne changera rien. Juste partager mes angoisses de maman. Moi mes enfants je les élèves en France, dans l’amour de leur patrie, dans l’amour de leur prochain. On ne ment pas, on ne trahit pas et on ne tue pas. ON NE TUE PAS.

Alors on leur dit quoi ? Ouais un gars de 18 ans a coupé la tête d’un professeur de 4ème qui avait montré des caricatures.

Je ne sais pas vous mais moi j’ai peur, moi cette image me hante, moi je tremble d’allumer la radio ou la télé avec les enfants.

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Alors on dit quoi aux gosses?

Ca fait bien quelques années maintenant que je vois mon pays aller mal. Ca ne date pas de là. Ca ne date pas de Charlie Hebdo ou de l’Hyper Casher ou encore du prêtre -Jacques Hamel- assassiné au sein de son église. Ca remonte aussi loin que je me souvienne, à mon enfance.

En effet, la légende familiale raconte que j’ai fait mes premiers pas le jour de l’attentat de la synagogue de la rue Copernic à Paris (octobre 1980). Ca marque.

Depuis l’enfance, lorsque je me rends à la synagogue, la police monte la garde. On me demande pourquoi je viens, on me fouille parfois, on me conseille en partant de ne surtout pas rester devant la synagogue pour ne pas prendre de risques. Ne pas prendre de risque. Ca fait longtemps donc qu’être juif en France est devenu “risqué”.

A l’époque, l’adolescence, je crois que mes amies d’école (laïque) ne se rendaient pas compte qu’on avait un peu la pression tout de même et que prier le samedi à la syna, c’était risqué.

Je ne me plains pas, j’ai de la chance, je vais à la synagogue en prenant certes un risque mais je suis dans un pays où je peux pratiquer ma religion, dire ce que je veux, aimer la musique que j’aime, me marier, avorter, divorcer, critiquer, lire ce qu’il me plait, avoir des enfants, les élever à l’école laïque. Je mesure cette chance et j’élève mes enfants -avec mon mari- avec toujours en musique de fond la Marseillaise.

Les soldats devant les syna, je vous le dis, je connais.

Et puis il y a eu Ilan Halimi, tué parce que juif et puis la tuerie infâme de Toulouse où militaires, enfants juifs (3,6 et 9 ans à bout portant) et professeurs juifs ont été tués. Pour ça.

Là ça a dérapé; Peu de gens sont descendus dans la rue à l’époque. C’est comme ça.

Après tout s’est accéléré. Charlie Hebdo, Hyper Casher, Bataclan, Nice et d’autres crimes insoutenables.

Et puis vendredi, on a décapité un professeur des écoles en pleine rue, Samuel Paty, en plein jour. En France. Pour avoir osé parler de liberté.

On en est là.

Donc nous parents, on avait déjà dit à nos enfants “quand tu vas à la syna, fais attention, pas de kippa sur la tête en chemin”. Puis on leur a dit “bon gaffe aux salles de concert”. Puis “gaffe à ce que tu lis, oui évidemment lis ce que tu veux mais tout le monde n’aime pas ça”. Puis “gaffe quand tu vas acheter de la viande casher”. Puis “fais gaffe si tu vas au concert”. Puis” gaffe si tu sors un 14 juillet, y a des fous qui tirent sur les gens”.

Il faudra ajouter “fais gaffe si t’es prof et que tu montres des caricatures quand bien même tu aurais eu la délicatesse de proposer à certains élèves de ne pas assister à ce cours”.

Fais gaffe à la vie quoi.

On en est à dire à nos gosses (qui portent déjà le poids d’une époque lourde et d’un masque) “fais gaffe, on peut te tirer dessus/te décapiter à chaque coin de rue”.

Ecrire ici ne changera rien. Juste partager mes angoisses de maman. Moi mes enfants je les élèves en France, dans l’amour de leur patrie, dans l’amour de leur prochain. On ne ment pas, on ne trahit pas et on ne tue pas. ON NE TUE PAS.

Alors on leur dit quoi ? Ouais un gars de 18 ans a coupé la tête d’un professeur de 4ème qui avait montré des caricatures.

Je ne sais pas vous mais moi j’ai peur, moi cette image me hante, moi je tremble d’allumer la radio ou la télé avec les enfants.

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Je crois que le confinement me manque

Je sais que vous risquez de vous dire en voyant le titre : non mais elle a pas fini de râler. Elle est confinée, elle râle, elle est déconfinée, elle râle.

Bah ouais. Je râle si je veux.

Au début du confinement (tu sais cette période où on ne pouvait pas sortir sans autorisation et où on stockait du PQ- on a stocké du PQ quoi…) j’ai eu des angoisses, des peurs, l’envie de serrer subitement tous mes proches dans les bras sans le pouvoir, la rage, l’impossibilité de lire un livre, des difficultés à faire classe à mes 4 enfants, des gouttes de sueur à tenter de bosser tout en faisant le ménage. Bref j’étais pas contente.

Et puis après un mois j’ai commencé à adorer ce confinement. A adorer être avec mes enfants, mon mari (et mon chien). J’ai pris un bon rythme, je me suis détendue.

Et puis le déconfinement. La peur de retrouver le train-train quotidien (ou le RER-RER quotidien). L’angoisse finalement de ne plus avoir mes kids avec moi, de devoir mettre le réveil, de devoir affronter le monde.

Puis un peu de “vacances”, sorte de super confinement avec un droit de sortie.

Et puis BAM, la rentrée tant attendue. L’école. Les activités extra scolaires, le boulot qui reprend avec de merveilleux projets, le rythme fou de la vie avec 4 enfants, le bruit de Paris, les “dépêche toi” par ci, les “et tes devoirs?” par là, la course après le temps, l’angoisse des masques, la peur que les miens chopent la Covid, la charge mentale et la fatigue.

Alors ouais finalement le confinement je suis pas loin de le regretter.

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Ma rentrée en #

#4H12jemeréveillejecroisqueleréveilsonne

#EnFaitNon #JeanneDarc

#6H30melève #pipi #cafe #tabledupetitdej #Pasbiopasbien

#7Hreveildespetits #cris #JeVeuxDormir #jeVeuxPAsAllerALecole

#pantalonALenvers #RoiDagobert #stress

#petitDEjEnEcoutantLaRAdio #CafeFroid

#OnVaEtreEnRetard! #merdeOuEstLecartable

#CeFroidPutain #allezAvance #FiniesLesVacances

#CemondeDevantLecoleBordel #OnVaTousAvoirLeCovid

#JeReconnaisPersonneDerrièreLesMasques

#CommentCaMonFilsEstPasSurLaListe #Proces #Colère #MasqueJaune

#OuaisJeConnaisLeVideur #BahVoilaMERCI #CE1Enfin

#9HEtJeSuisDejaNaze #BesoindeSoleil

#VivesLesFournituresdeDernièreMinute

#BrunOutRentrée #EnFaitleConfinementCetaitBIEN

#CantineALaMAison #nuggets #tomates #bahOuaisYaRienDautre

#ReunionParentsDansUneSemaine

#MonFilsauLycée #Angoisse #JesuisVieille

#LeTempsPAsseTROPVite #RendezMoiMes15Ans #EtMerdeLeGouter

#DesFichesARemplir #MalAuxMains #PutainDassuranceScolaire

#AhBonEncoreEcoleDemain? #VivementMesVacances

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Le monde d’après ?

Vers avril (le 12 à 10H05 précises), l’expression “monde d’après” a fait son apparition ici et là. A qui doit-on cette expression ? Qui a eu cette idée hasardeuse que comme dans un film américain avec Bruce Willis, il y aurait un monde d’après ?

Comme si ce terrible épisode Covid (qui est loin d’être fini), on allait tous être gentils, bienveillants, drôles, sympas.

Comme si le monde entier allait se tenir la main pour former une ronde de l’amitié.

Comme si la racisme, la violence, la pauvreté allaient s’envoler.

Comme si plus jamais personne ne serait en danger.

Comme si tout allait redevenir, non pas avant, mais comme après avec l’idée que Après serait forcément mieux qu’Avant.

Bah mon coco, oui toi qui a inventé cette expression, tu t’es planté. Pas grave, on t’en veut pas, on ne sait jamais comment sera l’après (enfin pour Jésus ça a été cool mais ceci n’est pas le sujet).

Le monde est pareil, pire encore je crois bien. La haine est à son comble, tu te prends une droite si tu oses demander à quelqu’un de mettre un masque, tu te prends une droite si tu as un maillot du PSG à Marseille, tu te prends une droite si tu oses demander comment va se passer la rentrée de tes kids.

J’ai vaguement le sentiment que ce monde là ne va pas aller de “mieux en mieux”. On ne va jamais mieux si on ne soigne pas le mal initial.

Pas de chance, le “monde d’après” fera un bon titre de livre ou de chanson. Au mieux.

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Et puis mon fils a eu 15 ans.

J’ai peu de souvenirs de mon enfance, ils se sont effacés avec le temps et mon esprit (pourtant vif hein) semble de ne pas s’y être accroché.

Mes “vrais” souvenirs remontent à mes 15 ans, à mon entrée en 2nde. Ils paraissent parfois si présents encore que j’ai le sentiment idiot de m’être vaguement enfermée dans une parenthèse adolescente depuis 25 ans.

Car je le sais : j’ai 41 ans. je ne refuse absolument pas de vieillir et je suis plutôt heureuse du bilan (si je devais en faire un), à mi parcours d’une vie que je me souhaite encore heureuse même si, comme pour tout le monde, la route est semée d’embûches et de petits chemins sinueux.

Là où je prends un coup c’est que mon fils aîné, mon fils adoré vient d’avoir 15 ans et que 15 ans, je l’ai écrit, c’était hier pour moi.

Je regarde cet enfant qui mesure plus d’1m80, qui est magnifiquement beau, magnifiquement intelligent, drôle et gentil (bah oui c’est MON fils) et je suis bien forcée de constater que c’est moi sa mère, que ce bébé qu’il était hier avec ses boucles blondes, sa première dent à 3 mois, ses premiers mots à 15 mois, sa passion pour l’Histoire et le sport, ce bébé a grandi. Il passera bientôt son bac, il aura bientôt des études à faire, il aura des amours, des amitiés, il me téléphonera pour savoir combien de temps cuit un oeuf dur, il voudra qu’on se voit parfois, il aura sa vie et c’est formidable MAIS …c’est un pincement au coeur pour moi sa mère !

Il a 15 ans, l’âge merveilleux.

Il a 15 ans, la vie devant lui, la petite enfance derrière.

Il a 15 ans et je suis fière de lui, de ses choix, de ses opinions tranchées, de sa bienveillance, de son second degré.

Il a 15 ans et la vie passe vite.

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L’interview du papa déconfiné : David Zaoui, écrivain

Il y a quelques semaines j’ai lu et adoré le tout nouveau deuxième roman de David Zaoui, Le Financier en chef.

Cet écrivain qui a l’art de faire rire tout en touchant des sujets forts comme la réussite, l’amour ou la parentalité, raconte dans ce roman l’histoire de Jackson Zerbib qui aurait voulu devenir Spielberg mais qui du se résoudre à trouver un “vrai” job. Il rédige donc un faux CV hilarant et se fait embaucher comme directeur financier dans un boite…sauf qu’il ne connait rien à la compta ! Il décide alors de séduire son boss et ses collègues en mijotant chaque jour des plats incroyables dans la cuisine du bureau. Je ne vous en dis pas plus mais c’est touchant, drôle et original. Un peu comme un bon Woody Allen !

C’est tout naturellement que j’ai voulu en savoir plus sur David, sa vie de famille, son confinement !

Nom : ZAOUI

Prénom : David

Âge : 43 ans

Situation de famille ? Papa

Prénom et âge de ton fils ? Raphaël, 11 mois

Métier ? Écrivain

Lieu de confinement ? Paris/Provence

Comment as-tu réagi à l’annonce du confinement ? Je me suis tout de suite dit que la terre nous envoie un message, qu’elle nous a cloitrés chez nous pour que nous comprenions sa peine.

Comment se sont passées tes journées de confiné? J’ai beaucoup regardé par la fenêtre, comme quand j’étais petit.

J’ai lu, écrit, j’ai cuisiné, pris de long bain, je me suis occupé de mon fils. Je suis devenu un pro du cube et de la comptine.

Le truc le plus inattendu que tu as fait durant le confinement ? En sortant du supermarché avec mes sacs de provisions, jamais je n’avais marché aussi lentement pour rejoindre ma voiture.

J’ai pris le temps, comme si je ne pourrais plus marcher dans la rue pendant un long moment. Chacun de mes pas était un plaisir délicieux. Ce fut une sensation étrange, totalement inattendue.

Qu’est-ce qui t’a manqué le plus ? Voir mes parents.

Déconfiné à 100 % ? Je respecte scrupuleusement les règles, je reste prudent, comme bien d’autres, j’espère.

Déconfit ? Le citron confit, j’aime bien, oui. Dans un tajine de poulet, c’est à tomber !

Le premier truc que tu as aimé faire après le déconfinement ? Marcher dans les vieux villages de Provence. Tout simplement. Marcher.

Ton deuxième roman, le financier en chef, vient de paraître. Fais-nous le pitch ! C’est l’histoire d’un rêve échoué. D’un type qui depuis le plus jeune âge veut devenir un grand cinéaste. N’ayant pas réussi, il doit impérativement trouver un « vrai » travail. Il va alors mentir sur son CV, se faire passer pour un super directeur financier, et réussir à se faire embaucher dans une start-up. Dans les bureaux où il officie, il va remarquer une cuisine digne des plus grands chefs. Pour masquer son incompétence, il va transformer son lieu de travail en restaurant étoilé. Et découvrir malgré lui qu’il est peut-être fait pour autre chose…

J’ai adoré, j’ai ri, j’ai trouvé ça original vraiment. Il paraît que c’est plus dur d’écrire pour faire rire que pleurer. Tu es d’accord ? Oui, je suis d’accord. La dramaturgie repose sur une mécanique spécifique. Imaginez une histoire comme ça : un petit garçon vient de perdre ses parents dans un accident d’avion, il se retrouve seul avec son nounours dans une famille peu accueillante, à l’école il est malmené, et tous les soirs, il pense à sa maman quand elle lui fredonnait de douces chansons pour qu’il s’endorme ; ce petit garçon décide de ne plus jamais quitter son lit…

Le décor est planté, on a déjà la gorge serrée.

Le rire, l’humour, repose en partie, sur une dynamique plus affûtée : l’imagination, le quiproquo et le rythme. J’ajoute que c’est en racontant des histoires sur un ton léger, que nous pouvons évoquer entre les lignes des choses bien plus profondes…

Le héros de ton livre, Jackson Zerbib c’est un peu toi ? Non, Jackson ne me ressemble pas, mais je l’aime. Il est touchant parce qu’il doit se débrouiller comme il peut, qu’il doit changer de route, que sa fragilité va évoluer en force dès lors qu’il va s’aventurer vers des terrains inconnus. Tous les personnages de mes romans existent, je m’en inspire. J’ai eu un ami qui depuis le plus jeune âge voulait devenir le nouveau Maurice Béjart. Il n’y est pas arrivé. Aujourd’hui, il a réussi, mais dans une tout autre branche : il vend des gaufres à Los Angeles. Il a pris 30 kilos. Il n’est pas forcément malheureux.

Le rôle des parents de Jackson est essentiel dans le livre. Sa mère juive a peur pour lui, son père le soutient dans ton ce qu’il entreprend. C’est quoi selon toi le rôle des parents ? Freud dit que les parents ne feront jamais assez bien. À trop en faire, ils causeront du tort, à ne pas assez : des manquements.

Les parents, je crois, doivent inculquer la confiance, et surtout la curiosité à leurs enfants – l’esprit de remise en question –, avec un esprit curieux et alerte, confiant et solide, on part déjà avec de bonnes bases. Comme je dis dans le roman : la profession instinctive d’une mère, c’est l’inquiétude.

Moi, je suis une mère juive.  

Que veux-tu transmettre à ton fils ? Un peu de tout ça. En tout cas, je vais faire un tout petit peu plus que mon mieux pour y parvenir, et si j’y arrive pas, je recommencerai.

As-tu réussi à lire durant le confinement ? À écrire ?Oui, j’ai beaucoup lu, j’ai écrit un nouveau roman aussi. L’inspiration du confiné ne m’a pas manqué !

Tes livres de chevet de toujours ? La bible, et le Cercle des menteurs de Jean-Claude Carrière.

Des projets ? Je suis un raconteur d’histoire, donc j’ai comme projet de faire vivre des histoires sous forme de roman ! J’ai aussi comme intention de m’améliorer dans le domaine du bricolage, mais je n’ai aucune certitude à ce sujet, et ma femme demeure très sceptique.

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L’interview de la maman déconfinée : Caroline Ithurbide, journaliste et chroniqueuse à la télé !

Ma copine Caroline Ithurbide est chroniqueuse et journaliste, a toujours la smile et la pêche, plein de boulot, un chat. Elle monte à cheval, elle fait du sport, elle est belle à mourir et en plus elle a 2 enfants ! Quel est son secret et comment a t-elle vécu ce confinement ? Elle me dit tout !

Nom : ITHURBIDE 

Prénom : Caroline 

Âge : Hein quoi comment pardon quelqu’un me parle ?! 40 ans. Ce qui est déjà beaucoup. 

Situation de famille : Mamaaaaaaaaaaan!!!!!!

Âge des enfants : Gaspard aura 12 ans en août et Ambre vient d’avoir 9 ans. 

Métier : Je suis journaliste et chroniqueuse sur C8 et si certains d’entre vous pensent (comme moi) qu’être influenceuse est un métier alors je le rajoute sur la liste !

Lieu de confinement : un refuge normand, en pleine nature… pour être très honnête on a très peu ressenti la psychose liée au Covid et j’ai beaucoup culpabilisé d’avoir cette chance là car je savais que tout le reste de ma famille était restée à Paris. J’ai profité de chaque instant mais j’ai aussi beaucoup pleuré en pensant à ma soeur jumelle par exemple qui est médecin et qui bossait énormément et voyait peu ses enfants. 

Comment as tu réagi à l’annonce du confinement ? J’ai été super choquée par les mots « état de guerre »! J’ai eu peur, j’avais 24 heures pour décider où aller, j’avais l’impression de laisser des gens derrière moi, bref j’ai eu quelques jours d’angoisse. Mais dans un petit coin de ma tête je me disais que ce ralentissement général et forcé allait bien me plaire ! Comme beaucoup de gens, je passais ma vie à me rajouter des choses à faire en plus, des gens à voir en plus, des dîners auxquels assister en plus. Tout était en plus. Je n’aurais jamais éliminé ces « obligations » de ma vie si on ne m’avait pas forcé à le faire…

Deconfinee maintenant ? Moit’ moit’. Ma tête et mon corps sont toujours un peu en confinement, je n’ai pas du tout repris le rythme de d’habitude, on ne va pas se mentir, je me laisse un peu porter, mais je sens que cette parenthèse touche à sa fin. Disons que je suis à 50% de mes capacités ahah. Les enfants aussi d’ailleurs parce qu’ils ont repris l’école mais seulement à mi-temps…. Tout est un peu divisé par deux. Mon énergie, mes projets, mes journées, mes soirées. Et je trouve que le déconfinement est finalement plus difficile à gérer que le confinement. Pendant le confinement tu ne pouvais rien faire. Basta. Rideau. Donc ok, une fois le choc passé, tu acceptes, tu encaisses. Mais avec le déconfinement tu dois recommencer à faire des choix, tu dois reprendre ta vie là où tu l’avais laissée, t’as entre envie et pas envie, entre oui et non, entre excitée et crevée, et puis tu sens que tout le monde n’a pas vraiment repris donc y a une lenteur générale qui n’est pas hyper porteuse….

Déconfite ? Pas du tout ! Au contraire. Reconfite. Ahah. Ce que je veux dire c’est que j’ai aimé le confinement, ça ne m’a pas du tout dérangée!! Je passais mes journées entières avec les enfants, pas une seconde je me suis dit « ils sont relous ». En fait ils avaient l’âge idéal pour être confinés! Pour les parents qui ont des tous petits j’ai bien vu que c’était galère, et pour ceux qui avaient des plus grands pareil, la cohabitation avec ton ado de 17 ans c’est peut être pas la folie everyday!! Mais à 9 et 12 ans, tu préfères mille fois faire 3 heures d’école à la maison et passer le reste du temps à jouer, regarder un film, faire des cookies et construire des cabanes !! Moi j’ai dormi beaucoup, j’ai lu, j’ai passé des heures au téléphone avec des gens que je n’ai jamais le temps de voir, j’ai fait des apéros zoom et j’ai passé mille ans sur whatsapp étant donné que tout le monde créait des groupes !

Le/les trucs les plus inattendus que tu as fait pendant le confinement ? Hum je dirais adopter un chat, faire un jeûne de 5 jours, méditer une heure par jour grâce à Lili Barbery qui faisait des live tous les jours à 18h sur Instagram et tomber amoureuse du Kundalini Yoga avec les cours tellement longs et intenses d’Anne Bianchi. 

L’école à la maison c’était comment ? C’était un peu deux salles deux ambiances! Je vais commencer par le plus simple : Gaspard, 6eme. Il est malin, il a compris que tant qu’il faisait bien ses devoirs, il obtenait tout de moi. Il avait quelques cours en visio et pas mal de devoirs, mais si j’ai crié deux fois sur lui (oui je crie) pendant tout le confinement c’est le max!! Sa sœur en revanche, on a un peu moins rigolé… Ambre est en CE2, il y avait énormément de nouvelles notions à apprendre et je crois qu’elle préfère sa maitresse!! Ou que sa maîtresse est plus douée, oui, c’est un métier !! Adjectif qualificatif, COD, COI, CCT et CCM (what the fuck on n’avait pas ça nous!!), conversion du mètre en kilomètre et vice-versa, du gramme en kilogramme, du litre en centilitres, les frontières en Europe, le squelette et les articulations, le double, la moitié, la division et j’en passe. J’avais 30 minutes de négo avant de commencer la moindre dictée, ça rechignait, ça marmonnait, ça me disait 4X4=45? avec une toute petite voix tremblotante et étouffée sachant très bien que ce n’est pas le bon résultat mais-bon-comme-tu-ne-veux-pas-l’apprendre-par-coeur-bah-ça-ne-va-pas-tomber-du-ciel (vous sentez l’agacement là???), ça voulait pas tous les jours, s’il te plaît maman, ça trouvait ça dur, et donc je criais et elle pleurait et après je m’excusais et je disais on reprend tranquille vas y t’inquiète on va y arriver!!! Bon au final on a réussi hein je vous rassure… 

Tu es présentatrice à la télévision. Tu as continué pendant le confinement ? Et maintenant ? Tout s’est arrêté du jour au lendemain. Je dirais même tout s’est écroulé. C’est vraiment la sensation que j’ai eu. Vendredi 13 mars je suis partie de mon bureau qui est un peu ma deuxième maison en étant sûre que je reviendrai le lundi. Et puis il y a eu ce dimanche de l’angoisse où les deux producteurs des deux émissions pour lesquelles je travaille nous ont appelé pour nous dire de ne pas revenir. C’était apocalyptique. Je suis chez C8 depuis des années, je n’ai jamais loupé un jour de boulot, j’adore ce que je fais et j’aime les gens avec qui je travaille. Être séparée d’eux et de mon job du jour au lendemain m’a fait trop de peine!! On s’est tous appelés, envoyés des messages, dit des mots d’amour et puis les semaines sont passées comme ça. On a assez rapidement instauré des live sur insta et sur FB pour garder le lien et continuer à faire vivre nos idées mais on ne retournera en plateau qu’au mois de septembre…. 

Alors il est sympa le futur président Hanouna
Il a le mérite d’être cash et drôle ! On en a marre des gens qui tournent autour du pot, avec Cyril au moins on sera dans la transparence étant donné que la personne dit tout ce qui passe au moment où ça se passe!! Je suis persuadée qu’un grand patron peut être un grand président donc franchement ça se tente. Et j’irai direct lui demander le ministère du bien-être, on sera bien!! 

Tes projets ? A peu près 3000. 

Ton rêve là tout de suite ? Allez me coucher car répondre à cette itw m’a pris deux heures et je n’ai plus l’habitude de bosser autant !

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